Energie : réformes politiques et investissements sont nécessaires pour combler le déficit en Afrique

30/01/2015
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Le Forum économique mondial, qui s’est tenu à Davos du 21 au 24 janvier 2015, a soulevé des préoccupations propres à l’Afrique. La question des énergies durables, par exemple, s’est imposée comme une priorité. Mais de quelle façon les enjeux d’ampleur qui ont été débattus durant l’événement seront-ils pris en compte ?

La lourde facture de la pénurie d’énergie

« Tous les pays africains connaissent des pénuries d’énergie et des pannes de courant. Ce qui coûte au continent 2 % de son PIB », a déclaré Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD), lors de la conférence de presse du Groupe des leaders africains dans l’énergie (en anglais) “ Africa Energy Leaders Group”, AELG), lancé officiellement lors de cette édition 2015 du Forum de Davos.

« Des millions d’Africains n’ont pas accès à l’énergie, même quand elle est disponible. Des millions d’Africains peuvent voir les lignes électriques qui les surplombent sans pour autant avoir accès l’électricité, a-t-il ajouté, soulignant l’importance de se concentrer sur la durabilité de l’énergie et l’efficacité énergétique.

Pour ce faire, Kaberuka a fait observer combien il est crucial pour l’Afrique de créer des marchés de l’énergie : « Aucun de nos 54 pays ne peut assurer sa sécurité énergétique à partir de ses seules ressources propres. Nous devons créer des marchés régionaux viables pour l’énergie. Ce qui exige des réformes politiques, tant nationales que régionales. »

Abondant en ce sens, Kandeh Yumkella, sous-secrétaire général des Nations Unies et chargé de diriger l’Initiative « Énergie durable pour tous » (“SE4ALL” par acronyme en anglais), a déclaré qu’on ne pourrait atteindre un développement durable en Afrique sans élargir le marché de l’énergie.

620 millions d’Africains sans électricité

Les statistiques révèlent que 620 millions de personnes en Afrique vivent sans électricité. Ils seront 1 million de plus en 2015.

Dans le but de faire avancer les débats ouverts sur l’énergie à Davos, la BAD a organisé dans la foulée un atelier de travail de SE4ALL à Abidjan. Représentants des pays africains et des organisations partenaires de l’initiative se sont donc réunis dans la capitale ivoirienne, les 26 et 27 janvier 2015, et ont discuté des mesures à prendre pour stimuler le secteur de l’énergie en Afrique : des réformes politiques à engager et des investissements à consentir.

Au premier plan de la mise en œuvre de l’initiative SE4ALL, la BAD héberge la plateforme africaine de SE4ALL depuis mai 2013, avec l’aide du PNUD et en partenariat avec la Commission de l’Union africaine et l’Agence de planification et de coordination du NEPAD. La plateforme africaine de SE4ALL est chargée de coordonner et de faciliter la mise en œuvre de l’initiative sur le continent africain.