Le président Adesina expose le nouveau programme transformateur de la BAD à l’ouverture officielle des Assemblées annuelles à Lusaka

24/05/2016
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 « L'Afrique doit voir grand, accomplir de grandes choses et avancer à grands pas. Ne faisons jamais preuve de manque d’ambitions pour l'Afrique », a déclaré Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), mardi 24 mai 2016, à l´occasion de l´ouverture officielle des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD en Zambie, placées cette année sous le thème « Énergie et changement climatique ».

S’adressant à un public nombreux, comptant des chefs d´État, des ministres, des dirigeants d´entreprises, et des représentants de la société civile et des médias, le président de la BAD a souligné combien la BAD rehausse ses ambitions pour l´Afrique avec ses nouvelles priorités, dites Top 5, en matière de développement : Éclairer l´Afrique et l´alimenter en énergie - Nourrir l´Afrique - Industrialiser l´Afrique - Intégrer l´Afrique - et Améliorer la qualité de vie des Africains -

M. Adesina s’est dit heureux que ces priorités bénéficié du plein soutien de toutes les parties prenantes de l´institution.

Le « New Deal » pour l’énergie en Afrique et l´initiative « Emplois pour les jeunes d´Afrique » doivent être lancés au cours de ces Assemblées, dans la foulée du lancement, le 23 mai, de l´initiative des Dirigeants africains pour la nutrition qui, sous la présidence de l’ex-président du Ghana John Kufuor, , vise à mettre fin à la malnutrition. Cette initiative sera déployée en partenariat avec l´Union africaine/le Nouveau partenariat pour le développement (NEPAD), la fondation Bill et Melinda Gates, la fondation Kofi Annan, l´organisation Big Win Philanthropy, la fondation Dangote et le Programme alimentaire mondial. La BAD entend également lancer un fonds de 3 milliards de dollars EU en soutien aux femmes africaines.

Dans le même ordre d´idée, la BAD a lancé le Partenariat transformateur sur l’énergie en Afrique, un modèle de co-développement audacieux réunissant plusieurs partenaires : l’Union africaine, l’Africa Progress Panel, le NEPAD, l’initiative Power Africa du président Obama, la Banque mondiale, l’initiative Énergie durable pour tous, le Groupe africain des leaders de l’énergie, l’Union européenne, le gouvernement britannique, la Chine, la France, l’Allemagne, les pays scandinaves, le Japon, la Corée, l’Inde, le secteur privé – entre autres.

Comme l’a expliqué M. Adesina, la BAD a décidé de privilégier la nécessité d´éclairer l´Afrique et de l´alimenter en énergie, parce que ce continent est la seule région au monde où l´absence d´électricité est devenue la norme. Plus de 645 millions d´Africains n´ont toujours pas accès à l´électricité, et 700 millions n´ont pas accès à une énergie propre pour cuisiner.

« L´entrave principale à la croissance et au développement de l´Afrique réside dans son manque d´électricité », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « L´Afrique est tout simplement lasse d´être plongée dans l´obscurité. Notre but est clair : l´accès universel à l´énergie en Afrique dans les dix prochaines années. Augmenter de 160 gigawatts la puissance électrique transmise sur le réseau. Raccorder 130 millions de personne au réseau. Raccorder 75 millions de personnes supplémentaires à des sources de courant électrique hors réseau. Et fournir l´accès à de l´énergie de cuisson propre à 150 millions de ménages ».

M. Adesina a également évoqué les réformes institutionnelles que la BAD a engagées en son sein avec son nouveau modèle de développement et de prestation de services, marqué par une restructuration et une décentralisation des opérations au niveau des cinq régions géopolitiques du continent que sont l’Afrique centrale, l’Afrique de l´Est, l’Afrique du Nord, l’Afrique de l´Ouest et l’Afrique australe. Pour appuyer la réalisation des priorités du Top 5, sont également créées des vice-présidences, chargées respectivement de l´électricité, de l´énergie et de la croissance verte ; de l´agriculture et du développement humain et social ; et du secteur privé, des infrastructures et de l´industrialisation. 

« Ces réformes institutionnelles marquantes nous rendront plus réactifs, plus efficaces et plus efficients pour produire de plus forts impacts en terme de développement supérieurs à travers toute l’Afrique. Nous instituerons un nouveau système de contrats de performance et une culture de redevabilité en matière de résultats à l’échelle de la BAD », a-t-il précisé.

M. Adesina a également parlé des économies africaines, soulignant leur résilience et le fait qu´elles ne se sont pas dégradées, contrairement aux perceptions dans certains milieux. L´Afrique doit désormais regarder plus profond en elle-même, afin de puiser les ressources nécessaires au développement d´un continent plus inclusif.

L´Afrique doit se développer avec fierté, a déclaré le président de la BAD, citant le cas du jeune sierra-léonais Kevin Do, très applaudi et qui a suscité des « larmes de sympathie et de joie » de l´assistance, lorsqu´il a été invité à monter sur la scène pour faire part de son sens de l’ingéniosité. À l´âge de 12 ans, M. Do a mis au point des accumulateurs, puis il a construit un groupe électrogène pour son village en utilisant des morceaux de ferraille. Ce qui lui a valu d’être invité au Laboratoire des innovations du MIT (Massachussets Institute of Technology) et de donner des conférences à l´Université de Harvard et au MIT pour exposer l’ingéniosité dont il a fait preuve.

Akinwumi Adesina a remercié les pays membres de la BAD pour leur soutien malgré la conjoncture économique et financière mondiale difficile, les invitant instamment à contribuer généreusement à la 14e opération de reconstitution du Fonds de développement africain (FAD), l’entité de prêts concessionnels du Groupe de la BAD, qui a lieu au cours de l´année.

De son côté, le président tchadien Idriss Déby, qui assure actuellement la présidence de l´Union africaine, a fait état des graves problèmes que doivent surmonter de nombreux pays africains affectés par des sécheresses, des famines et des conflits dus au changement climatique. Il a souligné que ces pays ne pourront surmonter ces difficultés qu´au moyen de mesures concrètes et coordonnées. Il a salué les priorités Top 5 de la BAD, disant espérer qu´aux prochaines Assemblées annuelles, chaque pays d´Afrique pourra rendre compte des résultats positifs qu´il aura dégagés de cette initiative.

Edgar Lungi, président de la Zambie, pays hôte, qui a déclaré les Assemblées ouvertes, s´est félicité du thème de cette année, « Énergie et Changement climatique », notant que ces deux enjeux sont devenus une contrainte incontournable pour la croissance de l´Afrique. Et d’indiquer lui aussi que les enseignements tirés des débats de Lusaka aideront les pays d´Afrique, dont la Zambie, à trouver des solutions aux difficultés économiques et environnementales auxquelles ils sont confrontés.

 « L´Afrique peut devenir un chef de file mondial en matière de résilience face aux changements climatiques et d’émissions à faible taux de carbone, si les politiques nécessaires sont mises en place dès maintenant », a-t-il dit.

Plus de 4 000 participants sont réunis aux Assemblées annuelles 2016 de la BAD, qui sont une pour elle fenêtre sur le monde. Parmi eux, figurent d´éminentes personnalités telles que les présidents Idriss Deby (Tchad) et Paul Kagame (Rwanda). Le Nigeria est représenté par Yemi Osinbajo, son vice-président. Sont également présents à Lusaka les anciens présidents John Kufuor (Ghana), Festus Mogae (Botswana), Horst Köhler (Allemagne) et Mary Robinson (Irlande), aux côtés d´un certain nombre de Premiers ministres et de ministres représentant leurs chefs d´État respectifs. Par ailleurs, trois anciens présidents de la BAD sont également présents : Babacar Ndiaye (Sénégal), Omar Kabbaj (Maroc) et Kwame Donkor Fordwor (Ghana).

Pour plus d’informations sur les Assemblées annuelles, veuillez visiter le site http://www.afdb.org/fr/annual-meetings-2016/

Hashtag officiel : #AfDBAM2016