Les énergies renouvelables pourraient changer la donne en Afrique

19/11/2015
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le 18 novembre 2015 - Les membres du Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA) ont accordé cette semaine-ci leur soutien total à l'objectif déclaré de doter l'Afrique d'une puissance électrique installée de 300 GW d'origine renouvelable d'ici à 2030, affirmant que sa réalisation pourrait «changer la donne énergétique» de l'Afrique et stimuler sa croissance économique.
Tenue du 16 au 17 novembre, à Abidjan, l'assemblée annuelle de l'ICA est également parvenue à la conclusion que l'accès à des financements pour des projets d'énergie renouvelable était moins difficile que de disposer de projets d'énergie renouvelable bien préparés et bancables.

La 11ème Assemblée annuelle de l'ICA était organisée conjointement par le gouvernement allemand (ministère fédéral de la Coopération et du Développement économiques) et la Banque africaine de développement (BAD). Elle a eu lieu au siège de la Banque, à Abidjan. Plus de 150 personnes y ont pris part, y compris de hauts fonctionnaires allemands (l'Allemagne préside actuellement le G7), le commissaire de l'Union africaine aux infrastructures et à l'énergie, le vice-président de la Banque africaine de développement, des représentants des Communautés économiques régionales, des parties prenantes  africaines à fonctions importantes, des représentants d'autres donateurs internationaux et des acteurs clés du secteur privé actifs dans le secteur des énergies renouvelables.

Pendant la première journée de la rencontre, réservée aux membres de l'ICA et à des observateurs invités, les participants ont fait le point sur les activités principales de l'ICA et fixé des orientations concernant ses activités et stratégies futures. Le principal thème de la journée avait trait au rapport annuel de l'ICA, Infrastructure Financing Trends in Africa 2014 (Tendances du financement infrastructurel en Afrique 2014), qui a été bien accueilli. Ce document montre que plus de 74 milliards de dollars EU ont été consacrés en 2014 au développement d'infrastructures en Afrique, et que les déboursements des membres de l'ICA ont atteint à eux seuls le niveau record de 13 milliards de dollars EU.

Commentant les réactions suscitées par ce rapport, le coordinateur de l'ICA, Mohamed Hassan, a déclaré : «Les membres de l'ICA ont apprécié l'étendue et l'analyse des données présentées dans ce document, et plus particulièrement l’attention qui a été accordée à 44 pays d'Afrique. Par ailleurs, l'enquête effectuée auprès du secteur privé s’est révélée fort utile pour l’identification des principales contraintes actuelles à l'instauration d'un environnement porteur».

La séance plénière à participation ouverte qui s’est tenue pendant la seconde journée a porté sur la mise en œuvre des initiatives en matière d'énergie renouvelable en Afrique. Au-delà de l'accent qui a été placé sur le rôle essentiel que les énergies renouvelables peuvent jouer dans le développement économique de l'Afrique et sur la nécessité de disposer d'une «filière» de projets bien préparés dans ce domaine, d'autres messages clés se sont dégagés de ces travaux, soit :

  • Il sera indispensable de réunir la volonté et l'engagement politiques au niveau le plus élevé pour que l'Afrique puisse atteindre l'objectif de disposer de 300 GW de puissance électrique d'origine renouvelable d'ici à 2030, ce qui nécessitera l'appui d'institutions et de cadres solides, susceptibles d'inspirer confiance.
  • Aucune solution à «taille unique» n'existe pour le relèvement des différents défis énergétiques de l'Afrique. Grâce à l'éventail des technologies disponibles, les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle vital dans l'élargissement de l'accès à du courant électrique, d'autant que certaines technologies peuvent être déployées rapidement. 
  • Le rôle et l'expérience du secteur privé seront essentiels si l'on veut réaliser l'objectif de disposer de 300 GW de puissance électrique d'origine renouvelable d'ici à 2030.
  • La réalisation de ce même objectif dépendra de façon critique d'un renforcement des capacités, de l'amélioration des compétences, de la création d'emplois et du partage des meilleures pratiques.

L'assemblée annuelle de l'ICA, ainsi que le thème de ses travaux axé sur les énergies renouvelables, cadraient opportunément avec les questions qui seront traitées prochainement à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (la COP21), qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre.