Promouvoir l’infrastructure de transport en Afrique

30/10/2006
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Selon Repères N° 21, une publication de l’OCDE dérivée des Perspectives économiques africaines 2005-2006 (une publication conjointe Bad/OCDE), la faiblesse actuelle de l’infrastructure de transport en Afrique est frappante par rapport aux autres régions en développement. L’Afrique subsaharienne ne représente que 3 % du transport par rail de l’ensemble des pays en développement alors qu’elle abrite 17 % de la population de ces pays et représente 7 % de leur PIB. Un cinquième seulement de son réseau routier est bitumé, contre plus d’un quart en Amérique latine et plus de deux cinquièmes en Asie du Sud.

Les routes, les chemins de fer, les aéroports, les ports et l’espace aérien des pays africains souffrent de multiples maux, qui vont d’une planification inadéquate à une gestion inopérante en passant par l’absence de sécurité et d’entretien et par des réglementations obsolètes. Résultat, les infrastructures sont dans un état déplorable et les services de transport coûteux et médiocres, de sorte que de nombreux habitants – notamment les plus pauvres parmi les pauvres – sont littéralement confinés chez eux. Cette situation interdit en outre aux pays africains de tirer tout le parti d’une intégration dans l’économie mondiale, et d’immenses obstacles gênent encore l’instauration d’un maillage entre états et provinces au sein d’un même pays, ainsi qu’entre nations d’une même région, ajoute l’édition 2006 des Perspectives économiques en Afrique.

Or les estimations font état d’une progression de l’activité économique en Afrique proche de 5 pour cent en 2005. Cette tendance devrait se maintenir, en 2006 et 2007, à respectivement 5.8 et 5.5 pour cent.

Pour la plupart des pays africains, l’avenir semble plus favorable qu’il ne l’a été depuis longtemps. Cette embellie économique est imputable à une expansion mondiale persistante – qui va de pair avec une demande soutenue de pétrole et d’autres matières premières industrielles bénéficiant de cours plus élevés ; à une augmentation significative de l’APD (aide publique au développement) à l’Afrique, en grande partie grâce aux allégements de dette et à l’aide d’urgence ; et à l’amélioration de la stabilité macro-économique. De plus, la croissance est dopée par l’augmentation de la production de pétrole en Afrique australe et centrale et par un certain recul de l’insécurité. L’inflation se maintient à des étiages historiques, malgré la flambée des cours du pétrole. La balance commerciale s’est améliorée dans de nombreux pays, les exportateurs de pétrole et de minerais métalliques enregistrant les progressions les plus importantes, tandis que certains pays ont vu au contraire la facture de leurs importations s’alourdir, et les cours de plusieurs produits agricoles (le cacao et le coton notamment) se replier.

En net déclin pendant une large période de la dernière décennie, le niveau de l’aide remonte depuis quelques années ; l’Afrique en est le premier continent bénéficiaire.

Une équipe représentant l’économiste en chef de la Banque africaine de développement (Beejaye Kokil, division des statistiques économiques et sociales) et Audrey Verdier-Chouchane (économiste de recherche) a débattu de toutes ces questions lors d’une conférence à Bamako, Mali, le 27 octobre qui a porté sur les Perspectives économiques en Afrique et la promotion des infrastructures de transport.


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Chawki Chahed Téléphone: +216 71 10 27 02