Le PARSAR vise à renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté en RDC

01/11/2012
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Le secteur agricole et rural en République démocratique du Congo (RDC) dispose d’importantes marges de croissance et occupe une place prépondérante dans l’économie du pays. Cependant, sa productivité souffre d’une baisse considérable, en grande partie du fait du délabrement des infrastructures rurales et de la défaillance des services d’appui de l’Etat.

En outre, l’état de guerre et ses conséquences socio-économiques dans le pays ont engendré une paupérisation des populations et une insécurité alimentaire des plus préoccupantes. Le déficit alimentaire est évalué à plus de 30 % et la pauvreté touche 60 % de la population.

La RDC a sollicité ses partenaires, y compris la Banque, pour l’appuyer à redresser cette situation. C’est ainsi qu’a été identifié le Projet d’appui à la réhabilitation du secteur agricole et rural (PARSAR) dans les provinces de Bandundu et du Bas-Congo, d’un coût total de 28,01 millions d’UC, soit 42,3 millions de dollars EU, et qui a été approuvé le 19 mai 2004.

L’objectif global du projet est de renforcer la sécurité alimentaire et de contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural à travers la relance de la production agricole dans les provinces de Bandundu et du Bas-Congo, le renforcement des capacités ainsi que la réhabilitation des infrastructures socio-économiques et l’organisation des structures communautaires de base.

A l’achèvement du projet, fin mars 2012, ses principales réalisations se résumaient comme suit :

Renforcement des capacités d’intervention des structures partenaires et des ministères en charge du développement agricole et rural :

  • Cinq bâtiments des ministères impliqués réhabilités et 22 locaux de démonstration construits ; ces infrastructures permettront d’améliorer les conditions de travail d’environ 4.000 cadres et agents membres des organisations semencières villageoises (OSV).
  • Plus de 2.500 personnes dont 40 % de femmes ont bénéficié de formations et de recyclages dispensés au profit des cadres et agents techniques des ministères impliqués et du projet, des bénéficiaires, des producteurs, des comités de gestion et des organisations paysannes.

Appui à la production agricole :

  • 27 OSV regroupant 768 organisations paysannes de base (OPB) mises en place et encadrées, avec 22.829 membres (dont 56 % de femmes), soit une population totale de 570.000 personnes directement touchée par le projet.
  • La production semencière contrôlée et certifiée a atteint 1.213 tonnes de base ; soit 3 fois l’objectif du projet (395 tonnes). Les OSV s’approprient progressivement la technologie de la production semencière.
  • La production vivrière induite par les semences améliorées est estimée à 3 millions de tonnes, contre des prévisions de 1 million de tonnes. Cet effort a été accompagné aussi de la diffusion de divers paquets technologiques.

La vulgarisation de la culture attelée, la distribution de matériel de transformation des produits agricoles à titre de démonstration (décortiqueuse, polisseur, moulin, râpeuse, batteuse, égreneuse) et la dynamisation du volet micro-finance rurale.

Infrastructures rurales :

  • 1.020 km de pistes rurales et 660 ml d’ouvrages d’art reliant les zones de production aux centres de commercialisation réalisés.
  • 160 sources d’eau potable aménagées.
  • 80 latrines collectives construites.
  • 20 marchés et 35 entrepôts construits.
  • Pour assurer la durabilité de ces infrastructures, le PARSAR a mis en place et formé des comités de gestion.

Au terme du projet, il ressort que ses réalisations ont eu de nombreux effets significatifs. Les associations et les comités de gestion ont pris conscience des avantages pour la population à se regrouper autour de certaines activités génératrices de revenu ou de la gestion de certains services collectifs.

Les zones de production sont rendues plus accessibles suite à la réhabilitation des pistes rurales. Le temps de parcours a été réduit de plus de 50 % et les pistes sont devenues plus fréquentées, notamment par les transporteurs des produits vivriers et les commerçants dont le nombre a doublé. Le coût de transport des marchandises et des personnes a été réduit d’au moins 20%, parfois de plus de 50% sur certains axes. Les produits vivriers commercialisés sur certains marchés ont connu une hausse d’environ 100 tonnes par jour de marché.

La dynamique créée autour des diverses activités du PARSAR (production de semences, unités de transformation des produits agricoles, marchés, entrepôts, pistes, sources d’eau, etc.) s’est aussi traduite par :

  • Une amélioration du revenu moyen des exploitants agricoles ainsi que des femmes commerçantes, qui a augmenté respectivement de 30 % et 70 %.
  • La création de 1.134 emplois permanents et environ 2 millions de journées de travail.
  • Le développement de la vente sur les marchés de nouveaux produits de transformation.
  • La desserte régulière d’une population moyenne de 84.500 personnes (12.630 ménages) en eau potable, et la protection contre les maladies d’origine hydrique.