Afrique du Nord: des pistes pour doper l’innovation et la productivité

18/09/2014
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Dans sa dernière « Note économique » dédiée à l’Afrique du Nord, la Banque africaine de développement (BAD) analyse ce qui détermine l’innovation et la productivité dans les pays de la région.

Un état des lieux déroutant

Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette publication révèle que, en Afrique du Nord, les ressources humaines qualifiées ne semblent pas avoir d’effet sur l’innovation – notamment au Maroc et en Égypte – ; non plus que sur la productivité. Un constat qui met en lumière une sous-utilisation et une allocation inefficiente du capital humain dans ces pays.

Les exportations ne semblent pas non plus produire d’effet d’entrainement sur l’innovation, sans doute du fait de la structure rigide des avantages comparatifs (coût de la main-d’œuvre, position géostratégique, etc.) dans ces pays et de ce que les exportations s’avèrent concentrées dans des secteurs à faible valeur ajoutée et à potentiel technologique réduit – au Maroc en particulier.

Des pistes à explorer : les recommandations de la BAD

Dans ce contexte, où ni le capital humain, ni l’incitation à monter en gamme pour conquérir de nouveaux marchés, ne semblent avoir d’effet vertueux, la BAD recommande de porter une attention particulière à certains aspects du système national d’innovation (acteurs impliqués dans la R&D ; cadres juridique, fiscal et institutionnel ; outils incitatifs…). Ce, précisément afin de dynamiser l’innovation et stimuler la productivité en Afrique du Nord.

Tout d’abord, il conviendrait de renforcer la gouvernance au sein des systèmes nationaux d’innovation, tout en dynamisant le monde de la recherche et celui de l’entreprise, dans l’objectif de décloisonner les deux sphères et qu’elles interagissent, de façon plus efficace et fructueuse. Cela implique, en amont, un soutien accru à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle, afin d'améliorer les compétences des ressources humaines. Mieux formées et à plus forte valeur ajoutée, celles-ci contribueront davantage – et mieux – aux processus de production et d’innovation de leurs pays respectifs.

Un cercle vertueux : plus d’innovation et de productivité pour plus d’emplois et de valeur ajoutée

Ensuite, il s’agirait de mettre en place des programmes incitatifs plus favorables aux investissements directs étrangers (IDE) innovants et à plus forte valeur ajoutée ; et que ces programmes soient suffisamment intégrés, tant en amont qu’en aval, à l’économie locale. Par exemple, des mécanismes de contractualisation, qui soient soutenus par l’État, pourraient être instaurés dans les domaines des sciences et des technologies, entre centres de recherches, universités, entreprises locales à potentiel d’innovation, et entreprises étrangères souhaitant délocaliser leurs activités de R&D. Cela permettrait de renforcer la cohésion entre les différentes composantes du système national d’innovation autour de projets novateurs.

Poursuivre les efforts pour doper l’innovation et la productivité dans la région permettrait de faire monter en gamme les économies respectives des pays concernés et, partant, de créer plus d’emplois et de meilleure qualité, ainsi que d’élever le niveau de vie des populations nord-africaines.