Forum du Cinquantenaire de la BAD : les ex-présidents de la Banque l’invitent à faciliter l’intégration économique de l’Afrique

26/05/2015
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Mardi 26 mai à Abidjan, tandis qu’était célébré le jubilé d’or de la Banque africaine de développement (BAD), des personnalités des plus éminentes de l’histoire de l’institution se sont penchées sur ses 50 ans d’existence, dressant aussi un état des lieux à ce jour et formulant des projections pour l’avenir.

D’anciens présidents de la BAD, conduits par leur doyen, Kwame Donkor Fordwor, ont marqué de leur présence cette célébration de cinquante années d’activités. Le Ghanéen Kwame Donkor Fordwor, qui a présidé la BAD de mai 1976 à juillet 1979, a évoqué le cheminement que la Banque a parcouru, depuis les premiers obstacles qu’elle a eus à vaincre lors de ses années de formation jusqu’à son émergence en tant que première institution africaine à bénéficier de la notation financière AAA.

Aujourd’hui, la BAD investit chaque année jusqu’à 8 milliards de dollars EU, une progression remarquable par rapport aux 500 millions de dollars qu’elle avait consentis en 1979, a souligné Kwame Donkor Fordwor.

Lequel a appelé ensuite la Banque à renforcer son soutien en faveur de l’intégration régionale, comme le stipule d’ailleurs sa Stratégie décennale 2013-2022, en mettant l’accent sur les efforts de développement du secteur privé.

De son côté, la présidente du Libéria, Elle Johnson Sirleaf, a raconté qu’elle avait assisté pour toute la première fois aux Assemblées annuelles de la BAD en 1972. Elle a également évoqué le regretté banquier libérien Romeo Horton, qui n’avait pas ménagé sa peine pour réconcilier les groupes de Casablanca et de Monrovia, que virulentes divergences de vues opposaient, préparant ainsi le terrain à la mise en place de la BAD en 1964.

La présidente Ellen Sirleaf a rappelé les longues heures de discussions qu’avaient exigées le débat autour de l’opportunité d’ouvrir le capital de la Banque à des pays non africains. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, avec un capital de 100 milliards de dollars, nous voyons que nous avons pris la bonne décision en conviant les pays non régionaux ».

Faisant l’éloge de toute une série de réalisations de la Banque, elle a plus particulièrement souligné le rôle formatif de la BAD au profit de centaines de professionnels africains, qui évoluent dans un environnement multiculturel, appelés à réfléchir de façon créative et innovante aux enjeux du développement ainsi qu’en faveur de l’existence de nombreuses institutions panafricaines. Madame Sirleaf s’est également félicitée du processus d’élection des présidents de la Banque, qui permet aux plus petits pays de faire entendre leur voix.

Enfin, la présidente du Libéria a salué l’œuvre de Donald Kaberuka, président de la BAD, en faveur de la diversification des économies africaines, et l’a remercié pour son soutien au Liberia, particulièrement pendant la crise de l’Ebola.

Pour sa part, le Sénégalais Babacar Ndiaye, qui a présidé la BAD de mai 1985 à août 1995, et reconnu notamment pour avoir introduit la Banque sur les marchés financiers et pour avoir assuré sa notation AAA, a félicité le président Donald Kaberuka pour ses remarquables prestations, assurant que l’on se souviendra de lui pour avoir « hissé la Banque en première division ».

D’autres participants au forum – l’ex-ministre sud-africain des Finances Trevor Manuel, le ministre zambien des Finances Alexander Chickwanda et un ancien directeur exécutif de la BAD pour le Japon, Kiyoshi Kodera – ont recommandé à la prochaine direction de la Banque de s’appuyer sur les accomplissements de l’administration courante, tout en ne cessant de s’adapter à la dynamique des développements à venir.


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