Alimenter l’Afrique grâce à l’énergie propre: c’est possible

08/06/2011
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L’évolution en faveur de l’énergie propre permettra à l’Afrique de tirer parti des ressources concessionnelles existantes, qui réduisent les coûts et les risques des investissements de ce type, et, dans le même temps, assurent un effet de levier extrêmement précieux pour la mobilisation de ressources du secteur privé.

C’est une idée qui a émergé du séminaire de haut niveau «Doter l’Afrique en énergie: financer l'énergie, développer l'énergie verte et faire face aux changements climatiques», tenu le 8 juin 2011 dans le cadre des Assemblées annuelles 2011 de la Banque africaine de développement (BAD).

C’est notamment le cas du Fonds des technologies propres, doté de 4,3 milliards de dollars, qui devrait permettre de mobiliser au moins quatre fois ce montant en solutions axées sur l’énergie propre, y compris les investissements dans l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et le transport durable.

Néanmoins, étant donné le coût élevé de ces solutions et le déficit de financement existant, c’est à un éventail de sources de financement qu’il faudra recourir durablement pour satisfaire la demande actuelle et future.

Car en Afrique, le coût total moyen de production d’électricité est extrêmement élevé : 0,18 USD par KWh, comparé à un tarif 0,04 USD par KWh en Asie du Sud et 0,07 USD en Asie de l’Est.
Ces coûts exceptionnellement élevés sont essentiellement dus à l’exiguïté de la majorité des réseaux électriques nationaux et à l’utilisation généralisée, pour la production, du diesel, qui est coûteux et polluant.

Mais le coût de production élevé en Afrique n’est qu’un handicap parmi tant d’autres, notamment : l’utilisation insuffisante des budgets alloués à l’investissement dans l’énergie, l’insuffisance de l’entretien, le manque d’efficience et les pertes en distribution; et la tarification de l’électricité en dessous de coût de production, ce qui encourage le gaspillage.

Comme ce fut le cas ailleurs dans les pays développés, les pays en développement devraient miser sur l’énergie hydroélectrique, une technologie bien maitrisée. Certes, les coûts de construction sont élevés, mais les frais d’exploitation restent faibles et en font une énergie accessible.

Des projets hydrauliques à grande échelle doivent aussi se combiner à des projets à petite échelle.

La croissance économique forte réalisée par l’Afrique pendant les dix dernières années et celle qu’elle prévoit pour les années à venir génèreront une augmentation substantielle de la demande d’énergie.

Les abondantes ressources naturelles du continent africain, conjuguées au développement d’instruments de financement innovants liés à l’environnement, rendent le continent à même de résorber sensiblement son déficit énergétique.

Un Fonds vert pour l’Afrique

Avec une croissance prenant appui sur une énergie à faible carbone et propre, l’Afrique suscitera plus que jamais l’intérêt et la participation des bailleurs de fonds et des investisseurs privés, ce qui permettrait de soutenir une croissance forte, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté.

A cette fin, la BAD propose la création d’un fonds spécial, le Fonds vert pour l’Afrique, en tant que mécanisme de financement pour s’attaquer aux besoins de croissance à faible carbone du continent, y compris la mise en valeur de son potentiel d’énergie propre.

Le fonds serait essentiellement financé par les ressources allouées à l’Afrique dans le cadre de l’Accord de Copenhague. L’installation de ce fonds en Afrique ne pourrait que renforcer l’appropriation de ses ressources par les pays africains et la participation africaine au processus de prise de décisions concernant l’utilisation effective des fonds.