Favoriser l’égalité des genres pour le développement : Rapport sur le développement dans le monde 2012

11/10/2011
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En collaboration avec la Banque africaine de développement, la Banque mondiale a organisé à Tunis, le 10 octobre 2011, un séminaire pour lancer le rapport phare de la Banque mondiale : Rapport sur le développement dans le monde 2012 - égalité de genre et développement. Le séminaire a également fourni un cadre de consultations sur un autre rapport consacré à l’égalité de genre en Afrique ainsi qu’aux spécificités de la région Afrique du nord et Moyen-Orient dans ce domaine.

Le rapport sur le développement dans le monde rappelle que l’égalité entre hommes et femmes est un objectif de développement fondamental en soi. Elle est aussi un atout pour l’économie. Les pays qui favorisent cette égalité hommes-femmes améliorent la situation des femmes, augmentent leur productivité, relèvent les conditions de vie de leurs enfants, rendent leurs institutions plus représentatives et renforcent les perspectives de développement pour tous.

Le rapport décrit les progrès accomplis pour la réduction des inégalités entre hommes et femmes. Il montre que des disparités persistent dans de nombreux domaines. Quatre sont décrits comme prioritaires :

  • le secteur de la santé, car la mortalité féminine supérieure à la mortalité masculine,
  • le secteur de l’éducation,
  • les grilles de rémunération et la productivité des femmes et des hommes,
  • les statuts respectifs de l’homme et de la femme au sein du ménage et dans la société.

En Tunisie par exemple, le taux d’inscription scolaire filles/garçons est proche de 100 pour cent, et davantage de jeunes femmes sont inscrites dans l’enseignement supérieur. Les améliorations dans le secteur de la santé sont tout aussi notables et portent leurs fruits.

Pour sa part, le rapport régional sur la question genre et développement indique que, pour aboutir à l’égalité de genre en Afrique du nord et Moyen-Orient, des efforts significatifs sont nécessaires dans la création d’emplois, la promotion de l’égalité au niveau légal ainsi que des mesures concrètes afin de casser les stéréotypes liés au genre. En 2009, seulement 27 pour cent de la main d’œuvre était féminine en Tunisie.

“Dans la région, la Tunisie est connue comme chef de file en matière d’égalité de genre, et c’est quelque chose que nous voyons au quotidien : dans la rue, dans les administrations, dans une multitude de secteurs tels que l’éducation, la santé ou le privé. Cependant, la transition en cours a démontré que les femmes ne prennent pas l’existant pour acquis, et elles continuent de se battre pour maintenir leurs droits”, a affirmé Eileen Murray, représentante résidente de la Banque mondiale à Tunis.

Agnès Soucat, directrice du département Développement humain à la Banque africaine de développement, a rendu hommage à la femme tunisienne  et souligné l’importance de son rôle pendant la révolution : « Ayant voulu concilier modernisation et tradition, la Tunisie lutte depuis des décennies pour maintenir l'égalité de genre. Cette force féminine s'est encore manifestée pendant la Révolution du 14 janvier, qui était aussi la révolution de la femme arabe. Le défi actuel est de maintenir les politiques en faveur de la femme post-révolution et de mettre en œuvre les pratiques en faveur de la femme dans la nouvelle ère  dans laquelle va entrer la Tunisie.

Pour assurer la poursuite du progrès, la communauté internationale doit compléter les efforts nationaux dans chacun de ces quatre domaines d'action prioritaires. Elle peut aussi soutenir la poursuite des interventions publiques basées sur des éléments concrets, en appuyant les efforts visant à améliorer les données, à évaluer l’impact des interventions et à encourager la formation. 

Le rapport recommande aux responsables de l'action publique de s’attaquer aux disparités les plus tenaces entre les genres, qui ne peuvent être éliminées que  par une hausse des revenus. La réduction des inégalités entre les hommes et les femmes permet des progrès  importants dans le développement.

Ana Revenga, directrice à la Banque mondiale a précisé pour sa part : « Aujourd’hui, à cause de la mondialisation, les pays qui s’emploient à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, en particulier dans l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur et la vie économique, auront un avantage manifeste sur ceux qui tardent à agir dans ce domaine. »

Contact:

Banque mondiale : Donia Jemail