Pétrole, gaz et industrie minière en Afrique

15/02/2007
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Industrie extractive: la BAD et la Banque mondiale identifient les domaines de leur coopération

Tunis, 13 février 2007 – Réunis pendant deux jours à Tunis pour échanger leur expériences en matière d'industries extractives (IE) en Afrique, les experts de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale ont identifié les principaux domaines de collaboration future pour le bénéfice de tous les intervenants du secteur.

La réunion s'est ouverte lundi sur une allocution de la Vice-présidente, Zeinab El-Bakri, pour qui "une seconde opportunité s'ouvre à l'Afrique, engendrée par le boum des ressources"  et qu'avec l'aide des deux institutions multilatérales de financement, le continent doit pouvoir saisir.

Mme El-Bakri a rappelé la relation entre les industries extractives et l'intégration économique, le rôle des communautés économiques régionales, la façon dont l'industrie extractive peut être liée aux autres secteurs, et le déficit de savoir dans l'industrie. Elle a invité les experts à explorer de nouvelles pistes pour maximiser les avantages que le continent peut tirer de ses ressources naturelles pour son développement.

Au cours des deux journées, les experts ont étudié les voies et moyens d'encourager la transparence et l'équité pour le bénéfice de tous les intervenants des industries extractives. La rencontre, organisée par le Département de la gouvernance et des réformes économiques et financières de la BAD (OSGE), a porté sur les activités et les différentes expériences dans les domaines du pétrole, du gaz et de l'industrie minière, et centré ses travaux sur la mise en place de partenariats entre les deux banques de développement. Les experts ont notamment discuté des trois thèmes spécifiques suivants: "Le travail des IE dans les pays qui sortent d'un conflit", "Les communautés et l'industrie minière à petite échelle", les "Perspectives de coopération entre la BAD et la Banque mondiale dans le domaine des industries extractives".

Pour sa part, le chef de la division des politiques en matière de pétrole, gaz et industrie minière, de la Banque mondiale, Peter Van der Veen, a expliqué que l'Afrique est au centre de la montée en flèche des prix du pétrole, du gaz et des minéraux depuis 2002, attisée par la demande de la Chine, de l'Inde et des autres marchés émergents.

"Les revenus des pays exportateurs de matières premières explosent. L'investissement dans de nouvelles capacités s'accroît. La compétition fait rage entre les grands consommateurs pour l'accès aux ressources", a-t-il indiqué, avant de souligner que, proportionnellement à la production mondiale, la production pétrolière du continent est passée d'à peine plus de 3,5 pour cent en 2000 à près de 4,5 pour cent en 2005 et devrait dépasser les 5 pour cent en 2010.

S'agissant de leur collaboration future, la BAD et la Banque mondiale ont mis en avant divers domaines possibles. Les deux banques de développement étudieront la question du mappage régional des ressources du continent en pétrole, en gaz, et minéraux ainsi que la création d'une base de données géologiques qui permettrait aux pays africains d'accéder à des informations plus fiables concernant leurs richesses en ressources naturelles et les coûts d'exploration associés, ce qui renforcerait considérablement leur pouvoir de négociation dans l'attribution des contrats et des accords de concessions.

Les deux institutions ont également convenu de collaborer étroitement en matière de partage du savoir sur les différents secteurs de l'IE, notamment des efforts conjoints de recherche et de formation du personnel.

Le troisième point d'accord concerne la nécessité de mettre sur pied un mécanisme consultatif de réponse rapide, pour financer les conseillers pré-qualifiés qui, dans le cadre de contrat à court terme, assistent les pays membres régionaux (PMR) dans les négociations de contrat et dans toutes les autres démarches juridiques et réglementaires urgentes liées aux secteurs de l'IE.

Le quatrième accord porte sur la promotion d'initiatives mondiales comme l'EITI (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Les experts ont convenu de conjuguer leurs efforts pour soutenir son application dans les 17 pays africains pays qui ont déjà rejoint l'EITI. Les deux institutions ont en outre convenu d'encourager conjointement d'autres PMR riches en ressources à se joindre à l'initiative.

Enfin, les deux banques ont convenu de soutenir le développement de l'industrie minière artisanale dans le cadre de l'initiative sur les communautés et l'exploitation minière à petite échelle (CASM) et ont discuté des moyens à mettre en œuvre pour mieux définir la collaboration entre les deux institutions multilatérales.

Les experts ont proposé de sélectionner deux ou trois pays où elles oeuvreraient ensemble à l'application de modèles qui puissent être reproduits dans d'autres pays. Les premiers pays identifiés pour mettre en place un partenariat du secteur privé sont la République démocratique du Congo et Madagascar. D'autres pays, notamment des pays sortant d'un conflit, suivront. 

En concluant la réunion de Tunis, les participants ont convenu de la nécessité de sessions plus structurées et régulière d'échanges de vue et d'expérience entre les deux institutions.