Niger : la BAD finance un projet d’appui au développement local dans la région de Diffa

27/07/2012
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Le contexte

La région de Diffa, à l’extrême sud-est du Niger, est l’une des zones qui ont le plus souffert des cycles de sécheresses, caractérisés notamment par l’avancée des dunes, un accroissement de l’ensablement dans les zones agricoles et pastorales, et une dégradation constante du milieu naturel.

Le projet

Dans le souci de préserver et de mieux organiser les activités agricoles et pastorales de la région de Diffa, les autorités nigériennes ont sollicité, au début des années 2000, l’appui de la Banque pour réaliser une étude pour le développement agro-pastoral de la région de Diffa. A travers une démarche participative, cette étude a permis de concevoir le projet d’appui au développement local dans la région de Diffa (PADL-Diffa), qui a pour objectif de contribuer à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté, grâce à l’amélioration des conditions de production pastorale et l’accroissement des productions agricoles sur une base durable. Ce projet, dont la mise en œuvre est prévue sur 6 ans, a été approuvé en octobre 2003, avec un prêt FAD de 23,3 millions de dollars EU.

Les résultats

Au terme de son exécution, le projet a enregistré des résultats très importants, dans les différents domaines d’intervention :

  • Infrastructures agropastorales :
    • 628 ha aménagés en périmètres irrigués : 284 ha le long de la Komadougou, 244 ha dans les cuvettes oasiennes, 100 ha dans le lit du Lac Tchad ;
    • 11 ouvrages de contrôle de mares réalisés ;
    • 103 km de chenaux d’alimentation de mares reprofilés permettant l’exploitation sécurisée de 5.760 ha ;
    • 11 forages artésiens réhabilités et équipés chacun d’un parc couloir de vaccination ;
    • 59 puits pastoraux construits ;
    • 17 puits villageois construits ;
    • 170 km de couloirs de passage balisés pour le bétail ;
    • 12 magasins de stockage des produits agricoles ;
    • 30 banques céréalières construites.
  • Protection de l’environnement et lutte contre la désertification :
    • 1.400 ha de terres dégradées récupérés à des fins pastorales ;
    • 1.822 ha de dunes fixés ;
    • 168 ml de protection mécanique ;
    • 5.000 ml de fixations biologiques des berges de la Komadougou réalisés ;
    • 500 km de bandes pare feu installés ;
    • plus de 2.500.000 plants forestiers plantés.
  • Appui à la décentralisation et renforcement des capacités :
    • 155 sous projets financés et exécutés par le biais d’un fond de développement local ;
    • 69.400 personnes dont 37.200 femmes (53,6 pour cent) sensibilisées et formées.

Les impacts

Le projet tout au long de son exécution a fait l’objet d’un suivi attentif permettant de mesurer les nombreux impacts obtenus :

  • Les investissements dans le domaine de la maitrise de l’eau ont permis de développer l’irrigation au profit de 6.300 exploitations agricoles touchant près de 29.000 bénéficiaires.
  • Les rendements du riz ont atteint en moyenne 7,6 tonnes/ha sur les aménagements hydro-agricoles et 3,5 t/ha autour des mares aménagées.
  • En 2011, une production globale de 24.700 tonnes toutes cultures confondues a été obtenue grâce aux aménagements du projet, sur une superficie totale de 5.930 ha.
  • Une centaine d’organisations paysannes regroupant 3.500 agriculteurs ont directement bénéficié des programmes de vulgarisation agricole.
  • Pour l’hydraulique pastorale, les 72 points d’eau réalisés (forages et puits pastoraux) ont permis de couvrir les besoins en eau d’une population estimée à 18.000 personnes et un cheptel d’environ 58.000 UBT.
  • Pour l’hydraulique villageoise et urbaine, les 17 infrastructures réalisées ont permis d’alimenter en eau une population estimée à 6.100 personnes ainsi que 10.000 UBT.
  • Par le biais des programmes vivres ou argent contre travail, le projet a fourni avec l’aide du PAM 1.433 tonnes de vivres pour la protection de l’environnement et la formation des femmes gérantes des banques céréalières. Ces travaux ont également permis de mobiliser 550.000 hommes/jours d’emplois temporaires injectant directement dans l’économie locale un montant de 525 millions de FCFA, contribuant ainsi au renforcement de la sécurité alimentaire des ménages vulnérables.

Le bilan

Dans sa zone d’intervention, le PADL-Diffa est considéré comme un projet moteur, en matière de développement socio-économique. Avec les 6.000 ha de terres aménagées en maitrise totale ou partielle de l’eau, et l’attention spécifique accordée aux activités pastorales, le projet a apporté une valeur ajoutée en matière de recherche de la sécurité alimentaire et d’accroissement des revenus.

Ses actions en matière de lutte contre la désertification et de protection des cuvettes constituent une contribution appréciable à l’adaptation au changement climatique.

La promotion du genre et l’appui au processus de décentralisation ont permis aux acteurs locaux de renforcer leur savoir-faire et d’exercer leur responsabilités de manière très pratique. Au final, grâce à une démarche participative inclusive, le PADL-Diffa a contribué de manière très active à la préservation du capital productif de la région, à la lutte contre la pauvreté et à la dynamisation de l’économie locale.

Le projet constitue un bel exemple de partenariat fructueux entre la Banque et un de ses pays membres régionaux.