Paul Kagame : « L’agriculture, pierre angulaire de la transformation économique de l'Afrique »

28/05/2013
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Présent aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), à Marrakech, le président rwandais Paul Kagame a souligné le rôle capital de l’agriculture dans le processus de transformation économique de l’Afrique : « L’agriculture demeure la pierre angulaire de la transformation économique de l'Afrique. Les exemples sont nombreux, où elle a contribué de façon décisive à la croissance, comme en Éthiopie, en Ouganda, au Ghana et dans mon propre pays, le Rwanda », a-t-il déclaré le 28 mai, à l’occasion de l'ouverture du séminaire de haut niveau du Groupe de la BAD.

Toutefois, pour se muer en véritable facteur de transformation, l’agriculture doit être appréhendée comme une activité commerciale, non plus comme une activité de simple subsistance.

Le président Kagame a, par ailleurs, précisé qu’au vu de l’urbanisation en plein essor, la demande alimentaire allait doubler au cours des dix prochaines années. D’où la nécessité de remédier à la situation actuelle, où seulement 5 % des céréales importées par les pays africains sont issues d’Afrique, soit d’échanges intracontinentaux.

« Il existe, par conséquent, un vaste marché. Le potentiel d’augmentation de la productivité, de création d'emplois et d’augmentation des revenus est bien là. Mais faire de l’agriculture un business, exige de se moderniser, d’investir dans les technologies et la recherche, de mener des réformes tant sur le plan foncier que sur celui de la gestion de l'eau et des terres agricoles, et enfin de développer les infrastructures de transport afin de faciliter une meilleure distribution et le commerce », a-t-il ajouté.

Mettant l’accent sur « la transformation structurelle de l’Afrique », thème central des Assemblées annuelles 2013 de la BAD, les séminaires de haut niveau réunissent les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales, ainsi que des experts financiers des secteurs public et privé, afin d’étudier les défis de développement auxquels est confronté le continent.

Cette année, les débats au programme des Assemblées ont pour thèmes principaux – entre autres – la croissance verte et inclusive, les infrastructures, l'intégration régionale, la gouvernance, le secteur privé et les technologies.

Le président Kagame a plaidé en faveur d’un développement adapté aux besoins locaux, qui a démontré que les programmes de développement ont un impact positif sur la réduction de la pauvreté.

Il a également souligné la nécessité d’adopter des stratégies à long-terme en faveur de l’industrialisation et de la fabrication, particulièrement dans les pays qui développeront une production locale à valeur ajoutée, appelant à tirer profit du dividende démographique du continent.

« L’Afrique a une population très jeune : plus des deux tiers des Africains ont moins de 25 ans, et plus de 200 millions de ces jeunes ont entre 15 et 24 ans. Dans vingt ans, la population active africaine sera la plus importante au monde, d’après les estimations », a déclaré Paul Kagame.

S’exprimant un peu plus tôt, Donald Kabéruka, président de la BAD, avait expliqué que les séminaires de haut niveau avaient pris de l’importance au fil des années, jusqu’à s’ériger en un cadre de formulation des questions de fond abordées lors des Assemblées annuelles du Groupe.

Le président Kabéruka a vivement appelé l'Afrique à consolider les acquis récents, ajoutant que les séminaires étaient l’occasion idéale d'explorer ce qu’il faut faire pour consolider les réalisations de ces dix dernières années, et aller plus avant. « Or nous pouvons identifier les grandes tendances, autour desquelles bâtir des scénarios », a-t-il affirmé.

Il a évoqué ces tendances majeures, susceptibles de marquer profondément le paysage socio-économique de l’Afrique, et à partir desquelles le programme de transformation du continent pourrait être articulé. Six problématiques ont ainsi été retenues : la façon dont l’Afrique trouvera sa place sur le nouvel échiquier économique mondial dispersé ; l’atout démographique du continent ; l’expansion des villes africaines ; le développement rapide des technologies ; l'atténuation des effets du changement climatique, et les abondantes ressources naturelles du continent.

D’éminentes personnalités ont pris part à la session, parmi lesquelles l’ancien président du Botswana, Festus Moghae, et le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan.