Le président de la BAD, Adesina suggère un Pacte de l’énergie pour l’Afrique et un accord contraignant à la COP21

10/09/2015
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S’adressant le 6 septembre dernier à Paris à une délégation de ministres représentant plus de 40 pays, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a suggéré la mise en place  d’un nouveau Pacte de l’énergie pour l’Afrique pour résoudre la crise énergétique africaine.

Parmi les personnalités présentes se trouvait  Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, représentant le pays organisateur de la prochaine Conférence sur le Climat de Paris, la COP21, ainsi que Manuel Pulgar Vidal, ministre de l’Environnement du Pérou, Khalid Fahmy, ministre de l’Environnement de l’Égypte et président de la Conférence ministérielle africaine sur l’Environnement, ainsi que des leaders représentant les gouvernements européens, le G7, le G20 et d’autres nations. 

Adesina a également lancé un appel en faveur de la signature d’un accord contraignant visant à limiter les émissions de dioxyde de carbone lors de la prochaine COP21. Il a fait ressortir l’importance de la Conférence sur le climat de Paris.  Celle-ci constituera une occasion unique de dégager un accord durable sur la limitation des émissions de dioxyde de carbone.  La conférence de Paris permettra aussi de préparer la voie à des partenariats transformateurs permettant d’aborder les effets néfastes du changement climatique. Pour y parvenir, a-t-il souligné, le rôle que jouera l’Afrique à la COP21 sera crucial.

« Nous devons soutenir les initiatives visant à contrer les risques liés au changement climatique et à renforcer les capacités d’intervention en cas de catastrophes ainsi que les programmes de relèvement en faveur de ceux qui sont les plus touchés. Ces initiatives comprennent la consolidation de leurs biens, des garanties contre les catastrophes, des régimes d’assurance indexée sur le climat et des assurances couvrant les cultures et le bétail pour les agriculteurs et les populations rurales », a déclaré Adesina.

Le président de la BAD a appelé à une forte volonté politique, à des partenariats très ciblés et à des programmes de financement ambitieux afin qu’il soit possible de relever le défi climatique et son impact sur les millions de personnes dont les moyens de subsistance sont menacés, notamment dans les États de petite taille, les pays fragiles et insulaires,  ainsi que dans la région du Sahel.

Le nouveau président de la BAD a également souligné la nécessité de prendre des actions urgentes dans trois secteurs : la mise en place de systèmes énergétiques intégrés et résilients, couvrant aussi bien l’énergie conventionnelle que l’énergie renouvelable ; l’élaboration de systèmes intelligents pour l’agriculture, l’utilisation des terres et la sylviculture ; et la stimulation du renouvellement urbain, à travers la création de villes plus résilientes, avec des systèmes de distribution d’eau efficaces ainsi que des infrastructures rationalisées et favorables au climat.

Reconnaissant que l’Afrique doit dégager de nouvelles ressources qui lui permettront de s’adapter au changement climatique tout en l’atténuant, Adesina a donné l’assurance aux leaders mondiaux que la Banque soutiendra fortement la transition de l’Afrique vers une croissance inclusive et verte. Il a affirmé que la Banque se fera la championne de la mise en œuvre du principe « pollueur-payeur » et travaillera avec les pays membres et les partenaires pour soutenir les réformes en matière de gouvernance, les mécanismes de transfert des risques et de partage des risques continentaux ainsi que la mise en place d’institutions qui soutiendront une plus grande résilience sociale et économique face aux changements climatiques.

Il a également annoncé que la Banque va augmenter son soutien aux pays africains pour les aider à relever leurs défis en matière d’énergie et de sécurité alimentaire, tout en garantissant la poursuite d’une croissance inclusive et verte. « Ensemble, nous devons mettre fin à la crise énergétique africaine et débloquer le potentiel énergétique énorme de l’Afrique, qu’il s’agisse de l’énergie conventionnelle ou de l’énergie renouvelable », a-t-il dit. « C’est la raison pour laquelle la Banque africaine de développement soutient fermement l’Initiative pour l’énergie renouvelable en Afrique et qu’elle coopérera avec toutes les parties prenantes au lancement d’un nouveau Pacte de l’énergie pour l’Afrique qui accélérera l’approvisionnement énergétique et l’accès à l’énergie à travers le continent ». 

Lors de sa visite à Paris, Adesina a eu des entretiens bilatéraux avec Laurent Fabius, Hélène Le Gal, conseillère du président français, et avec des hauts fonctionnaires de l’Agence française de Développement pour discuter de partenariats stratégiques entre la Banque et la France. Il a également rencontré Khalid Fahmy ainsi que d’autres délégués de la COP21 et du G7 pour discuter de l’Initiative pour l’énergie renouvelable en Afrique et du nouveau Pacte de l’énergie pour l’Afrique de la Banque. Ces derniers lui ont donné l’assurance qu’ils soutiendront la Banque dans son leadership de cette initiative africaine.

La Banque accueillera l’équipe de rédaction de l’Initiative pour l’énergie renouvelable en Afrique à Abidjan le 16 septembre 2015 pour la finalisation du plan d’action de l’Initiative. Les 17 et 18 septembre 2015, Khalid Fahmy assistera à la réunion consultative de haut niveau sur le nouveau Pacte de l’énergie pour l’Afrique convoquée par Adesina à Abidjan.

Discours intégral