L’intégration passe par l’ouverture des frontières

26/05/2015
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Dotée de 54 marchés nationaux et de politiques migratoires rigides, l’idée d’une Afrique intégrée et prospère restera une chimère, si les pays africains ne parviennent pas à ouvrir leurs frontières pour favoriser la circulation des personnes, des biens et des services.

Tel était le thème central d’un séminaire intitulé « Afrique sans frontières : que faudra-t-il pour y parvenir ? », qui a eu lieu à Abidjan, lundi 25 mai 2015, dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

A écouter les différents intervenants, la simplification des systèmes de visas dynamiserait fortement la compétitivité et l’intégration de l’Afrique, tout en facilitant la mobilité des talents sur le continent.

Selon une étude conjointe du Réseau des Conseils de l’agenda mondial du Forum économique mondial, de la BAD et de l’entreprise McKinsey, intitulée Unlocking Africa: Simplifying visas to allow the free flow of talent (Déverrouiller l’Afrique : simplifier les visas pour favoriser la libre circulation des talents), la moitié des pays du continent exige un visa pour le reste des Africains.

Les statistiques montrent également que seulement 14 des pays africains prévoient des facilités d’accès pour l’ensemble des citoyens africains.

A suivre la présentation effectuée par Acha Leke, directeur au sein de l’entreprise McKinsey & Company en Afrique du Sud, les enjeux de sécurité nationale, l’impact de l’arrivée massive d’étrangers sur les économies locales et les profits que génèrent les frais de visas font partie des raisons le plus souvent évoquées pour justifier le coût élevé des visas pour les citoyens africains qui voyagent sur le continent.

Entre autres recommandations, il est préconisé de d’adopter une réciprocité positive entre pays, d’encourager la création de blocs régionaux  avec un régime d’exemption de visa, d’intensifier les programmes de visa à l’entrée des pays pour les citoyens africains ou de mettre en place des visas régionaux.

Il serait aussi possible de proposer des visas valables plusieurs années, sous réserve de l’évaluation du demandeur, de simplifier la procédure de demande de visa et de créer un « passeport africain » pour les ceux qui satisfont un ensemble de critères (par ex., les hommes et femmes d’affaires qui voyagent fréquemment sur le continent).

Solomon Asamoah, vice-président de la BAD chargé des infrastructures, du secteur privé et de l’intégration régionale, a évoqué la politique commerciale régionale de la Banque et des efforts qu’elle déploie pour encourager la libre circulation des personnes sur le continent. Et d’indiquer que le séminaire a été programmé dans le cadre des Assemblées annuelles de la BAD afin d’éclairer l’action de la Banque en faveur de l’intégration.

, Participant également à ce séminaire, le directeur de l’Institut Mandela pour les études sur le développement, Nkosana Moyo, également ancien vice-président et directeur des opérations de la BAD, a souligné que les hommes et femmes d’affaires africains devaient pouvoir voyager plus facilement, à l’instar des hommes politiques africains, dotés de passeports diplomatiques pour se déplacer relativement aisément sur le continent.

M. Moyo a aussi déclaré qu’il fallait se montrer plus objectif sur la problématique de l’immigration africaine, en s’efforçant de comprendre et de gérer les mouvements et les attentes des personnes entre les pays. Mener des audits de compétences fiables, par exemple, permettrait d’évaluer avec un certain degré de certitude les opportunités d’emploi qui pourraient être pourvus par migrants.

A son tour, Anaclet Kalibata, directeur général du Bureau de l’immigration et de l’émigration du Rwanda, a expliqué comment son pays avait réussi à gérer son programme d’ouverture des frontières pour les Africains. Selon lui, le programme rwandais doit son succès au fait qu’il repose sur le principe selon lequel les migrants ne sont pas forcément “mauvais” et grâce à la bonne gestion du processus assurée par le gouvernement.


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