Le président sortant de la BAD promet de continuer de travailler pour l’Afrique

01/06/2015
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Après dix années au service de la Banque, Donald Kaberuka, président sortant de la Banque africaine de développement (BAD), s’est engagé à continuer de travailler pour l’Afrique.

Le 31 août 2015, il quittera son poste de président du Groupe de la Banque, et passera la main au nouveau président élu, Akinwumi A. Adesina, qui prendra fonction le 1er septembre 2015.    

« J’entends continuer à travailler pour le développement de l’Afrique », a déclaré M. Kaberuka au cours d’une conférence de presse,  à l’issue de la cérémonie de clôture des 50e Assemblées annuelles de la BAD à Abidjan, le 29 mai 2015.

Il a notamment évoqué l’éventualité de poursuivre sa carrière en travaillant pour une banque d’investissement, ce qui lui permettrait de continuer à servir le continent.

Mais de préciser aussitôt que son premier souci, pendant les trois derniers mois de son mandat, sera de veiller à ce que l’entrée en fonction du nouveau président, en septembre prochain, se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Au crédit du président Kaberuka à la tête de la Banque, figurent l’amélioration du fonctionnement de l’institution et la manière dont il a réussi à la diriger en des temps difficiles, à l’instar de la crise financière mondiale, qui ne l’a pas empêché de maintenir la notation triple A de la Banque et de tripler son capital. 

Et M. Kaberuka de mettre ces réussites au crédit de ses collaborateurs, tous dévoués à leur mission.

« Tout ce que j’ai pu réaliser ici, à la Banque, est le résultat d’un travail collectif avec le personnel de la Banque africaine de développement », a-t-il souligné, en ajoutant que ce personnel continuera à mettre en œuvre la stratégie de la Banque.

S’agissant de l’avenir de la Banque, Donal Kaberuka a souligné la nécessité qui est la sienne d’accélérer ses efforts pour combler le grand déficit de l’Afrique en matière d’infrastructures. 

Au cours des dix dernières années, la Banque a considérablement accru son aide en faveur des infrastructures, y consacrant 28 milliards de dollars EU, dont 11 milliards pour l’énergie, 11 milliards pour les transports, 4 milliards pour l’eau et 2 milliards pour les TIC. S’il s’agit là de montants non négligeables, qui représentent près du double de ce que la Banque a consenti au cours des 40 années précédentes, il reste toujours un grand déficit à combler au regard des besoins de l’Afrique, a-t-il insisté.

« J’ai le sentiment que nous ne sommes pas encore parvenus à enclencher une véritable poussée en matière d’infrastructures. La Banque reste à la recherche de moyens pour financer l’équipement énergétique de l’Afrique, ses autoroutes et ses technologies de l’information, car ce sont ces domaines qui font perdre chaque année 2 % à la croissance du PIB du continent », a-t-il ajouté.

L’Afrique a enregistré une croissance économique impressionnante au cours des dix dernières années, marquée dans certains pays par des taux de 7 %. Mais, pour atteindre des taux de croissance à deux chiffres – nécessaires pour parvenir à réduire la pauvreté de façon substantielle sur le continent, – il sera crucial d’activer les investissements dans les infrastructures. 

M. Kaberuka a fait remarquer que le fonds Africa50, un instrument indépendant, aidera le continent, non seulement à mobiliser des ressources, mais également à opérer un meilleur montage de ses projets d’infrastructures. 

Au cours des Assemblées 2015, les gouverneurs du Groupe de la BAD – dont la plupart sont des ministres des Finances et de l’Économie représentant les 54 pays membres régionaux et les 26 pays membres non régionaux de l’institution –en ont adopté le rapport annuel 2014, le programme de travail 2015 et un certain nombre d’initiatives.

Organisées autour du thème « L’Afrique et le nouveau paysage mondial », ces Assemblées annuelles avaient programmé une série de séminaires de haut niveau et de manifestations sur les enjeux économiques, sociaux et politiques du continent, ainsi que sur les moyens pour la Banque de collecter de nouvelles ressources pour améliorer les conditions de vie en Afrique.

Dans un communiqué diffusé à l’issue des travaux, les gouverneurs se sont déclarés heureux des bons résultats du Groupe de la Banque, atteints en dépit des difficultés de la conjoncture économique africaine et mondiale.

Ils ont félicité le Groupe de la Banque d’avoir mené avec succès la réinstallation des opérations de la BAD à son siège originel d’Abidjan, après qu’il avoir occupé pendant onze ans des locaux à Tunis, mis à sa disposition par l’Agence de réinstallation temporaire. Enfin, ils ont remercié les gouvernements ivoirien et tunisien de leur soutien dans la réintégration réussie de la Banque à son siège, qui s’est déroulée conformément au programme prévu.