La croissance démographique impacte fortement la disponibilité alimentaire en Afrique

28/10/2011
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La croissance démographique a une influence avérée sur la disponibilité alimentaire en Afrique. Cet impact peut être d’autant plus préjudiciable que la population de l’Afrique va atteindre  le chiffre de 2 milliards d’individus en 2050.  C’est ce qu’a souligné, le 28 octobre  à Addis-Abeba, Kevin Thomas, maître de conférence à l’Université de Pennsylvanie.

Intervenant lors de la session plénière de la 4è journée de la Sixième édition de la conférence économique africaine,  sur le thème de la sécurité alimentaire en Afrique, le chercheur a précisé que les zones de l’Afrique de l’ouest, de l’est et du centre vont connaître une croissance  démographique de 20% par an. Il a  en outre souligné que parmi les pays connaissant la croissance démographique la plus rapide au monde figurent 10 pays africains. Au cours des quatre prochaines décennies les personnes les plus pauvres en Afrique se situeront dans le monde rural.

Cette croissance démographique aura son impact sur l’utilisation des ressources naturelles, a  t-il précisé. En outre, les ressources naturelles vont s’épuiser entraînant davantage de contraintes pour la production alimentaire.

De 2010 à 2050, la production de blé va augmenter partout dans le monde sauf en Afrique .Sur le continent l’expansion de cette culture va diminuer et ce modèle s’appliquera à la plupart des denrées alimentaires. Ceci s’explique en grande partie par le fait que l’amélioration de la technologie n’a pas été au rendez-vous  en Afrique subsaharienne contrairement aux autres régions.

Dans l’idéal, a-t-il indiqué, la récolte doit dépasser la croissance démographique or le dilemme actuel est que même si la production alimentaire va augmenter, la croissance démographique  augmentera aussi de 8%  l’an  Cette situation entraînera une malnutrition et de la pauvreté.  Pour M. Thomas la solution  devrait venir d’une utilisation efficace des technologies  pour amplifier la production alimentaire.

Pour  une sécurité alimentaire inclusive Au cours de la même session, une communication faite par Mme Bola Akanji, professeur chargé de recherches, NISER, Ibadan et à l’université de Rhode Island aux Etats-Unis,  a mis l’accent sur l’inclusivité que devrait avoir la sécurité alimentaire en Afrique. La sécurité alimentaire est-elle un objectif de croissance ou s’agit-il  d’un objectif de développement social ?  Ou elle à la fois les deux ? Dans cette approche, Mme Akanji préconise une distanciation par rapport à la stricte notion de sécurité alimentaire pour évoquer la croissance inclusive.  Cette inclusivité devrait surtout se  traduire en terme de genre. Le rôle des femmes dans la sécurité alimentaire (précisément celles s’occupant d’agriculture et présentes sur les marchés) doit être mis en relief. En effet, lorsque le pourcentage des femmes dans le secteur agricole augmente, la sécurité alimentaire augmente. A  l’inverse, lorsque ce pourcentage baisse, la sécurité alimentaire baisse.

D’un autre côté, la variable environnementale  relative à l’amélioration des installations sanitaires, la disponibilité de l’eau, l’accès à la communication des femmes, doit être  intégrée, Par ailleurs, selon Mme Akanji,  s’agissant de l’indice du développement humain, quand celui-ci s’améliore l’insécurité  alimentaire baisse.

Par ailleurs,  pour l’intervenante, les quatre piliers du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) doivent  aussi être pris en compte. Il s’agit de : (i) l’extension des superficies sous gestion durable des terres et systèmes fiables de contrôle de l’eau; (2) l’amélioration des infrastructures rurales et les capacités de commercialisation des marchés;(3) l’accroissement de l’offre alimentaire, la réduction de la famine et l’amélioration des réponses d’urgence aux crises alimentaires et (4)  de l’amélioration de la recherche agronomique ainsi que la diffusion et l’adoption des technologies appropriées; etc

Pour les solutions, l’approche  en terme de genre doit s’appuyer sur  l’inversion de la  déféminisation de l’agriculture (du fait de la privatisation et de la commercialisation des terres). Cela permettra de rendre plus disponibles les aliments. En second lieu, pour l’accès aux aliments, il faut accroître les moyens de subsistance des femmes agricultrices.  Enfin,  concernant l’utilisation des aliments, les capacités des femmes doivent être renforcées. Cela permettra de favoriser la santé des enfants et de leur fournir de la nourriture. Autant d’actions qui contribueront à faire régresser la pauvreté. En conclusion pour Mme  Bola Akanji, lorsque les femmes sont employées la croissance devient inclusive.


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