La réhabilitation du secteur agricole et rural en République démocratique du Congo

17/07/2012
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La crise économique des années 1980, aggravée par les conflits armés des années 1990 en République démocratique du Congo, a entrainé l’abandon de l’encadrement des paysans, le délaissement des exploitations agricoles par les fermiers et un déficit d’entretien des voies d’accès au milieu rural. Cette situation a eu notamment comme conséquences la diminution de la productivité, des difficultés d’approvisionnement en intrants et en équipements agricoles, ainsi qu’un enclavement accru des zones de production, ce qui a conduit à l’insécurité alimentaire. 

Pour résoudre ces problèmes, le gouvernement de la RDC a initié avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), le projet de Réhabilitation du secteur agricole et rural (PRESAR) dans les provinces du Katanga, Kasaï-Oriental et Kasaï-Occidental. Ce projet a ainsi pu bénéficier en décembre 2005 d’un don FAD de 35 millions d’UC (54,3 millions USD).

Prévu pour être exécuté sur une période de six ans, le projet a pour objectif global de contribuer à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté en milieu rural, à travers le renforcement des capacités des services d’appui à la production, la modernisation des outils de travail avec la promotion de la traction animale, la diffusion de semences améliorées, la réhabilitation des infrastructures de production et de commercialisation et l’organisation des structures communautaires de base.

Après plus de cinq ans d’exécution, le projet a obtenu des résultats significatifs dans de nombreux domaines et qui peuvent être résumés comme suit :

  • Formation de plus de 2.100 cadres dans différentes disciplines ;
  • Extension et équipement de six ateliers d’artisans ; 
  • Formation de 125 artisans en menuiserie et mécanique, pour la production des outils de travail du sol, d’attelage et d’ustensiles domestiques.
  • Réhabilitation et équipement de 114 bureaux des ministères, ainsi que de cinq laboratoires de l’Institut national d’études et de recherche agronomique (INERA) et du Service national des semences (SENASEM).
  • Réhabilitation et équipement de six bureaux des sièges d’institutions de micro finance (IMF) et de 17 antennes.
  • Création et équipement de 25 points de vente de produits vétérinaires.
  • Acquisition de 188 paires de bœufs de démonstration et formation de 188 maîtres dresseurs ; dressage de 1.840 paires de bœufs pour les paysans ; formation de 3.680 paysans relais indépendants ; acquisition et distribution de 125 génisses en faveur de quelques associations en vue de la pérennisation de la traction animale ; exploitation de plus de 28.000 ha par la traction animale dans la zone du Projet ; construction de 17 couloirs de contention avec paddocks.
  • Production et diffusion de 20.300 tonnes de semences vivrières améliorées avec les agri-multiplicateurs.
  • Réhabilitation de 482 Km de pistes rurales ; construction de 14 ponts et d’un nombre important de dalots.
  • Aménagement de 181 sources d’eau potable et de plus de 400 ha de périmètres maraichers par la construction des barrages de retenue d’eau et l’aménagement de systèmes d’irrigation.
  • Promotion du petit élevage.

Les différentes formations ont amélioré la capacité technique des agents et cadres du projet et des différents services partenaires tant publics que privés, particulièrement dans l’utilisation de l’outil informatique, la passation des marchés, l’organisation des travaux à haute intensité de main d’œuvre, la sensibilisation des paysans et les techniques de production agricole. 

L’utilisation de la traction animale et la promotion des techniques de production agricole ont entrainé une augmentation significative des superficies mises en culture et de la production. Les rendements moyens dans la zone du projet sont passés du simple au double pour les cultures vivrières (maïs, haricot, arachide et riz).

L’augmentation de la production agricole a entrainé celle du revenu des paysans, qui s’est traduite par l’amélioration de la qualité de l’habitat, l’acquisition de véhicules et tracteurs agricoles par les paysans, l’extension des exploitations pour les producteurs individuels et les associations appuyés faisant preuve des capacités professionnelles avérées. 

La réhabilitation des pistes rurales a permis de désenclaver les zones de production, de réduire très sensiblement le temps de parcours, de permettre l’accès des zones désenclavées à tous types de véhicules, des voitures aux camions de grand tonnage. Des marchés sont nés le long des axes routiers réhabilités, et l’on a aussi observé une tendance à un début d’exode urbain. 

L’aménagement des sources a permis d’alimenter régulièrement en eau potable une population de 157.000 personnes et de la protéger contre les maladies d’origine hydrique. En aval de ces sources, environ 2.640 ménages pratiquent des activités génératrices de revenu (cultures maraichères, maïs de contre-saison, pisciculture, élevage, etc.) à partir de retenues de l’eau des sources. 

Les femmes, qui représentent plus de 60 pour cent des bénéficiaires de ces infrastructures, ont pu ainsi réduire leurs corvées quotidiennes d’eau et mieux valoriser le temps économisé dans d’autres activités en faveur de la famille telles que l’école, l’exploitation agricole, la formation, l’éducation des enfants, etc.