Réactions des participants aux assemblées annuelles 2008

Share |

Le journal électronique de la Banque africaine de développement, La banque qui bouge, a recueilli les témoignages des participants aux assemblées annuelles du Groupe de la Bad, qui se tiennent à Maputo, la capitale du Mozambique, les 14 et 15 mai 2008. Parmi les idées forces qui reviennent, citons la voix prépondérante de la Bad dans les questions africaines. Interview. (Les témoignages ont été recueillis en français ou en anglais)

1. What do you think about the current food crisis and how do you think the AfDB can help millions of Africans living in grinding poverty?

Reuss Konrad, Standard and Poor’s

President Kaberuka made it a headline of his programme. The AfDB alone cannot solve the food crisis in Africa. It is not the job of the Bank to subsidize agricultural programs. As a development finance institution, I think the AfDB can provide emergency assistance to countries that have been hit by the crisis. African countries should take the opportunity to increase their investments in the agricultural sector. Land is available everywhere in the continent and the political will is also there. The AfDB has a role to play.

Victor Imboua-Niava, Chief Interpreter and CEO, Symposia Consult - Afrique

Humanity is currently faced with a huge agricultural crisis which, without a doubt, constitutes a serious threat to social peace. In our view, it is not a surprise given the body of knowledge accumulated by man over time; it is hard, indeed impossible not to envisage such phenomena. In my view, there must be a break with the past. Africa has to go beyond emergency management and be foresighted as well as carry out concret actions. The crisis is rather an opportunity to think and act differently in order to meet our need internally and in a sustainable manner. The question that comes is: What are the issues and what can the Bank Group do? In the short term, measures should be taken by certain African governments to reduce taxes and certain mechanisms aimed at promoting market transparency. However, this has to be more targeted in favor of the poor. Besides, it has to immediately start reflecting and putting in place short and long term actions. There will more and more be questions about the availability and accessibility of resources.

Alexander Garrard, UBS

Il faut absolument améliorer les infrastructures pour diminuer le coût élevé des intrants: d'une manière générale, les prix des engrais en Afrique sont 2 à 6 fois plus élevés que ceux d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord surtout liés aux coûts élevés des transports. Le continent africain a, par conséquent, des limites objectives pour une intensification intelligente en vue de doper sa production agricole. L'Afrique doit comprendre qu'il lui faut assurer une offre agricole suffisante en quantité, satisfaisante en qualité, rémunératrice pour les producteurs et supportable par le budget des consommateurs les plus pauvres. C'est à ce prix seulement que le continent peut éviter d'être un « otage » des cours mondiaux. A mon avis, il n'y a pas de secret, on construit une agriculture compétitive et durable grâce à une combinaison intelligente de trois facteurs: technologies performantes, infrastructure de base et environnement assaini. Oui c'est possible d'inverser les tendances.

Prakash Ratilal, Executive President, Moçambique Capitais, SA

Premièrement, je dois vous avouer que les activités de la BAD sont très peu connues ici. Que fait concrètement la BAD dans le secteur privé ? Est-ce que vous financez le secteur privé ? C’est ce que nous voulons savoir. Car les populations ont besoin de financements pour développer l’agriculture et les autres secteurs économiques. Quant au concept de sécurité alimentaire, je pense qu’il fait référence à la disponibilité ainsi qu'à l'accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisante. C'est donc la possibilité pour un pays de subvenir aux besoins alimentaires de son peuple par sa seule production. Je pense qu’il faut aider les communautés paysannes à se nourrir et à contribuer à la sécurité alimentaire du pays. S'alimenter par ses propres moyens, prendre son destin entre ses mains et répondre aux exigences de la vie rend fort et indépendant. Cela n'est pas seulement vrai pour les individus mais aussi pour chaque pays. Alors que les occidentaux pensent et réfléchissent sur les questions stratégiques qui s'imposent aujourd'hui, c'est-à-dire, l'après pétrole, la réorientation des politiques de défense, l'Afrique s'inquiète sur l'état du ventre de ses enfants. Pourquoi un continent dont le climat est propice à l'agriculture vivrière n'arrive pas à nourrir ses populations ? Je pense qu’il faut promouvoir la gestion du crédit agricole.

José Forjaz, Doyen de la faculté d’architecture et de la planification physique, Université Eduardo Mondlni, Maputo, Mozambique.

En tant qu’architecte et spécialiste de la planification, je vous parlerai surtout de la crise, sinon, du déficit de l’habitat au Mozambique. Il est vrai que la question de la sécurité alimentaire des pays africains se pose avec acuité. Mais le problème de l’habitat se pose aussi. Le pays a un très beau paysage pour une belle architecture. Les populations ne peuvent pas s’offrir une habitation correcte, parce qu’ils ne disposent pas de moyens financiers. Les banques commerciales ne sont pas flexibles. La BAD doit aider le Mozambique à investir dans la promotion immobilière et promouvoir les habitations à loyers modérés (HLM), et apporter son expertise à la mise en place d’un mécanisme de financement. Il faudra également encourager l’agriculture en milieu urbain, car 75% des familles mozambicaines dépendent de l’agriculture. C’est aussi cela le développement. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les taux d’intérêt bancaires sont hors de notre portée et les populations ne sentent pas très bien ce rôle que doit normalement jouer la BAD.

Mrs. Lucie Mboto Fouda, IMF External Relations Department

These meetings are very useful for the international community as they bring together key players of the international financial community to put their heads together and come up with solutions on key challenging economic and financial issues facing our continent. One of those issues is food crisis and how we can help our member countries address it and deal with it. At the IMF level, we have at the very early stage, initiated discussions with member countries which believed they may need additional assistance to bring in the appropriate response in their respective countries.

The AfDB has a key role to play in mobilizing the needed resources to address the issue. It is definitely a key African platform for that purpose. More importantly, I have seen in the past years that the institution has focused on being a key player in on-going discussions on economic and financial issues at the international level. Furthermore, the AfDB has come up with original solutions targeted at African countries. I would say: « African solutions to address African problems. » I wish to commend President Kaberuka and his great team for the job well done and wish to encourage him to do more.

2. What are your impressions about the organization of this year’s Annual Meetings? What are your suggestions for the future?

Ludovic Julliot, Technician, Normandie, France

I am attending the Annual Meetings for the second time, with Burkina Faso Annual Meetings in 2006 being the first, and I greatly appreciate what is actually taking place here, especially the African warmth. In Maputo, the event is better organized. I just think there is a lack of coordination among the different departments. Instead of the organization being a complete chain, it appears that at some time, the staff work in silos. There is a need for a sustained dialogue among different Bank departments if the organization has to be successful. It is not about the success of an individual, but that of the entire institution.

Victor Imboua-Niava, General Manager and Chief Executive Officer, Symposia Consult, Africa

The decision to host the AfDB’s Annual Meetings in Mozambique is a great idea, not only because it helps the Bank and its partners to see for themselves the realities of a developing country which has suffered from a protracted war and which has now made great strides economically, and in the area of democracy and good governance.  Maputo is the pearl of the Indian Ocean and the Mecca of gastronomy. Delegates will be able to blend business with leisure. However, Mozambique is crying for assistance from the Bank and its partners mostly in the area of infrastructure and financial sector development.

Candido Camara, Journalist, RFI Correspondent in Dakar

We are dealing with a global food crisis, and our continent has been hit hard. Escalating oil prices have contributed to this situation. What can the AfDB actually do? Today, it is simply not about increasing financing. It is necessary to help manage the funding in Bank Group regional member countries and to help these countries carry out viable agricultural projects. Only such concrete actions on the ground can help the continent emerge out of the crisis.

Mme Ndack Ndiaye Ndoye, participante au programme des conjoints

Je participe pour la première fois aux assises de la BAD en tant qu’épouse pour le programme des conjoints et je trouve que l’organisation est parfaite. Je suis enseignante en retraite à Dakar et comme vous le voyez bien, j’observe les experts qui passent. On sent une effervescence dans la ville et sur le site des assemblées. De hauts responsables gouvernementaux, des ONG et des universitaires sont présents pour plancher sur l’avenir du continent et c’est beau. Cela me donne une idée de ce que seront les Assemblées 2009 à Dakar. Le message que je pourrais lancer à l’endroit de la BAD est de continuer à aider les pays africains dans le développement de l’éducation. Vous conviendrez avec moi que sans une bonne éducation et une formation ciblées, l’Afrique ne sortira pas de l’ornière. Je félicite la BAD et tous les experts pour leur engagement envers le continent.

Mrs. Ana Florencia Correia, Protocole Mozambique

The AfDB has done a lot for African countries and continues to do so. It supports central banks and other institutions of African countries. It is a bridge for development and cooperation between African countries and other continents. This event is welcome and we hope good results will come out of it. I hope this meeting will bring positive results. The event is important for Mozambique in terms of socio economic development. We praise the initiative of hosting these meetings in Maputo.

Interviews réalisées par Aristide Ahouassou, unité des relations extérieures et de la communication, a.ahouassou@afdb.org

Sections Connexes