Hydrocarbures et développement en Afrique : Comment la BAD peut-elle jouer un rôle pertinent ?

10/12/2010
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Malédiction pour certains, bénédiction pour les autres, la découverte de gisements d’hydrocarbures (gaz, pétrole) ne manque jamais de soulever la controverse. Si la perspective de revenus gigantesques peut sembler enivrante, elle pose aussi l’enjeu de la bonne gestion de cette recette stratégique, un élément crucial du fait que certains pays, même dotés d’abondantes ressources hydrocarbures, n’ont pas encore emprunté, loin s’en faut, la route du développement durable.

Quel rôle peuvent jouer les institutions financières internationales (IFI), dont la Banque africaine de développement (BAD), pour s’assurer que le fait de joindre le club sélect des pays riches en hydrocarbures permet aussi un développement accéléré qui profite véritablement à la majorité ? Une question fondamentale, du fait que la part de l’Afrique en matière de production mondiale de pétrole devrait s’accroître entre 2011 et 2015, pour atteindre les 15 %.

Dans une étude intitulée Additionality of Development Finance Institutions in Upstream Oils and Gas in Africa, le chercheur Charles Wetherill, de la BAD, aborde de front la question. Selon lui, des pays comme le Ghana, le Niger, l’Ouganda, dont les ressources en hydrocarbures sont maintenant avérées, verront assurément leurs économie transformées de manière radicale.

Comment en tirer le maximum de bénéfices ?

Les IFI doivent se centrer sur les activités où elles auront un impact, souligne l’auteur. Ces domaines d’activité sont la gouvernance ; l’environnement et le social ; et le contenu local.

En matière de gouvernance, les IFI devraient se rapprocher des gouvernements pour susciter des débats constructifs autour du développement de la ressource pétrolière et gazière, visant à l’établissement d’un cadre réglementaire sain et transparent.

En matière sociale et environnementale, les IFI doivent viser à renforcer, voire à accroitre les standards sociaux et environnementaux liés au développement des projets, afin de les inscrire sur le registre du développement durable, en somme encadrer des projets respectueux de l’environnement et bien adaptés et acceptés par le milieu local.

Enfin, en matière de contenu local, les IFI doivent œuvrer à maximiser les retombées locales, économiques et financières, des projets en faveur des pays et des régions concernés. Non seulement pour renforcer l’industrie liée au secteur hydrocarbures, et créer des compétences fortes dans ce domaine, mais aussi pour favoriser, par les apports de capitaux, la diversification de l’économie et le financement de projets innovants dans d’autres secteurs économiques.

Bien suivis, ces avis devraient favoriser le renforcement de la compétitivité des pays, élargir les bénéfices tirés des ressources en hydrocarbures et permettre aux pays concernés de faire un bond significatif en matière de développement.