Paiements pour services environnementaux, un nouvel outil prometteur pour les investissements verts à long terme

09/06/2015
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Mardi 9 juin 2015, la Banque africaine de développement a lancé son rapport Payment for Environmental Services: A promising tool for natural resources management in Africa (« Paiements pour services environnementaux : un outil prometteur pour la gestion des ressources naturelles en Afrique »). C’est le tout premier d’une nouvelle série de rapports de la BAD produits dans le cadre des Fonds d’investissement climatiques (FIC).

Ce rapport illustre de manière détaillée le potentiel qu’offrent les paiements pour services environnementaux (PSE), pour améliorer la gestion des ressources naturelles, garantir les flux de  services environnementaux pour les entreprises et les infrastructures qui en dépendent, tout en offrant un nouveau financement durable réservé à la conservation de l’environnement. 

En d’autres termes, le PSE correspond à une incitation financière accordée aux agriculteurs – ou aux propriétaires terriens –, contre l’adoption de certaines pratiques qui favorisent la production d’un service environnemental particulier.

La mauvaise gestion des ressources naturelles, les conflits que celles-ci peuvent générer, l’accaparement de certaines ressources par les élites locales sont au nombre des problématiques qui se posent au continent, soucieux d’instaurer une gestion des ressources naturelles durable et équitable. Dans cette perspective, le PSE apparaît comme une solution prometteuse, qui s’est même avérée probante dans d’autres régions du monde.

Ce nouveau rapport se concentre sur les principaux services environnementaux associés à ce mécanisme : la séquestration et le stockage du carbone, la conservation de la biodiversité et la protection des bassins versants. Convaincue de son potentiel pour contribuer à la réalisation de ses objectifs en matière de croissance verte et inclusive, la Banque a déjà prôné les mérites des PSE en tant que mécanisme de mise en œuvre de projet de séquestration et de maintien des stocks de  carbone forestier dans le cadre du Programme d’investissement forestier (PIF) et du Fonds forestier pour le bassin du Congo.

« Même si nous sommes encore loin d’exploiter au mieux le potentiel de ce nouvel outil, sa capacité à renforcer la durabilité des projets que la BAD soutient dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et à fournir un financement durable supplémentaire pour la conservation dont nous avons tant besoin, nous intéresse tout particulièrement », a déclaré Kurt Lonsway, responsable de la division de l’environnement et du changement climatique à la BAD, lors du lancement du rapport. « Nous pensons qu’il est essentiel de réunir et de partager les enseignements tirés ainsi que de construire un agenda pour le développement des PSE en Afrique ».

Trois études de cas présentées dans le rapport mettent en lumière les mesures spécifiques qui doivent être prises pour que les PSE fonctionnent en Afrique. Durant la mise en place de ce mécanisme, il faut notamment prendre le temps d’expliquer, de sensibiliser, d’instaurer un climat de confiance auprès des parties prenantes et de faire en sorte de renforcer leurs capacités.

Le PSE demeure encore un concept novateur en Afrique. C’est pourquoi, pour le développer, encore faut-il au préalable instaurer des cadres institutionnels propices, notamment en clarifiant le statut du foncier, en renforçant les capacités organisationnelles des communautés locales, et en instaurant des mécanismes juridiques, institutionnels et fiscaux à même de générer de nouveaux financements publics et privés destinés à la conservation de l’environnement.

Consultez le rapport complet (en anglais) ici.