L’intégration régionale, solution pour booster la production de l’industrie en Afrique

30/10/2013
Share |

L’intégration régionale demeure l’une des solutions pour booster la production de l’industrie manufacturière en Afrique, se sont accordés à reconnaitre les participants au panel sur « Compétitivité et intégration commerciale », organisé mardi au deuxième jour de la 8 ème conférence économique africaine (CEA) qui se tient à Johannesburg.

Introduisant une communication intitulée « L’incidence du commerce Nord- Sud et du commerce Sud –Sud sur l’industrialisation en Afrique », lors de ce panel, M.Henri Atangana Onda, chercheur à l’Université Yaoundé II au Cameroun, a indiqué que les pays africains disposent d’un avantage comparatif en ce qui concerne le facteur travail.

Si de 1980 à 2009, la contribution des industries manufacturières au Produit intérieur brut (PIB) a légèrement augmenté en Afrique du Nord, passant de 12,6 à 13,6 %, elle a régressé de façon considérable dans le reste du continent, où elle est passée de 16,6 à 12,7 %  a expliqué le conférencier se basant sur des données de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) de 2013.

La libéralisation du commerce a exposé les industries locales des pays africains à une concurrence à laquelle elles étaient mal préparées.

En conséquence, de vastes pans du secteur manufacturier ont disparu  ces vingt dernières années en Afrique. Cette libéralisation était prématurée dans ces pays compte tenu de leur niveau de développement.

Evoquant les difficultés auxquelles est confrontée l’industrialisation en Afrique, le conférencier note, se référant à une analyse faite  par la Banque africaine de développement (BAD), que la contre-performance des industries s’explique par  notamment le manque d’infrastructure, le déficit énergétique, la mauvaise gouvernance et la concurrence féroce des produits importés des pays émergents comme la Chine.

Le commerce avec les pays asiatiques cause la désindustrialisation dans certains pays africains. Le marché étant inondé de produits manufacturiers de mauvaise qualité.

Le conférencier a également souligné que le commerce sud-sud peut aussi, dans certains cas, être source de désindustrialisation pour certains pays du continent.

Il a cité les exemples de l’Afrique du Sud et du Nigeria, deux « géants économiques » qui peuvent dérégler le secteur manufacturier des pays de leurs zones, si des mécanismes de régulation ne sont pas mis en place par les dirigeants des communautés économiques régionales (CER).

La session a aussi enregistré les communications de M. Hopestone Chavuda, responsable des affaires économiques à la Commission économique pour l’Afrique (CEA) qui a traité du thème « Politiques commerciales, structure de marché et performance du secteur manufacturier au Malawi, de 1967 à 2002 ».

Le troisième sujet du panel a été introduit par Joseph Parfait Owoundi et porte sur « Compétitivité et intégration commerciale des pays de la CEMAC : Avantages comparatifs et contribution au solde commercial ».

Le panel était présidé par  M. Witness Simbanegabi, directeur de recherche au Consortium africain de recherche économique.

Organisée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Conférence économique africaine, se tient jusqu’au 30 octobre.

Elle réunit des chefs d’État et des experts des affaires et du développement du monde entier pour débattre de l’intégration régionale en Afrique et de son rôle dans le renforcement de la croissance économique et du bien-être des populations du continent.

La conférence sera l’occasion de se pencher sur les efforts qui sont déployés dans différents secteurs et domaines, tels que la finance, le transport routier, les pools énergétiques, la gestion des ressources en eau, la convergence fiscale et la mobilité des travailleurs.