La «Semaine PIDA» appelle à élever le niveau de préparation de projets pour débloquer le financement des infrastructures

16/11/2015
Share |

Les délégués présents à la Semaine consultative dédiée au PIDA (Programme de développement des infrastructures en Afrique), intitulée «Semaine PIDA», qui se déroule au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan du 13 au 17 novembre, ont pris note que la pénurie de projets bien préparés, qui est à son tour imputable au manque de capacités adéquates pour préparer des projets d’envergure, constituait l’obstacle le plus contraignant au déblocage du financement des infrastructures en Afrique.

La Semaine PIDA est organisée conjointement par la Commission de l’Union africaine (CUA), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et la BAD dans le cadre de la coordination des approches vers la réalisation du PIDA. Celui-ci est constitué de 51 projets régionaux dans les domaines de l’énergie, des transports, des TIC et des eaux transfrontalières nécessitant un financement à hauteur de 68 milliards de dollars EU jusqu’en 2020. Prenant la parole à l’occasion d’une discussion de groupe organisée par le Mécanisme de financement de la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (NEPAD-IPPF), un fonds multi-bailleurs dont la BAD assure la gestion, les experts ont appelé à la prise de mesures concrètes en faveur de l’augmentation des capacités de préparation sur tout le continent africain.

Le président de la séance baptisée «Combler le déficit de financement des infrastructures grâce à des projets bien préparés», Shem Simuyemba, qui est également directeur du NEPAD-IPPF, a accueilli favorablement la création du Réseau d’appui des préparations de projets (PPFN) sous les auspices du Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA), en tant que base appropriée pour la promotion de la collaboration entre les mécanismes d’appui pour résorber le déficit en matière de préparation de projets. Cependant, il a fait remarquer qu’il faudra davantage de ressources pour répondre à la demande croissante en matière de préparation de grands projets d’infrastructure régionaux.

Sur le panel se trouvaient Mme Laetitia Habchi, experte en investissement auprès de la Fondation pour la promotion des affaires du NEPAD (NBF),  Lida Fitts, directrice régionale pour l’Afrique subsaharienne de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA), Mtchera Chirwa, spécialiste des infrastructures et des [partenariats] public-privé auprès de la BAD, et Alwyn Coetzee, directeur des services de préparation de projets pour la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA).

Laetitia Habchi a fait part de la nécessité de traduire les projets d’infrastructures en possibilités d’investissement et de les présenter d’une manière qui soit susceptible d’attirer les investisseurs du secteur privé dès le début.

Fitts de l’USTDA a indiqué aux participants que l’Agence américaine possédait 30 ans d’expérience en matière de réalisation de projets en Afrique et qu’elle avait soutenu quelque 500 projets dans les domaines de l’énergie, des transports et des TIC au cours de cette période. Elle a fait remarquer que d’après une étude récemment menée par le cabinet-conseil McKinsey, le secteur privé international disposait chaque année de quelque 15 milliards de dollars EU à investir dans le secteur de l’énergie en Afrique, mais que l’Afrique n’avait pas tiré parti de ce financement en raison du manque de projets bien préparés. Elle a lancé un appel en faveur du renforcement des capacités pour garantir la disponibilité de projets viables sur le plan financier, susceptibles d’attirer les investisseurs internationaux en Afrique.

Chirwa, pour sa part, a prôné une approche globale et intégrée à la préparation des projets et a souligné l’importance de comprendre les besoins des investisseurs pour veiller à ce que ces besoins, tels qu’ils figurent dans les projets préparés, soient alignés sur ceux des financiers. Il a également mis l’accent sur l’importance de regrouper les ressources disponibles pour la préparation de projets par le biais du cofinancement de projets particuliers.

Alwyn Coetzee de la DBSA a déclaré au forum que la préparation des projets devrait être examinée d’un point de vue commercial et les projets épurés de leurs risques afin d’accroître leur «bancabilité» et par conséquent leur capacité à attirer un financement en provenance tant de l’intérieur que de l’extérieur du continent. Il a souligné qu’une bonne préparation de projets nécessite un calendrier adéquat, les compétences nécessaires et un niveau de financement des préparations suffisant, ce qui continue de faire défaut en Afrique.

Au cours des discussions qui ont suivi, les participants ont appelé à une meilleure coordination des efforts entre les acteurs principaux, à un meilleur engagement éprouvé de la part des sponsors des projets et en particulier des gouvernements, à un environnement prévisible et de la transparence en matière de passation des marchés, à un accroissement de la mobilisation des ressources propres de l’Afrique comme cela a été fait par l’Éthiopie dans le cadre des projets d’infrastructures du pays et par le Kenya pour le méga projet LAPSSET (Port de Lamu, Sud Soudan et Éthiopie), et au besoin urgent de mettre à niveau et de renforcer les institutions chargées de la préparation de projets qui répondent aux besoins du continent tels que le NEPAD-IPPF, par le biais de contributions plus importantes de la part des partenaires donateurs et des gouvernements africains.