Le nouveau mode d’interconnexion entre les réseaux électriques pour l'échange transfrontalier d’énergie approuvé par le Conseil exécutif du mécanisme de développement propre

18/09/2012
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Dans sa 69ème réunion à Bangkok, du 9 au13 septembre 2012, le Conseil Exécutif du Mécanisme de Développement Propre (MDP) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a approuvé une nouvelle méthode - l'AM0108 "interconnexion entre les réseaux électriques pour l'échange d'énergie". La méthode est applicable à la comptabilisation des réductions d'émissions certifiées (REC) en raison de la construction de nouvelles lignes de transmission reliant les réseaux électriques avec des intensités différentes de carbone. Il est désormais possible pour de tels projets transfrontaliers de transmission d'électricité de bénéficier d'une nouvelle source de revenus de la vente des REC. La nouvelle méthode est basée sur une proposition faite par la Banque africaine de développement (BAD) à travers son Programme de soutien au carbone africain (ACSP), avec des contributions techniques de Carbon Limits en Norvège.

L'ACSP a bénéficié du Fonds d'aide au secteur privé africain (FAPA), une initiative conjointe de la BAD avec les gouvernements du Japon et de l'Autriche.

Les pays africains ont eu une participation relativement limitée dans le MDP, même si celui-ci demeure le seul mécanisme éprouvé, fiable et véritablement international et fondé sur le commerce.
Ceci est principalement dû à l'absence de méthodes applicables à la situation africaine.

L'approbation de cette nouvelle méthodologie permettra de combler ces lacunes afin de renforcer la participation de l'Afrique dans le secteur du transport d'électricité. La nouvelle méthodologie est très pertinente pour les pays comme l'Éthiopie, la République démocratique du Congo, la Zambie et l'Angola, qui ont de vastes ressources d'énergie renouvelables qui dépassent leurs besoins nationaux actuels et qui pourraient facilement être exportées. Avec le coût souvent prohibitif du développement des infrastructures, les revenus supplémentaires provenant de la vente des REC contribueront à la viabilité économique de ces projets. Il vient, en effet, tout de suite après des objectifs renouvelés pour l'accès universel à l'énergie durable pour tous, en particulier en Afrique, et représente une contribution précieuse à l'environnement favorable au financement du développement de groupes énergétiques régionaux et le commerce transfrontalier de l'électricité vers ces objectifs. L'Afrique a un énorme potentiel pour la production d'énergie propre, avec des ressources hydroélectriques représentant à elles seules environ 1750 TWh. Avec ce scénario et les prix des crédits carbone qui devraient augmenter à l'avenir, malgré les prix qui sont actuellement au plus bas, cette nouvelle méthodologie crée des opportunités significatives pour des recettes allant jusqu’à de 590 millions de dollars par an (à un prix REC de 5 dollars) d’ici 2020 pour soutenir une croissance faible en émission carbone en Afrique.

En fait, la méthodologie a été élaborée spécifiquement pour un même projet d'interconnexion qui est élaboré conjointement par la Compagnie d’électricité éthiopienne (EEPCo) et la Compagnie de Transmission d’Electricité du Kenya. Une fois terminé, le projet conduira à une réduction annuelle de plus de 7 millions de tonnes de CO2 par an. Cette réduction équivaut aux émissions de CO2 d'une centrale électrique au charbon qui génère environ 4.700 GWh d'électricité par an, et est également pratiquement égale aux émissions actuelles annuelles totales de CO2 de l'Ethiopie ou de la Côte d'Ivoire. Au cours des dix années de comptabilisation du projet, les réductions d'émissions (RE) s'élèveront à environ 70 millions de tonnes de CO2 et les revenus de la vente de ces RE renforceront la viabilité du projet.