Un an après, la BAD continue de soutenir les pays affectés par l’Ebola

27/03/2015
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Il y a un an, l’Organisation mondiale de la Santé annonçait officiellement l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Depuis le 23 mars 2014, la Banque africaine de développement joue un rôle de premier plan dans la riposte contre cette épidémie. Le soutien de l’institution aux trois pays les plus touchés (le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone) n’a jamais fléchi.

En réponse à la crise de l’Ebola, la BAD a décaissé 223 millions de dollars US afin de financer neuf opérations en Afrique de l’Ouest. La Banque a lancé un fonds de lutte contre l’Ebola avec des partenaires du développement et des représentants du secteur privé et apporté 300 millions de dollars US supplémentaires à un projet de transport routier dans les pays de l’Union du fleuve Mano en vue d’en renforcer les infrastructures et l’économie.

Malgré les progrès considérables qui ont été réalisés par les gouvernements pour réduire le nombre de nouveaux cas dans les différents pays, les autorités sont toujours aux prises avec l’épidémie. Au 25 mars 2015, plus de 10 000 décès avaient été signalés depuis le début de l’épidémie d’Ebola. Au total, 79 nouveaux cas confirmés ont été signalés pour la semaine se terminant le 22 mars, ce qui représente le total hebdomadaire le plus faible depuis le début de l’année 2015. Parmi ces cas, 45 provenaient de la Guinée et 33 de la Sierra Leone. Après n’avoir signalé aucun cas nouveau pendant trois semaines consécutives, le Libéria a enregistré un nouveau cas confirmé le 20 mars.

Au niveau sous-régional, les trois pays touchés (la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone) ont uni leurs forces pour élaborer une stratégie sous-régionale de rétablissement visant à atteindre la situation « Zéro cas d’Ebola » dans les trois pays, à restaurer les services sociaux de base (notamment les structures sanitaires et scolaires) qui ont été frappées par l’Ebola, et à préparer des interventions transformatrices à moyen et long terme susceptibles de remettre ces pays sur leurs trajectoires de développement d’avant la crise.

La Banque prépare actuellement de nouveaux projets afin d’appuyer les stratégies de rétablissement de ces pays aux niveaux national et sous-régional.

Selon la représentante résidente de la BAD au Libéria, Margaret Kilo, le Libéria s’engage fermement  à venir à bout de l’Ebola et cherche des moyens de réformer son secteur de la santé. Évoquant les nouvelles perspectives du pays, Mme Kilo explique que les secteurs sanitaire et éducatif doivent être réformés de toute urgence. « La lutte contre l’Ebola a été une source d’enseignements pour les différents acteurs qui recherchent des solutions innovantes pour répondre aux situations critiques », a-t-elle déclaré. « La situation devrait bientôt être maîtrisée au Libéria, mais le pays retiendra que ses agents de santé doivent être formés par des moyens innovants. »

Des campagnes d’information publiques rappellent également aux populations locales que la lutte contre Ebola n’est pas terminée. Cependant, pour parvenir à la situation « Zéro nouveau cas d’Ebola », il est impératif d’améliorer l’éducation sanitaire, déclare le représentant résident de la BAD en Sierra Leone, M. Yero Baldeh.

Engagé sur le terrain en Sierra Leone, M. Baldeh souligne qu’au-delà de ses efforts de financement visant à combattre l’Ebola dans les pays affectés, la BAD est très appréciée pour ses conseils d’expert. « Notre institution est fortement engagée dans le suivi des interventions contre l’Ebola ainsi que dans la participation aux dialogues sectoriels avec les pouvoirs publics et d’autres partenaires du développement, notamment les agences de premier plan qui assurent la mise en œuvre au quotidien des interventions financées par la Banque, comme l’Organisation mondiale de la Santé, le Fonds des Nations Unies pour les populations et l’UNICEF », explique M. Baldeh.

Au cours de l’année écoulée, la Banque a participé à des réunions clés de définition stratégique et de planification. Elle a également dispensé des conseils dans certains domaines d’intervention essentiels, comme le paiement d’allocations de risque aux travailleurs et la formulation de stratégies de rétablissement post-Ebola pour la Sierra Leone et pour la sous-région de l’Union du fleuve Mano dans son ensemble.

La visite du président de la BAD, Donald Kaberuka, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone pendant les premiers jours de la crise continue d’être perçue comme un moment déterminant par les gouvernements et les citoyens de ces pays. « Cette reconnaissance n’est pas uniquement liée aux ressources financières qui ont été fournies, mais également à la solidarité dont la Banque a fait preuve, et particulièrement son président, M. Kaberuka, qui s’est rendu dans ces pays alors que la crise battait son plein et que tous fuyaient les lieux », a ajouté M. Baldeh.

M. Kaberuka s’est rendu au Libéria et en Sierra Leone en août 2014, puis en Guinée en octobre 2014, aux côtés de la présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, et du Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, M. Carlos Lopes.

La vice-présidente en charge des services institutionnels, Sue Wardell, a conduit une nouvelle mission de la Banque, au Libéria du 15 au 18 mars 2015 puis  en Sierra Leone du 18 au 20 mars, pour confirmer combien la Banque est fermement décidée à soutenir ces pays dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Elle a rencontré la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, et le président de Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, ainsi que des représentants de la mission que l’Union africaine a mise sur pied pour contribuer à cette lutte en Afrique de l’Ouest (ASEOWA), de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), de Médecins sans Frontières (MSF) et de l’International Rescue Committee.