Le président Kagame déclare officiellement ouvertes les Assemblées annuelles de la BAD, saluant les efforts de la Banque en faveur du développement de l’Afrique

22/05/2014
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Dans son allocution d’ouverture des Assemblées annuelles 2014 de la Banque africaine de développement (BAD), prononcée jeudi 22 mai, à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a salué la contribution colossale de la BAD en faveur du développement de l’Afrique. 

« En tant qu’institution internationale, la Banque africaine de développement constitue un trait d’union essentiel entre l’Afrique et le reste du monde. Elle concentre ses efforts sur les  priorités économiques spécifiques à l’Afrique, tout en parlant une langue que tout le monde comprend », a déclaré Paul Kagame.

De l’avis du président rwandais, la BAD constitue un modèle de réussite en matière de coopération entre l’Afrique et les pays développés, en ce sens qu’elle se fonde sur un respect et un bénéfice mutuels.

Et de saluer également le travail remarquable qu’a accompli le président de la BAD, le Rwandais Donald Kaberuka, déclarant qu’il fait la fierté du Rwanda et de l’Afrique.

Donald Kaberuka, dont le mandat, qui aura duré 10 ans, arrive à terme l’an prochain, avait affirmé un peu plus tôt qu’il faut combler l’écart entre les diagnostics posés et les solutions concrètes apportées en faveur du développement de l’Afrique.

Donald Kaberuka a cité, entre autres obstacles entravant le développement de l’Afrique, l’exemple de la libre circulation des biens et des services. « Trouvez-vous normal que les étrangers puissent circuler plus librement que les Africains en Afrique ? » a-t-il demandé, rendant hommage aux initiatives audacieuses qu’ont adoptées les autorités de l’Afrique de l’Est en matière de libre circulation. L’ouverture des frontières africaines à leurs propres ressortissants n’a pas seulement à voir avec « notre africanité », a-t-il ajouté, mais plutôt avec l’objectif « [d’]agrandir le marché domestique africain, plate-forme indispensable à la prospérité et à une croissance économique plus forte ».

Face à la crainte que la libre circulation n’entraîne une recrudescence de la criminalité et de la violence, et l’arrivée massive de migrants, le président de la BAD a rétorqué qu’il s’agissait là de problèmes qui pouvaient être surmontés. Ainsi du Rwanda, qui a permis aux Africains d’entrer dans le pays et d’en sortir librement, sans rencontrer de difficultés.

Quant aux performances économiques de l’Afrique, il a souligné que, bien que le continent ait su résister aux  chocs extérieurs, telle que la crise financière de 2009, les problèmes structurels de certaines économies africaines devaient encore être résolus. Et d’ajouter que, au-delà de la seule croissance économique, l’Afrique requiert d’être transformée en profondeur pour consolider ses avancées et, partant, réduire sa vulnérabilité aux chocs exogènes au minimum.

Il a souligné l’importance de la discipline macro-économique et la nécessité de préserver les réformes économiques. Donald Kaberuka a conseillé « d’emprunter prudemment, d’investir intelligemment et de développer une capacité de gestion de la dette ».

Entre autres personnalités présentes à l’inauguration officielle des Assemblées annuelles de la Banque, figuraient Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie et actuel président de l’Union africaine, ainsi que le président  d’Ouganda, Yoweri Museveni et le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, aux côtés du vice-président du Kenya, William Ruto.

Près de 3 000 personnes se sont donné rendez-vous aux Assemblées annuelles de la Banque, qui se déroulent du 19 au 23 mai 2014, sur le thème « les 50 années à venir, l’Afrique que nous voulons », parmi lesquels des ministres, des représentants d’institutions financières de développement, des chercheurs, des représentants de la société civile et des journalistes.