Le Président Kaberuka prononce une allocution liminaire à la conférence de Montréal et tient des discussions bilatérales

16/06/2006
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Le Président Kaberuka prononce une allocution liminaire à la conférence de Montréal et tient des discussions bilatérales

Une délégation du Groupe de la Banque, dirigée par le Président Kaberuka, a participé à la Conférence de Montréal, du 4 au 5 juin 2006. La délégation de la BAD était composée de: M. Gabriel NEGATU, M. Roger GAILLARD, Mme Yacine FAL et M. Jacques KABALE. M. François ARSENAULT, Administrateur de la Banque, a également participé à cette mission aux côtés du Président.

Avant la tenue de la Conférence, le Président a eu des entretiens bilatéraux, le dimanche 4 juin 2006, avec les représentants du secteur privé et du gouvernement. Il s’agit notamment de: M.M Sébastien VILDER et John LEMIEUX, partenaires ayant co-parrainé la Conférence de Montréal, M. Jean LAMARRE, Président de SNC-Lavalin, acteur particulièrement actif dans le développement de l'infrastructure en Afrique, et M. Pascal LAMY, directeur général de l'OMC, avec lequel le Président a examiné les progrès accomplis dans la conclusion du cycle actuel de négociations et dans le programme aide pour le développement. Au cours de ce dernier entretien, deux autres questions ont été évoquées, à savoir le rôle des banques régionales dans les processus susmentionnés et l’organisation éventuelle d’une réunion entre l'OMC et les principales institutions africaines (BAD, UA, CEA, NEPAD) sur le commerce et le développement en Afrique.

Le Président a également eu des entretiens bilatéraux avec M. Jean René HALDE, Président de la banque canadienne de développement. Les deux responsables ont examiné des questions d'intérêt commun et évoqué les domaines dans lesquels les deux institutions pourraient établir une coopération.

A la demande des Autorités canadiennes et du Comité d'organisation, le Président Kaberuka a prononcé une allocution liminaire à la séance plénière inaugurale de la Conférence de Montréal. La 12e conférence annuelle, qui a enregistré la participation de plus de 2000 invités, avait pour thème « développement et partenariat: risques et succès ».

Dans son discours liminaire intitulé « saisir les opportunités en matière de partenariat et tirer parti de la prospérité mondiale », M. Kaberuka a relevé le paradoxe de la situation actuelle caractérisée par une prospérité mondiale sans précédente, une pauvreté et une insécurité accrues. Il a souligné la nécessité d’une coopération accrue pour relever ces défis, en indiquant qu’« aucun d'entre nous, riche ou pauvre, puissant ou faible ne peut relever ce défi tout seul - nous ne pouvons le faire à travers un partenariat mettant à contribution un large éventail d'actions humaines ».

Ayant constaté que le plus grand défi de notre temps est la création d'une croissance et d’une prospérité partagées, M. Kaberuka a rappelé aux participants que « pour relever ces défis, il faut renforcer le partenariat mondial entre les gouvernements, le monde des affaires et la société civile ; il faut également des efforts particuliers dans certaines régions exclues du monde, dans le cadre d'une responsabilité mutuelle ». M. Kaberuka a également relevé que nous sommes en droit d'être optimistes et de rejeter les idées du passé qui présentent l'Afrique comme un continent confronté à d’insurmontables défis en matière de développement, en soulignant que « l'Afrique est en train d'amorcer un virage ». Il a reconnu que d’énormes défis restent à relever pour consolider les acquis à travers des réformes économiques soutenues et des transitions politiques et a indiqué que les Africains ont un rôle majeur à jouer pour changer la perception que l’on a du continent. A cet égard, il a indiqué « qu’on ne dira jamais assez qu’il nous incombent à nous, Africains, la responsabilité primordiale d’exécuter notre part du contrat ; d'être un continent pacifique, bien gouverné et compétitif ». En conclusion, le Président a mis en évidence les principaux défis qui restent à relever, à savoir: l’évolution positive des négociations commerciales et la nécessité de mettre en place un cadre pour l'aide au commerce ; la consolidation des acquis dans le domaine de la gouvernance et la promotion d'un climat d'investissement favorable ; la poursuite des progrès vers la réduction du déficit en infrastructure ; le renforcement de l'intégration régionale et le renforcement des compétences et de la formation pour tirer parti de la structure démographique de l'Afrique.

A la suite des exposés présentés par un panel d'éminents dirigeants, le Président Kaberuka a partagé quelques réflexions et des conclusions sur les défis auxquels le continent est confronté en matière de gouvernance et de leadership. Il a indiqué que la qualité du leadership est essentielle à la bonne gouvernance en Afrique, en soulignant cependant que « les institutions sont également importantes - dans la mesure où de bons dirigeants peuvent devenir mauvais en l'absence de contre-pouvoirs institutionnels ».

Rappelant le consensus dégagé sur l'importance du leadership en matière de gouvernance dans le NEPAD et le MAEP, il a relevé que la réforme commence à porter ses fruits.

Il a en outre fait observer que des conflits de longue date commencent à être résolus par des moyens pacifiques et qu’un nombre croissant de PMR adhèrent au MAEP. Toutefois, l'Afrique reste confrontée à nombre de défis et beaucoup de régions du continent doivent encore réaliser des progrès.

Le Président Kaberuka a reconnu que L’Afrique continue de faire face à d’énormes défis tels que la gestion des situations de post-conflit, le renforcement des capacités en vue de la formulation de politiques rationnelles et la mise en place d’institutions politiques capables de faire avancer le continent.

Tout en reconnaissant les défis qui se posent en matière de gouvernance et de leadership, le président a mis en évidence quelques opportunités qui s’offrent dans ce processus. À cet égard, il a souligné que le continent devrait tirer les leçons des expériences récentes et des autres régions.

Concluant son intervention, M. Kaberuka a mis l’accent sur le fait que sans la volonté politique et un leadership responsable tant au plan interne qu’externe, très peu de progrès pourrait être accompli sur le continent.

Dans le cadre de sa visite en Amérique du Nord, le Président Kaberuka a également rencontré l’Ambassadeur Anne Leahy, porte-parole du Gouvernement canadien pour la région des Grands Lacs. Leur entretien a porté sur la stratégie de la Banque pour les Etats fragiles et les pays sortant d'un conflit, en cours de préparation à la Banque. La rencontre a également permis d'examiner les progrès accomplis sous les auspices du Représentant spécial de l'ONU pour la région des Grands Lacs et dans le cadre de la déclaration de Dar es Salaam et le rôle éventuel de la Banque dans ce processus.

A Montréal, le Président a participé à une réunion consacrée à l’examen des différents programmes de formation offerts par le HEC, actuellement en cours à la Banque, et à la définition des priorités et des stratégies de formation à venir de la Banque. Il a également eu des entretiens bilatéraux avec Mme Gagnon-Tremblay, Ministre des relations internationales du Québec. Les deux responsables ont notamment examiné les possibilités pour le Québec de mieux participer aux activités de la Banque et pour les PMR d'utiliser efficacement l'expertise et le savoir-faire du Québec dans plusieurs secteurs par le biais de la Banque.

À l'invitation du gouvernement des États-Unis, le Président Kaberuka a participé le 6 juin à Washington DC, aux côtés des ministres africains du Commerce et des Finances, au Forum de coopération commerciale et économique des États-Unis pour l'Afrique subsaharienne (Forum-Agoa). Lors de sa mission à Washington, le Président était accompagné de M. Gabriel NEGATU.

Projet de système de câbles sous-marins de l'Afrique de l'Est (EASSY)

Le 7 juin 2006, M. Kaberuka a co-présidé avec M. Gobin NANKANI, Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique, une réunion du projet EASSY à la Banque mondiale. Ont pris part à cette rencontre plusieurs ministres africains des télécommunications, les représentants du secteur privé qui participent à la mise en place de câbles, et des partenaires bilatéraux. Dans son intervention préliminaire, M. Kaberuka a considéré ce projet IT comme une opportunité rare qui fournit à l'Afrique les outils nécessaires qui lui permettront de donner un coup de fouet au processus de développement. Il s’est joint à M. NANKANI pour exprimer son désir de voir la mise en oeuvre totale du projet et a promis aux ministres africains l'engagement des deux institutions à être des intermédiaires honnêtes entre les PMR et les partenaires privés.

Dans leur réaction, les ministres africains ont largement partagé les vues exprimées par la Banque sur les principaux points abordés et convenu de la nécessité de gérer le projet sur une base commerciale, mais également de veiller à ce qu'il soit mis en oeuvre dans l'intérêt public - pour aider les pauvres à améliorer leurs conditions de vie. Les principales questions qui restent à résoudre entre les gouvernements/pays participants et les opérateurs du secteur privé sont: les options pour les modalités de financement concernant les parties restantes des projets ; l'option et la nature de l'organisation interne et le véhicule tout terrain requis pour la gestion du projet. Au niveau opérationnel, les PMR ont besoin d'un soutien accru pour assurer la connectivité à l'intérieur des pays et entre les pays - opérations moins lucratives que la connectivité le long des côtes. La réunion a convenu de la nécessité de trouver un équilibre entre toutes les parties prenantes. Les ministres africains se réuniront à Nairobi avec les opérateurs privés en juillet 2006 pour tenir des discussions franches et définir les détails du projet. Clôturant la séance, M. Kaberuka a exhorté les ministres africains à éviter de faire de la question du partenariat public-privé un problème majeur. Il les a invités à informer la Banque du type de partenariat et d'équilibre dont ils ont besoin et les a rassurés que les banques sont prêtes à respecter les conclusions auxquelles ils aboutiront à l'issue de la réunion de Nairobi.

SOMMET AGOA SUR L'INVESTISSEMENT: Transformer l'Afrique grâce aux investissements

Table ronde: Stratégie pour l’accroissement des capitaux privés et des portefeuilles d’investissement en Afrique

Suite à une demande des organisateurs du sommet AGOA sur l'investissement, M. Kaberuka a co-présidé la table ronde portant sur le thème susmentionné avec M. Paul Wolfowitz, Président de la Banque mondiale. Parmi les intervenants à cette table ronde, figuraient notamment le Secrétaire général du COMESA et les gestionnaires des fonds privés. Les discussions en groupe ont permis de mettre en relief les efforts déployés par l'Afrique pour attirer les investissements privés et ont souligné la nécessité d’engager d’autres réformes et de poursuivre le processus de réformes en cours. Les participants ont également examiné les opportunités et les défis auxquels sont confrontés les gestionnaires de fonds en Afrique et ont préconisé l’amélioration du flux d'informations à l'intention des investisseurs potentiels dans le continent.

Le Président Kaberuka a prononcé une allocution liminaire au sommet AGOA sur l'investissement

Le 7 juin 2006, le Président Kaberuka a prononcé une allocution liminaire au déjeuner offert à l'occasion du sommet AGOA sur l'investissement. Le Président a été rejoint sur le podium par l'Ambassadeur Susan Schwab, représentant accrédité du secteur commercial ; M. Mpho Malie, ministre du Commerce et de l'Industrie du Lesotho et M. Luc Atangana, ministre du Commerce du Cameroun. Dans son allocution, le Président a rappelé aux PMR régionaux que « pour être compétitif, l'Afrique doit régler le problème de la crédibilité – nous devons combler le fossé entre la politique et la pratique ». Il a ensuite souligné la nécessité de renforcer les institutions en vue de créer un climat favorable aux affaires/à l'investissement, avant d’ajouter que la corruption doit être combattue. Encourageant les pays africains à maintenir le cap, M. Kaberuka a déclaré que même lorsque vous avez entrepris toutes les réformes nécessaires, l’investissement privé sera toujours lent à venir. Encourageant la communauté des investisseurs à considérer l'Afrique comme une destination sûre pour les investissements, M. Kaberuka a rappelé que « des investissements considérables affluent en Afrique subsaharienne en provenance d’Inde, de Chine, de certains pays européens et d'Afrique du Sud. Les acteurs concernés sont tous des investisseurs prudents qui étudient soigneusement les risques d'investissement en Afrique. Si le climat des affaires, le niveau des risques et le retour sur investissement en Afrique sont suffisamment intéressants pour ces pays, ils doivent également l’être pour vous ». M. Kaberuka a conclu son intervention liminaire en promettant l'engagement continu de la BAD pour l'amélioration du climat des investissements par les PMR, et a exhorté les PMR à s’efforcer de combler le déficit de crédibilité en Afrique.

Lors de sa visite à Washington DC, le Président Kaberuka a tenu des consultations bilatérales avec plusieurs ministres africains du Commerce et des Finances sur des questions concernant le commerce et la coopération économique. Il a également eu des entretiens avec les représentants des institutions soeurs et du secteur privé qui mènent des activités dans le continent. Il a accordé une interview à AllAfrica, une chaîne de diffusion basée à Washington et dont les programmes portent essentiellement sur l'Afrique.