Le rôle clé des parlementaires dans l’institutionnalisation de l’optimisation des ressources, de la responsabilité et de la durabilité dans le secteur de la santé

10/07/2012
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Les ministres africains des Finances et de la Santé, ainsi que des parlementaires, des représentants de la société civile et des partenaires multilatéraux se sont réunis à Tunis. Ils ont convenu d’intensifier le dialogue multilatéral et la collaboration aussi bien entre eux qu’avec les parlementaires et les partenaires techniques et financiers, en vue de renforcer les politiques et programmes de santé qui promeuvent l’amélioration de l’optimisation des ressources, de la responsabilité et de la durabilité des investissements dans la santé en Afrique. Les participants ont reconnu que les parlementaires peuvent jouer un rôle crucial pour assurer un accès universel aux soins de santé en Afrique, ainsi que la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et d’autres objectifs de développement d’ici à 2015 et au-delà. Par ailleurs, ils ont reconnu que l’amélioration de « la santé est d’une importance capitale pour la croissance économique et le développement social », surtout la « réduction des inégalités et de la pauvreté ».

Cette conférence, un dialogue de haut niveau entre les ministres des Finances et de la Santé, était organisée par la Banque africaine de développement et d'autres membres de l'initiative Harmonisation pour la santé en Afrique (HHA). Elle réunissait les ministres des Finances et de la santé et/ou leurs représentants de 54 pays africains, des parlementaires et plus de 400 délégués du secteur public, du secteur privé, du monde universitaire, de la société civile et des médias. Son excellence Hamadi Jebali, le premier ministre de la Tunisie, Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement et Margaret Chan, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, ont prononcé les mots d'ouverture.

Les invités d'honneur, notamment Michel Sidibé, le directeur exécutif d’ONUSIDA, Babatunde Osotimehim, le directeur exécutif du FNUAP, Gabriel Jaramillo, le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et Seth Berkeley, le PDG de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), ont prononcé des allocutions importantes en relation avec le thème de la conférence.

Des conférenciers de marque, comme Julio Frenk, le doyen de l'École de santé publique de l'université Harvard et Hans Rosling, le directeur de la fondation Gapminder, se sont également adressés à l'assemblée.

Cette conférence a souligné l'urgence de renforcer la reddition des comptes dans les pays, de réduire la dépendance à l'égard de l'aide internationale et d'optimiser les ressources dans la prestation des services de santé en Afrique. Elle a réuni des experts des quatre coins de l'Afrique et du monde (notamment de l'Inde, de la Chine, du Brésil, du Vietnam et du Kirghizstan) qui ont pris la parole.

Rappelant et s'appuyant sur la Déclaration d'Abuja et sur d'autres efforts régionaux d'amélioration du financement des systèmes de santé nationaux, et soulignant la participation des parlementaires à la réunion, les ministres ont exhorté les parlementaires à soutenir la mise en œuvre de la Déclaration de Tunis. :

l'intégration effective de facteurs sociaux, démographiques et de santé dans les stratégies de développement ; des investissements dans la santé fondés sur des stratégies éprouvées et des interventions à forte incidence ; des investissements équitables dans le secteur de la santé pour s'assurer que les financements sont favorables aux pauvres ; l'amélioration de l'efficience des systèmes de santé ; des systèmes durables de financement de la santé qui exploitent et coordonnent une variété de sources ; le renforcement des mécanismes de reddition de comptes ; et l'accroissement des ressources nationales consacrées à la santé, par la collecte et l'allocation de recettes et la priorité aux vaccins, aux maladies non transmissibles, au Sida, à la tuberculose, au paludisme et à la santé génésique, maternelle et infantile.

Les parlementaires présents ont répondu à l'appel en promettant d'intégrer les principes de la Déclaration de Tunis dans les efforts qu'ils mènent actuellement pour améliorer et accroître l'efficience des investissements dans la santé par le truchement du Parlement panafricain et des parlements régionaux et nationaux.

Il s’agit notamment de ce qui suit :

  • en 2011, un engagement et une résolution du Parlement panafricain (le bras parlementaire de l'Union africaine) et de la Conférence des présidents de parlement africains, à l'effet d'accorder la priorité aux politiques et aux initiatives budgétaires pour la santé, en particulier la santé maternelle, néonatale et infantile et l'épanouissement des jeunes ;
  • la Politique parlementaire et le plan d'action budgétaire sur la santé maternelle, néonatale et infantile et le développement en Afrique de 2010, qui prévoit l'éradication de la transmission du VIH/sida de la mère à l'enfant. Elle a été adoptée par les présidents des commissions économiques nationales et régionales, des commissions parlementaires nationales et régionales des finances et du budget, lors d'une rencontre avec les commissions parlementaires panafricaines des affaires monétaires et financières, de la santé, du travail et des affaires sociales, de la parité hommes-femmes, de la famille, de la jeunesse et des personnes handicapées. Cette rencontre portait sur l'application parlementaire des résolutions de la conférence de l'Union africaine sur la santé maternelle, néonatale et infantile qui s’est tenue en 2010 ; et
  • le Plan d'action pour la santé de 2009 des parlements régionaux d'Afrique.

Ces initiatives menées en partenariat avec le Réseau parlementaire africain pour la santé publique sont orientées vers la mise en œuvre et l'amélioration de l'engagement concernant 15 % des financements en faveur de la santé (pris lors du sommet de l'Union africaine à Abuja) et de divers politiques et cadres régionaux et internationaux. Elles tiennent compte du rôle des parlementaires comme représentants du peuple, garants de l'environnement législatif et participants à l'exécution de politiques de santé ambitieuses. Elles considèrent également que les parlements exercent un rôle de supervision et demandent des comptes aux ministères et aux organes du gouvernement sur la mise en œuvre des programmes et des interventions dans le secteur de la santé.

Le Réseau parlementaire africain pour la santé publique est un regroupement de parlementaires comprenant les présidents des commissions des finances, du budget et de la santé ; il milite en faveur de l'amélioration des investissements et des résultats dans le secteur de la santé en Afrique. Depuis 2008, il travaille avec le Parlement panafricain, les parlements régionaux et nationaux, la Commission de l'Union africaine, la Commission économique pour l'Afrique et un ensemble d'organismes et de partenaires au développement, dont le FNUAP, l’ONUSIDA et l'OMS dans la promotion de politiques et de mesures budgétaires pour l'amélioration constante des résultats dans le secteur de la santé en Afrique.

La conférence ministérielle conjointe historique de juillet 2012, la Déclaration de Tunis, les actions de plus en plus nombreuses du réseau parlementaire sur le plan de la santé et du développement humain et social et le soutien de l'ensemble des parlementaires en faveur de la Déclaration de Tunis, constituent un pas important vers l'actualisation et l'institutionnalisation de l'optimisation des ressources, de la responsabilité et de la durabilité dans le secteur de la santé.