L’intégration régionale, clé du développement du Sud-Soudan

09/10/2013
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En juillet 2011, le Sud-Soudan est devenu le plus jeune pays du monde, après un référendum sur l’indépendance longuement attendu. Avec le soutien de divers responsables de la société civile, d’organisations nationales et internationales à but non lucratif, mais aussi de la mission de maintien de la paix des Nations Unies, le Sud-Soudan est en train de se reconstruire et de mettre en place ses institutions.

Une nouvelle étude de la Banque africaine de développement (BAD), intitulée « South Sudan: A Study on Competitiveness and Cross Border Trade With Neighbouring Countries », se penche sur l’importance de l’intégration régionale du Sud-Soudan, l’un des pays enclavés du continent africain. Ses partenaires commerciaux régionaux actuels et à venir sont notamment le Soudan, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Kenya et, dans une certaine mesure, la République démocratique du Congo (RDC) et la République centrafricaine. Fort d’une économie ouverte, d’une société axée sur la consommation et d’un potentiel à diversifier ses biens et ses services, le Sud-Soudan a vocation à devenir un acteur incontournable du commerce extérieur de la région.

Dans le contexte actuel, cependant, les relations avec son voisin du Nord, le Soudan, demeurent tendues. Le commerce des biens, le partage du pétrole ainsi que le partage de l’ensemble des ressources ont brusquement pris fin lorsque les Sud-Soudanais ont voté leur indépendance vis-vis du Nord.

Alors que le pays peine à se relever dans cette indépendance nouvellement acquise, il devient encore plus crucial pour lui de se rapprocher de ses autres voisins sur le plan du commerce et du mouvement des biens.

L’intégration étant largement liée à la volonté des États souverains indépendants de partager leur souveraineté et de se faire confiance, la normalisation des relations avec ses voisins est un facteur d’évolution du Sud-Soudan.

L’intégration régionale dépend également des efforts que fera le pays pour améliorer ses infrastructures physiques en vue de relever sa compétitivité, de résoudre d’autres problèmes comme l’insécurité et la criminalité dans les principaux couloirs de transport routier, de simplifier un système d’imposition complexe, de renforcer les institutions et les systèmes de réglementation liés au commerce ainsi que de faire respecter et appliquer l’État de droit.

L’application de l’État de droit par la coopération régionale est la clé de la paix et de la stabilité, une condition préalable à tout type de développement. Étant donné que ni les causes ni les conséquences des conflits violents ne sont limitées par les frontières nationales, on s’accorde généralement à dire qu’une approche régionale est indispensable pour assurer efficacement une sécurité globale. Ce n’est qu’à cette condition que l’intégration régionale pourra contribuer au développement économique.

A l’heure actuelle, le gouvernement sud-soudanais et ses partenaires du développement sont déterminés à corriger le déséquilibre commercial du pays en diversifiant l’économie et la rendant moins dépendante du pétrole, qui représente environ 90 % des exportations et 98 % des recettes publiques. Le gouvernement entend se concentrer principalement sur l’agriculture, l’exploitation minière et les services pour en faire les nouveaux moteurs de la croissance, afin que le Sud-Soudan devienne l’un des exportateurs les plus dynamiques et les plus diversifiés de la région.

Pour mesurer la compétitivité du Sud-Soudan à l’exportation, il est nécessaire de comprendre en premier lieu les éléments de la compétitivité globale du pays et de déterminer la façon dont il peut contribuer à la croissance et aux performances du secteur de l’exportation. C’est pourquoi le rapport de la BAD évalue les « piliers » indispensables à la création d’un environnement concurrentiel sain au Sud-Soudan et identifie les facteurs qui favoriseront la capacité du secteur privé à produire et à fournir des biens et des services de qualité sur les marchés étrangers à des prix qui garantiront une viabilité économique à long terme et le développement durable du pays.