RDC : Pleins feux à Kinshasa sur la croissance verte en Afrique

15/04/2014
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Du 31 mars au 3 avril 2014, s’est tenu, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, un forum régional, destiné à poursuivre un dialogue coordonné sur les opportunités en matière de croissance verte en Afrique. Y étaient présents de nombreux membres du personnel de la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que les représentants de différents gouvernements d’Afrique, d’organismes de développement, des membres de la société civile et d’institutions universitaires. L’objectif de cette rencontre sur quatre jours : partager connaissances et expériences, autour des stratégies et des enjeux relatifs à la croissance verte en Afrique.

Dans son allocution d’ouverture, Valentin Zongo, représentant résident de la BAD en RDC, a souligné combien l’intensité de carbone émise par l'Afrique était faible, à ce jour. Et d’ajouter que le continent africain est en droit de se développer – un droit qui passe nécessairement par le développement énergétique. Or ce droit au développement doit tenir compte de la gestion des aléas climatiques, des changements démographiques et de la demande croissante en ressources naturelles. Aussi faut-il identifier les opportunités à même de répondre aux nouveaux besoins en énergie, tout en gagnant en efficacité et en s’assurant de la pérennité de la trajectoire de développement.

La première journée de cette rencontre a été consacrée à la revue des progrès enregistrés en Afrique en termes de stratégies de développement à faible émission de carbone (en anglais “Low emission development strategies”, LEDS).

Le partenariat mondial LEDS, qui a organisé les activités de cette journée, est constitué en un réseau international de professionnels et d'experts, qui travaillent à identifier des trajectoires de développement efficaces, à même d’atteindre les objectifs de développement tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Après la mise en place de réseaux régionaux multipartites en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, la portée d'un tel partenariat en Afrique est à l’étude.

Après cette session sur le partenariat LEDS en Afrique, s’est ouvert un atelier de deux jours, organisé par la Banque mondiale et placé sous l’égide du Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon. Ces deux jours ont été consacrés à la Plateforme de connaissances sur la croissance verte (en anglais “Green Growth Knowledge Platform”, GGKP). Le ministre de l'Environnement de la RDC, Bavon N’Sa Mputu Elima, a prononcé le discours d’introduction.

Les justifications d’une croissance verte en Afrique a été exposée lors de la séance d’ouverture.  Marianne Fay, économiste en chef du réseau de la Banque mondiale pour le développement durable, et Frank Sperling, spécialiste en chef du changement climatique à la BAD (ONEC), ont discuté de la pertinence de la croissance verte pour améliorer et maintenir le bien-être des populations en Afrique, à la lumière des tendances environnementales et socio-économiques, tant mondiales que régionales. Représentant l’Organisation internationale du travail (OIT), Moustapha Kamal a, quant à lui, exposé les opportunités, en termes d’emplois, qu’offrent des processus de développement plus verts.

Ont suivi des discussions sur les options énergétiques et le rôle des énergies renouvelables, les transports et les infrastructures durables, ainsi que sur la gestion des impacts de la croissance sur l’environnement. La gestion du bassin du Congo a été la thématique du deuxième jour de l’atelier, donnant lieu à des échanges autour des approches et des expériences engagées à l’échelle nationale. En outre, l'application des outils de gestion des risques climatiques, ainsi que les enjeux de gouvernance et la promotion d’un changement de comportement ont été évoqués, à même de favoriser la transformation économique de l’Afrique.

Les deux ateliers successifs ont mis en exergue le dynamisme et l’intérêt croissants, en Afrique, vis-à-vis de l’émergence d’économies plus “vertes”. Le rôle crucial que peuvent jouer des diagnostics établis en amont, outre le renforcement de partenariats stratégiques en faveur d’une région économique en mouvement telle que l’Afrique, ont ainsi été démontrés.