Le président Adesina redit son engagement à soutenir les jeunes entrepreneurs africains

27/05/2016
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Avec près de 200 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans, le continent africain affiche la population la plus jeune du monde. Et ce chiffre devrait doubler d’ici à 2045.

Si 10 à 12 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail tous les ans, seuls trois millions d’emplois formels sont créés chaque année, selon les données disponibles. De plus, ces jeunes n’ont souvent pas les compétences requises par les employeurs, même si des progrès ont été accomplis ces dernières décennies en ce qui concerne l’accès à l’éducation.

La Banque africaine de développement (BAD) s’efforce de fournir aux jeunes les compétences, l’enseignement et les emplois dont ils ont besoin pour assurer leur avenir.

 « Nous devons nous attaquer de manière urgente au problème du chômage », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD, jeudi 26 mai, lors des Assemblées annuelles 2016 de la Banque africaine de développement. C’était dans le cadre d’un échange informel sur les jeunes en Afrique avec le jeune entrepreneur africain à succès Ashish Thakkar, fondateur du groupe Mara et de la Fondation Mara Foundation.

M. Adesina a répété combien il est nécessaire d’investir dans le développement de compétences pour faciliter la création d’emplois. Il a insisté sur le fait que la Banque avait pris des mesures audacieuses pour transformer le boom démographique des jeunes en Afrique en dividende économique, en élaborant une stratégie pour créer 25 millions d’emplois pour les jeunes Africains et doter 50 millions d’autres des moyens de progresser, dans les dix ans à venir.

Ces programmes, à l'origine axés sur les secteurs prioritaires pour la Banque que sont l’agriculture, l’industrie et les TIC, comprendront un indice de mesure des résultats obtenus en termes d’emploi des jeunes et de politiques de facilitation au niveau national. Ils fourniront aussi des informations sur l’évolution des performances du marché du travail au fil du temps. Ils pourront aussi faire office d’outils pour inciter les décideurs politiques à mener des programmes favorisant l’emploi des jeunes.

« Les compétences et les emplois de demain sont dans le numérique. Le monde change vite », a dit le président Adesina, plaidant en faveur du développement des compétences dans les technologies de l’information et l’agriculture. Avant d’ajouter, appelant à investir davantage dans l’agriculture : « L'avenir des milliardaires de l’Afrique n'est plus dans le pétrole ou le gaz, mais plutôt dans l’agriculture ».

Les millionnaires, comme les milliardaires de l’Afrique ont raison d’investir dans les entrepreneurs africains, a-t-il déclaré, car le continent doit encore créer une masse critique d’entrepreneurs africains pour stimuler l’investissement et créer des emplois. Et d’ajouter que les pays africains devaient de toute urgence créer des opportunités pour les jeunes afin de réduire les risques liés au chômage.

« Dans les États africains, la fragilité est directement liée au chômage ; la croissance inclusive est une urgence », a déclaré le président Adesina.

Il est à craindre que les jeunes chômeurs ne deviennent des cibles faciles pour les groupes terroristes ou les trafiquants d’êtres humains qui leur promettent un Eldorado imaginaire avant de les laisser périr en mer Méditerranée.

Ashish J. Thakkar a commencé en vendant des ordinateurs à petite échelle avant de bâtir au fil des ans un conglomérat panafricain. Il a appelé à un changement des mentalités et à changer de discours : il ne s’agit plus de faire venir la Silicon Valley en Afrique, mais de propulser l’Afrique en Silicon Valley.

L’entrepreneur trentenaire détiendrait aujourd’hui plus de 100 millions de dollars EU d’actifs dans l’immobilier et le tourisme, mais aussi dans les services financiers, les technologies de l’information et de la communication, les énergies renouvelables et l’industrie manufacturière. Il a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires pour faciliter l’entreprenariat des jeunes, et exhorté les banques à prêter davantage aux PME.