Africa CEO Forum : Adesina exhorte l’Afrique à s’intégrer et à diversifier ses exportations pour booster sa croissance

22/03/2016
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Après une décennie de croissance accélérée, l’Afrique montre désormais des signes d’un ralentissement de sa croissance économique. Dans cette conjoncture, à quoi pourraient recourir les entreprises et les pays africains ? Cette question a dominé le premier panel d’Africa CEO Forum 2016 consacré à l’économie « Entre ambition et résilience - Tirer le meilleur parti des situations d’instabilité ».

Prenant la parole à ce panel, le président  de la Banque africaine de développement (BAD) Akinwumi Adesina a souligné que l’Afrique est sur la bonne voie. À son sens, les investissements dans les infrastructures devraient continuer, et il a exhorté le continent à diversifier ses exportations et à s’industrialiser pour être en mesure de transformer ses produits de base.

Pour libérer l’immense potentiel de l’Afrique, l’intégration régionale est essentielle. « Les solutions s’offrant à l’Afrique sont d’ordre interne. Nous n’avons pas besoin de nous tourner vers l’étranger. Nous devons commercer davantage entre nous-mêmes », a souligné Adesina.

Par ailleurs, selon McKinsey & Company, une firme de consultants américaine, les économistes doivent regarder au-delà des indicateurs économiques moyens pour dégager une compréhension juste de la performance économique de l’Afrique. Cependant, quelques tendances valent quand même la peine d’être notées :

Les réformes économiques sont indispensables au renforcement de la résilience. Au cours des dernières années, les pays qui ont mis en œuvre des réformes économiques ont enregistré une croissance de leur PIB de l’ordre de 50 % par rapport à ceux qui ne l’ont pas fait. Les pays qui favorisent les investissements du secteur privé se portent nettement mieux que ceux qui ne le font pas. La transformation, l’industrialisation et l’intégration régionale ont été déterminantes dans la croissance exponentielle des pays performants comme la Côte d’Ivoire.

Les investissements dans l’énergie, les infrastructures et le capital humain seront déterminants dans l’avènement d’une transformation économique durable en Afrique. Avec le taux de croissance actuel de 4,4 %, contre 1,9 % pour l’Europe, l’Afrique demeure une destination stratégique pour les investisseurs du secteur privé.

Le panel a été grandement rehaussé par la participation de personnalités influentes du secteur privé, au nombre desquels Aliko Dangote, fondateur et président du Groupe Dangote, et Jonathan Oppenheimer, directeur de E Oppenheimer & Son Ltd. ; ainsi que par la présence de ministres et de Premiers ministres venant des systèmes économiques du continent qui affichent des performances très élevées.