Chine-Afrique : une publication récente de la BAD passe le partenariat au crible

30/09/2011
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Le commerce de la Chine avec l'Afrique a considérablement augmenté ces dernières années. En 2008, il a franchi la barre des 100 milliards de dollars EU pour atteindre 114 milliards de dollars EU. Malgré la crise financière mondiale de 2008, le commerce Chine-Afrique s’est chiffré à 93 milliards de dollars EU en 2009.

Un ouvrage de la Banque africaine de développement (BAD) procède à une analyse fouillée de cette croissance rapide et soutenue des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique.

« La Chine et l'Afrique : un nouveau partenariat pour le développement ? » est une publication conjointe ayant pour auteurs des experts de la BAD et d'autres spécialistes. Ces derniers développent ce phénomène récent avec force détails et sous des angles variés.

L’ouvrage  se penche sur l'avenir de ce nouveau partenariat. Il examine la relation du point de vue de l’après-crise financière, détaille le commerce de la Chine avec l'Afrique ainsi que les investissements étrangers directs sur le continent, scrute la politique manufacturière et industrielle de la Chine en Afrique. Il traite également le programme d'aide de la Chine à l’Afrique, aborde les investissements chinois dans les infrastructures chinoises ainsi que leurs implications pour l'intégration régionale en Afrique, et évalue la relation Chine-Afrique dans le contexte de l'architecture de l'aide internationale.
Les études contenues dans « La Chine et l'Afrique : un nouveau partenariat pour le développement ?» peuvent se résumer comme suit.

1. La Chine et l'Afrique: un nouveau partenariat pour le développement ?

Le chapitre d'introduction résume le double objectif de cette nouvelle publication, à savoir « analyser les échanges économiques entre la Chine et l'Afrique, et énoncer des recommandations visant à optimiser les avantages que les deux parties tirent de la relation ».

Ce chapitre note que le commerce entre la Chine et l'Afrique a atteint 100 milliards de dollars EU pour la première fois en 2008, et que les investissements directs étrangers (IDE) de la Chine en Afrique ont été de 5,4 milliards de dollars EU. A cette même période, près de dix pour cent du commerce africain se faisaient avec la Chine.

La présence de la Chine en Afrique va bien au-delà du commerce et des investissements, et s’étend à l'aide au développement. Lors du Forum 2009 sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC), la Chine a promis 10 milliards de dollars de prêts à taux bonifiés à l'Afrique.

Le commerce de la Chine avec le continent africain est actuellement asymétrique, il se concentre sur un petit nombre de pays, et met l'accent sur le pétrole et les produits minéraliers.

Environ 70 pour cent des exportations africaines vers la Chine proviennent de l'Angola, de l'Afrique du Sud, du Soudan et de la République démocratique du Congo (RDC), et sont fortement dominées par les matières premières (pétrole, cuivre, cobalt et coton). A peu près, 60 pour cent des importations en provenance de la Chine, essentiellement des produits manufacturés, sont absorbées par l'Afrique du Sud, l'Egypte, le Nigeria et le Maroc.

Toutefois, malgré la croissance rapide du commerce avec la Chine, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis restent pour le moment les plus grands partenaires de nombreuses économies africaines, pour ce qui concerne le commerce et les investissements. L'UE est la destination de 30 pour cent des exportations de l'Afrique.

Le document note que la concurrence intense de la Chine dans le secteur manufacturier et sa demande croissante de pétrole mettent en évidence le risque pour l'Afrique de rester spécialisée dans les matières premières,  et de demeurer vulnérable à la volatilité des prix des produits de base.

La concurrence chinoise pourrait menacer les pays africains qui exportent des produits manufacturés, tels que les produits du tabac en provenance du Bénin, les produits pétroliers raffinés de l'Egypte, de l'Algérie et du Kenya, les produits du bois du Cameroun et les produits agro-alimentaires de l'Ile Maurice.

Par ailleurs, il faut noter que la Chine apporte son soutien à la diversification des exportations en Afrique à travers la création de zones économiques spéciales (ZES), en Zambie et à l'Ile Maurice. La Chine envisage de créer de nouveaux sites en Afrique du nord et de l’est.

La contribution relève l'engagement de la Chine dans de grands projets d’infrastructure en Afrique, mais souligne que les investissements pourraient favoriser davantage l'intégration régionale africaine.

Le caractère bilatéral des investissements chinois dans les infrastructures limite ce soutien potentiel à l'intégration régionale entre les pays, qui est considérée comme importante pour la croissance et le développement en Afrique.

Comme d'autres contributions de la publication, ce chapitre note également que pour ce qui concerne la bonne gouvernance en Afrique, la Chine a une perspective différente de celle des bailleurs de fonds occidentaux.

A cet égard, le document fait observer  que « la Chine estime que toute ingérence dans la politique intérieure des pays destinataires revient à empiéter sur la souveraineté nationale ; les donateurs traditionnels considèrent, eux, que l'aide sera plus efficace dans les pays dotés d’une bonne gouvernance ».

Il ajoute néanmoins que l’ « on constate, depuis peu, que les Chinois sont aujourd’hui plus sensibles à la question de la responsabilité sociale des entreprises et commencent donc à intégrer des aspects économiques, sociaux et environnementaux dans leurs activités ». C’est ce que l’on appelle le « triple bilan » (« triple bottom line », économique, social, environnemental).

Il évoque la possibilité pour la Chine de créer des emplois en Afrique. « L'Afrique est non seulement un réservoir de ... matières premières, ... mais également une destination des investissements dans les activités manufacturières à forte  intensité de main d’œuvre  d’autant que les coûts salariaux augmentent aujourd’hui bien plus rapidement en Chine qu’en Afrique.»

2. L’avenir des relations sino-africaines après la crise

Cette contribution se concentre sur l'impact de la récente crise financière mondiale sur la Chine et l'Afrique, et explore également la relation entre les deux, pour ce qui concerne les défis de développement.

« La crise de 2008 a durement touché l'Afrique », reconnaît le document, et au premier trimestre de 2009, il est clairement apparu que l'activité économique en Afrique serait fortement déprimée en raison de la baisse des envois de fonds de la diaspora africaine et de la contraction de la demande en provenance des pays riches.

La Chine a également été touchée. Des responsables chinois ont révélé en décembre 2008 que 670 000 petites entreprises avaient été obligées de fermer, entraînant la disparition de 6,7 millions d'emplois, entre autres.

Pour autant, le document fait noter que « l’important excédent du compte courant de la Chine, les abondantes réserves internationales et la solide position budgétaire du pays ont largement permis à ces mesures de contrebalancer le repli de la demande extérieure », et les signaux évidents de reprise étaient perceptibles dès 2009.

L'économie chinoise a enregistré une croissance de 8,9 pour cent en 2009, les ventes au détail ont augmenté de 16,9 pour cent et les IDE de 30 pour cent. Cette reprise a été une aubaine pour les marchés mondiaux, en particulier les marchés africains.

« La crise mondiale ne semble pas avoir entamé l'enthousiasme des investisseurs chinois misant sur l’Afrique », notent les auteurs, avant d’ajouter que «selon des enquêtes menées début 2009 à Beijing, les chefs d’entreprise continueront  d'investir dans cette région, et intensifieront leurs échanges avec ce continent ».

En effet, leur étude révèle que « les entreprises chinoises qui exportent vers l’Europe et l’Amérique se sont rapidement adaptées au ralentissement enregistré sur ces marchés en trouvant de nouveaux débouchés, par exemple en Afrique».

Concernant le développement, le document note qu’ « on qualifie parfois la Chine de partenaire au développement émergent, même si ce pays dispose d’un programme d'aide depuis les années 1950 ».

L’aide de la Chine va principalement, comme elle le dit, aux « bons amis », tels que l’Egypte, l’Ethiopie, le Mali et la Tanzanie. Du fait de définitions différentes de l’aide, il est malaisé de quantifier l’aide de la Chine au développement, déclarent les auteurs. Les informations sur les prêts et l’aide sont réparties entre plus de 20 départements ministériels, banques d’état et autres organismes publics, et l’aide couvre une grande variété d’activités, notamment les dons, bourses d’études et projets d’infrastructures.   

3. L’impact du commerce et de l’investissement direct étranger de la Chine en Afrique

L’auteur de cette contribution fait remarquer que malgré cette récente croissance spectaculaire, « l'Afrique demeure un partenaire commercial marginal pour la Chine par rapport aux autres régions ».

« L’essor du commerce extérieur de la Chine et de ses investissements étrangers au cours de la dernière décennie a été motivé par la volonté de mettre la main sur des ressources énergétiques, ce qui a conduit ce pays à intensifier ses relations avec l'Australie, l'Amérique latine et l'Afrique ».

Même avec cela, « la part de l'Afrique dans le total des exportations et des importations chinoises demeure inférieure à 4 pour cent et se révèle encore plus restreinte pour les produits manufacturés.

Inversement, le commerce avec la Chine est relativement plus important pour l'Afrique, à peu près 10 pour cent des exportations et des importations ».

L’IDE de la Chine vers l’Afrique est concentré sur quelques pays riches en ressources, plus l'Afrique du Sud. Entre 2003 et 2007, plus de la moitié des IDE chinois en Afrique ont été absorbés par trois pays seulement : le Nigéria (20,2 pour cent), l'Afrique du Sud (19,8 pour cent) et le Soudan (12,3 pour cent).
En fait, l'entreprise publique China National Petroleum Corp est le principal investisseur étranger au Soudan.

La part du Nigeria est appelée à augmenter de manière significative. La Chine négocie l'acquisition de 16,7 pour cent des réserves de pétrole du Nigeria.

L'intérêt de la Chine pour le pétrole africain est dicté par son souhait de diversifier son approvisionnement par un glissement des pays du Moyen-Orient vers les pays africains plus stables. En outre, parmi les pays d'Afrique subsaharienne, seul le Nigeria est membre de l'OPEP.

L'auteur souligne néanmoins qu’à l'avenir, l’IDE chinois se diversifiera et se concentrera davantage sur le secteur privé et le développement des petites et moyennes entreprises (PME) dans des secteurs comme les télécommunications, les services aux entreprises et les produits manufacturés.

La Chine utilise également certains pays africains comme plateformes pour la réexportation.

4. La production manufacturière de la Chine et l'industrialisation de l’Afrique

Les auteurs de cette étude font observer que la croissance économique de l'Afrique s’est fondée sur des prix des matières premières plus élevés, en limitant la diversification en direction de la production manufacturière.

Ils cherchent à savoir pourquoi il en est ainsi, quel genre de produits manufacturés les pays africains devraient produire pour assurer le succès à l'exportation, et quel serait le rôle de la Chine dans ce processus ?

Une question fondamentale se pose, la suivante : « L’expansion rapide de la Chine dans les activités manufacturières et les exportations africaines de ressources naturelles ont-elles pour effet conjugué d’empêcher l’Afrique de suivre un schéma de croissance tiré par le secteur manufacturier ? »

La production manufacturière (valeur ajoutée en tant que pourcentage du PIB) en Afrique est restée constante entre 1995 et 2004, et est bien en dessous de la moyenne des autres pays en développement.

Les produits manufacturés ne représentaient que 10,9 pour cent du PIB des 20 plus grandes économies africaines en 2006,  9,6 pour cent en excluant l'Afrique du Sud. En 2004, une étude a montré que les exportations de produits manufacturés ne représentaient que six pour cent du PIB de  l’Afrique subsaharienne, à peine plus de la moitié de la moyenne de 11 pour cent pour tous les pays à faible revenu.

Pour améliorer cette situation, une étude suggère que l'Afrique doit suivre un «schéma de développement analogue à celui des Etats-Unis, c’est-à-dire tirant parti de l’abondance des terres, plutôt que le modèle adopté par les pays d’Asie pauvres en terres », indiquant ainsi, s’il en était besoin, qu’une fois transformées, les ressources naturelles acquièrent de la valeur ajoutée.

Les auteurs soulignent notamment, le secteur de l'habillement comme une opportunité. « Etant donné le vaste réservoir de main-d'œuvre peu qualifiée que représente l’Afrique, et les conditions préférentielles dont cette région bénéficie pour accéder aux marchés des Etats-Unis et de l’Union européenne, on peut s’attendre à ce que le secteur de l’habillement joue un rôle important dans les exportations de produits manufacturés de cette région.»

Ils notent « un transfert rapide de la fabrication d’articles d’habillement vers les pays en développement». Ces pays ne représentaient que 28,2 pour cent de la production mondiale en 1995, mais leur part est passée à 57,5 pour cent en 2006. Le changement s’est produit, pour les deux tiers, entre 2002 et 2006.

Ils font remarquer que « le secteur de l’habillement est la seule activité manufacturière de l’Afrique qui soit compétitive à l’international.»

Toutefois, les pays africains doivent prêter une attention spéciale aux coûts. Par exemple, «le coût total d'un pantalon fabriqué en Chine avoisine un dollar EU, et dix fois plus en Afrique du Sud ».

Au sujet du commerce avec la Chine, les auteurs notent que l'Afrique n'occupait en 2008 que le 7e rang comme exportatrice, et le 8e comme importatrice. Néanmoins, « Les échanges de la Chine avec l'Afrique se développent plus vite qu'avec la plupart des autres partenaires commerciaux».

Entre 1995 et 2008, les exportations chinoises vers l'Afrique ont augmenté de 23 pour cent par an, plus rapidement que les exportations vers l'Europe, les Etats-Unis ou les pays de l'ASEAN.

Les auteurs relèvent le manque de réussite africaine dans le secteur manufacturier par rapport à l'Asie. « C’est notamment parce que ses politiques économiques, sa gouvernance et ses institutions sont bien moins solides que celles d’un grand nombre de pays d’Asie ».

Ils font des recommandations pour l'avenir. « L'Afrique doit renforcer ses politiques publiques en se dotant d’un cadre macroéconomique plus stable, en améliorant la  fiabilité de ses services publics et en investissant davantage dans son infrastructure, notamment en soutenant le commerce régional, grâce à une meilleure gestion de son réseau routier et au passage des frontières.»

5. La présence de la Chine et l'efficacité de l'aide chinoise en Afrique

Dans cette contribution, l'auteur reconnaît que « l’assistance chinoise se concentre classiquement sur les pays avec lesquels la Chine entretient de bonnes relations politiques et sur ceux dotés de ressources pétrolières et minérales ».

Il note toutefois que « les tendances récentes témoignent d’un élargissement de l'assistance chinoise ».

Il signale également qu'il y a eu une certaine ouverture des investissements au-delà des industries primaires. Une étude constate qu'il y a eu «des investissements significatifs dans des secteurs non primaires, comme l'habillement, l'agroalimentaire, le transport, le BTP, le tourisme, les centrales électriques et les télécommunications ».

Ces dernières années, conclut l'auteur, «la présence de la Chine en Afrique s'est accentuée : elle s’étend désormais à la plupart des pays du continent et ne se limite pas aux ressources naturelles, puisqu’elle couvre aussi l’industrie légère et les services ».

Il constate également que « les entreprises chinoises ont une incidence positive par le transfert de technologie ». De ce fait, « le commerce avec la Chine pourrait contribuer à la diversification des exportations africaines, aussi bien en termes de produits que de destination ».

Sur l'IDE, l'auteur souligne, comme d'autres contributions de la publication, que l’IDE chinois est relativement insignifiant. Il était de 1,1 pour cent de tous les IDE en Afrique en 2007. Cependant, il convient de rapporter ce niveau à celui de  0,2 pour cent seulement en 2003. « L'IDE chinois en Afrique affiche une croissance bien plus rapide que celui émanant des autres pays ».

Concernant le niveau de l'aide de la Chine au développement de l'Afrique, une fois encore à cause des définitions, ce niveau est difficile à estimer. Toutefois, le document cite une étude indiquant que les flux d'aide de la Chine ont largement dépassé les 731 millions de dollars EU mentionnés par des sources officielles. Il pourrait avoir atteint 8,1 milliards de dollars EU.

Selon une autre étude, l'aide chinoise au développement allouée à l'Afrique subsaharienne est estimée en moyenne entre 1 milliard de dollars EU et 1,5 milliard de dollars EU par an, en 2004 et 2005.

Les estimations donnent à penser que «l'aide chinoise à l'Afrique affiche une croissance rapide, mais reste minime par rapport à l'aide apportée par les membres du Comité d’aide au développement de l'OCDE ».

L'aide chinoise est différente de l'aide occidentale en ce qu'elle est généralement liée. «L'aide au développement est généralement fournie en nature, tandis que l'aide financière sert à financer les contrats qui sont mis en œuvre par les entreprises chinoises ».

6. Les investissements d’infrastructure de la Chine et l'intégration africaine

Dans cette contribution, les auteurs soulignent l'importance de l'intégration régionale pour que l'Afrique engrange les dividendes des économies d'échelle, accède aux marchés mondialisés et renforce sa position dans les négociations internationales.

Ils abordent également la création d'un noyau de pays africains, autour du Forum sur la Coopération Chine-Afrique , pour promouvoir l'intégration régionale.

Ce groupe restreint pourrait poursuivre des initiatives telles que l'amélioration de l'accès au marché chinois et la promotion des projets régionaux d'infrastructure. À plus long terme, il pourrait élaborer une approche coordonnée de l'allégement de la dette et du déliement de l'aide au développement.

La contribution met l’accent sur l'importance de la mise à niveau et de l’intégration des infrastructures de transport, notamment pour les pays africains enclavés. Les coûts de transport grèvent l’essor du commerce pour ces pays. Par exemple, le transport d'un conteneur entre le Japon et Abidjan coûte 1.500 dollars EU, mais le double pour un pays enclavé.

L’étude relève également l'importance que revêtent les échanges commerciaux et les transactions de la Chine avec les différents groupements économiques et commerciaux régionaux tels que la CEDEAO, le COMESA et la SADC. Elle note que les échanges commerciaux à l’échelle régionale ont augmenté au cours des dernières années.

Les investissements chinois dans les infrastructures en Afrique sont restés stables : environ 5 milliards de dollars EU par an. Les exemples de projets récents comprennent des routes et des ponts en RDC, des voies ferrées en Angola, et des centrales électriques en Zambie.

La Chine construit, en outre, des lignes de transport d'électricité à haute tension pour interconnecter les pays d'Afrique australe, renforçant de ce fait l'intégration régionale.

Dans le secteur ferroviaire, les plus grandes opérations de la Chine comprennent la construction de systèmes de transport public urbain au Nigeria, et la construction de nouvelles lignes pour assurer la desserte des centres miniers au Gabon et en Mauritanie.

Le plus grand projet TIC avec la participation chinoise est le déploiement d'un réseau national de communications en Ethiopie.

La Chine est également présente dans le secteur financier africain. La Banque industrielle et commerciale de Chine a acquis 20 pour cent de la Standard Bank d'Afrique du Sud, pour 5,6 milliards de dollars EU, et la China Construction Bank a conclu un partenariat stratégique avec First Rand d'Afrique du Sud.

7. La Chine, l'Afrique et l'architecture de l'aide internationale

Cette contribution examine les implications, pour les pratiques qui régissent l'architecture de l'aide internationale, de la montée en puissance de la Chine dans l'aide et l'assistance.

Comme dans les autres études, elle note que si la Chine est souvent appelée un «donateur émergent», elle a un programme d'aide depuis les années 1950. L'Egypte a été, en 1956, le premier récipiendaire de l'aide chinoise.

A ce jour, tous les pays africains, hormis le Swaziland, ont reçu une aide de la Chine.
Au milieu des années 1970, la Chine avait des programmes d'aide en cours dans plus de pays africains que les Etats-Unis.

L’étude indique, en conclusion, que la Chine va poursuivre son programme d'aide et d'assistance. «Les données montrent que les financements chinois constitueront une source significative de capitaux pour les pays africains. En 2009, la Chine s’est engagée à concéder à l'Afrique, d'ici à 2012, pour 10 milliards de dollars EU de prêts préférentiels supplémentaires (crédits à l'exportation et prêts concessionnels au titre de l’aide).