Surmonter les obstacles aux investissements du secteur privé dans les technologies propres

27/10/2011
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Une politique d'énergie renouvelable avisée peut servir à surmonter les obstacles aux investissements du secteur privé dans l'énergie propre, et assurer des sources supplémentaires de financement.

Cette proposition a été faite au cours de la session consacrée au rôle du secteur privé dans la promotion des technologies vertes, à la sixième Conférence économique africaine, à Addis-Abeba.

Tom Nagle, du Centre mondial des ressources, à Washington, a cité les informations de la Banque mondiale selon lesquelles des dépenses annuelles de 41 milliards de dollars EU seront nécessaires pour répondre à la demande, déjà dépassée, et suivre le rythme de la croissance économique à travers la production conventionnelle thermique raccordée au réseau et l'énergie hydroélectrique à grande échelle, soit 29 milliards de dollars EU de plus que le montant total actuellement investi. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les besoins supplémentaires de l'Afrique se chiffrent à 19 milliards de dollars EU par an si l’on veut atteindre l'électrification pour tous par les réseaux, les mini-réseaux et la fourniture hors réseau à l’horizon 2030.

Si les investissements du secteur privé peuvent assurer le financement supplémentaire, ils rencontrent un certain nombre d'obstacles, selon M. Nagle. Le coût élevé du financement par emprunt auprès des investisseurs suppose un rendement proportionnel au niveau de risque perçu dans le développement des énergies renouvelables dans les pays en développement. La perception du risque et le coût du financement pour les promoteurs des projets sont élevés, selon M. Nagle, en raison de la nouveauté de la technologie, des risques de change et des préoccupations d’ordre politique.

La disponibilité de projets viables en réserve est également limitée et, dernière des trois barrières, les incertitudes en matière de réglementation : les incitations offertes pourraient tarir par suite de changements d’orientations.

« Les investisseurs ont besoin de transparence, de durée et de certitude », a déclaré M. Nagle. « Le risque politique d'expropriation, de nationalisation ou de défaut du pays est le risque ultime pour les investissements fixes lourds.»

M. Nagle a fait remarquer que parmi les mesures qui pourraient être prises pour encourager les investissements du secteur privé, il faut citer l'engagement politique d’atteindre des objectifs d'énergie propre, comme le Plan sud-africain de ressources intégrées allant jusqu'à 2030, une réglementation indépendante et transparente, et la conception d’incitations basées sur la production, comme le programme de tarifs de subventionnement au Kenya, en Tanzanie et en Afrique du Sud.

« L'Afrique peut bénéficier de la participation du secteur privé à la résorption du déficit de financement de ses infrastructures», a déclaré Tom Nagle. Il a expliqué que la fourniture d’incitations pour les investissements dans les technologies vertes réussit le mieux quand elle s’accompagne d’un jeu complet d’environnements de politiques porteuses transparentes, offrent une visibilité à long terme, des incitations économiques et des mécanismes de financement préférentiels.Le guichet du secteur privé de la Banque africaine de développement appuie la croissance verte de l'Afrique dans la mise en œuvre des projets sur un budget de 2,2 milliards dollars EU au titre de son programme de financement 2010-2012, dont 40 pour cent financeront des projets d'énergie renouvelable.