Industrie de la mode en Afrique : les participants à une table ronde sur la mode appellent à soutenir le secteur

29/05/2015
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L’industrie de la mode se chiffre à 1 500 milliards de dollars EU à l’échelle mondiale. Et si l’Afrique y contribue, on ignore ce que pèse effectivement le secteur de la mode africaine.

Une table ronde dédiée à cette industrie et intitulée « Fashionomics » s’est tenue au dernier jour des 50e Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le 29 mai 2015, à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Dans ce cadre, Géraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre, a fait remarquer qu’en sus de l’aspect économique, l’industrie de la mode en Afrique nourrit également un sentiment d’inclusion. Et d’ajouter que les gouvernements devraient soutenir la chaîne de valeur du secteur, grâce à l’impulsion de politiques et de cadres juridiques adéquats, afin d’aider à la création d’emplois.

Les autres participants à la table ronde sont convenus que, pour se développer en Afrique, ce secteur a besoin de diverses formes de soutien, notamment financier.

« L’Afrique n’a pas d’industrie de la mode à proprement parler, il s’agit plutôt d’une industrie artisanale », a déclaré Samuel Mensah, directeur-fondateur de Kisua, un site Internet de e-commerce qui met les créateurs africains à l’honneur, présent à la table-ronde. Et d’ajouter que le secteur de la mode a du potentiel, mais qu’il doit être restructuré pour dépasser le stade artisanal.

Doté d’une expérience d’investisseur, Samuel Mensah a expliqué que, du fait de la nature-même du secteur en Afrique, les investisseurs ne le prennent pas au sérieux. Pour qu’il puisse se développer sur le continent, a-t-il dit, « les acteurs financiers doivent commencer à prendre la mode au sérieux ».

Entre autres obstacles soulevés lors des débats, il a été fait état du manque de financement, du déficit de formation et de régimes juridiques à même de protéger les créateurs et les fabricants locaux.

Le problème de l’approvisionnement en tissus ou en matières premières sur le continent a également été évoqué. Les membres du panel et les participants dans la salle ont tous mentionné la difficulté à expédier des marchandises vers l’Afrique. Le constat est terrible : il revient moins cher d’expédier des marchandises depuis la Chine vers un pays africain, que d’expédier des biens d’un pays africain à un autre.

Des appels ont été lancés aux gouvernements africains, à l’Union africaine et à la BAD, pour qu’ils fassent en sorte de faciliter le processus et de réduire les coûts d’expédition des marchandises au sein du continent. Les acteurs du secteur appellent également à véritablement changer de paradigme dans l’industrie de la mode.