L’intégration régionale, moteur de la croissance inclusive en Afrique selon des experts

28/10/2013
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L’intégration régionale reste le moteur de la croissance inclusive en Afrique, ont soutenu les panelistes de la session sur "dynamiser l’intégration régionale pour une croissance inclusive et durable en Afrique’’, organise lundi à Johannesburg dans le cadre de la 8 ème Conférence économique africaine.

La faiblesse du commerce intra régional, le déficit en infrastructures de qualité et l’inexistence d’une main d’œuvre qualifiée figurent parmi les obstacles mis en exergue par les panelistes pour expliquer les difficultés du continent à accélérer son intégration.

L’Afrique dispose d’un vaste marché de toutes sortes de produits mais peine encore à mettre à profit cette opportunité pour consolider sa croissance au profit de ses populations, ont déploré les panelistes.

M Abebe Shimeles, chef de Division a la Banque africaine de développement (BAD) a surtout insisté sur le développement des infrastructures en Afrique, préalable, selon lui, à une parfaite intégration du continent.

De nombreux producteurs agricoles africains, a  indiqué M Shimeles, peinent encore à écouler leurs produits du fait du manque criard de routes pour accéder aux marchés sous- régionaux.
Cette situation a-t-il estimé, accentue l’exclusion et la pauvreté au sein des différentes couches sociales.

Intervenant lors de la plénière, Mme Paulina Elago, Directeur pays TradeMark (Tanzanie) a surtout insisté de son côté sur  la problématique de la mobilité de la main d’œuvre qualifiée pour dire que cette difficulté influe négativement sur l’accélération de l‘intégration régionale du continent.

« L’Afrique de l’Est connait ces dernières années une croissance économique rapide impactant sur son intégration, mais reste confrontée au problème de la mobilité de ses cadres et ouvriers de talents » se désole Mme. Elago.

Elle a salué à cet effet l’exemple du Rwanda qui a « fait des efforts pour attirer des compétences d’autres pays d’Afrique de l’Est pour booster divers secteurs de son économie ».

Prenant le cas de l’enseignement de la langue Swahili, elle a indiqué que les pays d’Afrique de l’Est notamment le Burundi et le Rwanda pourraient faire recours aux cohortes d’enseignants tanzaniens pour développer cette langue dans leurs systèmes éducatifs.

L’intégration monétaire et douanière réussie dans la zone monétaire ouest-africaine a été saluée par les panelistes.

M.  Jean Gustave Sanon, Conseiller technique de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) a reconnu que l’intégration économique réussie des huit pays ouest- africains regroupant cette organisation ne cache pas toutefois la faiblesse de la croissance économique qui connait d’année en année, une évolution erratique du fait surtout des fluctuations des cours mondiaux et des troubles sociaux politiques qui surviennent fréquemment dans cette partie du continent.

M. Delphin Rwegasira, professeur à l’Université de Dar es-Salam (Tanzanie) est d’avis que l’intégration économique et monétaire en Afrique de l’Ouest peut bien servir d’exemple, mais il invite toutefois à la prudence s’agissant de la création d’une monnaie unique.

Il ne faut surtout pas que nos Etats se précipitent pour créer une monnaie unique, l’exemple de l’Europe est édifiant à ce  sujet, a averti le Pr Rwagasira. Il a ainsi souligné que les pays africains doivent avant tout s’atteler à respecter les critères de convergence économiques définies dans les différentes zones monétaires.

Organisée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La Conférence économique africaine se tient jusqu’au 30 octobre.

Elle réunit des chefs d’État et des experts des affaires et du développement du monde entier pour débattre de l’intégration régionale en Afrique et de son rôle dans le renforcement de la croissance économique et du bien-être des populations du continent.

La conférence sera l’occasion de se pencher sur les efforts  déployés dans différents secteurs et domaines, tels que la finance, le transport routier, les pools énergétiques, la gestion des ressources en eau, la convergence fiscale et la mobilité des travailleurs.