Renforcement des capacités et recherche

16/11/2007
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Le continent africain jouit d’un taux de croissance annuel relativement consistant et modeste d’environ six pour cent, qui ne traduit malheureusement pas de manière significative la réduction de la pauvreté, a affirmé,  jeudi à  Addis Abeba, le secrétaire-exéctutif de la CEA, M. Abdoulie Janneh, à l’ouverture de la Conférence économique africaine. Organisée conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission économiques des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la conférence a souligné le rôle des intellectuels dans les questions liées au développement du continent.

La première séance plénière de la conférence a mis l’accent sur le renforcement des capacités et la reformulation de la politique industrielle. L’exposé du directeur exécutif du Consortium africain pour la recherche économique, M. William M. Lyakurwa, a porté sur le «renforcement des capacités et des partenariats de recherches », mettant un accent sur les économies émergentes, notamment la Chine et l’Inde. Le continent africain devra tirer profit de la mondialisation, source d’énormes possibilités.

La croissance de la Chine et de l’Inde, a souligné M. Lyakurwa, a largement contribué à l’augmentation des revenus, avec des bénéfices significatifs générés par l’expertise de la diaspora et les transferts de fonds. L’accès croissant de l’Afrique aux technologies agricoles et d’infrastructures, ainsi qu’aux investissements dans le capital humain font également partie des avantages de la mondialisation. Avec la démocratie, il est possible d’atteindre la bonne gouvernance économique.

Le PIB de la Chine est d’environ 12 pour cent par an. Quoi qu’elle soit le deuxième exportateur et importateur mondial, la Chine joue un rôle prépondérant en investissant dans d’autres pays. Connue pour ses exportations, la Chine s’implique actuellement dans les travaux de construction, l’industrie et dans d’autres secteurs de l’économie africaine. L’une des préoccupations soulevées lors de la session plénière portait sur les relations sino-africaines qui, selon certains sont déséquilibrées. « La Chine a ses objectifs et il s’agit pour nous de connaître la place de l’Afrique dans ces objectifs », a déclaré M. Lyakurwa.

M. Lyakurwa a également souligné que l’Afrique peut tirer davantage profit de la situation, en fournissant à la Chine les ressources dont elle a besoin pour la croissance de son économie, affirmant que les défis de développement du continent africain, tels que la croissance de la population, la pauvreté, les maladies, les faibles capacités humaines et institutionnelles, ainsi que la mauvaise gestion des ressources naturelles, peuvent être jugulés à travers les partenariats. Par ailleurs, M. Lyakurwa a indiqué que les institutions nationales de recherches pourraient mener des études spécifiques pays sur les thèmes, affirmant que le continent tirait déjà profit des relations bilatérales avec la Chine, les Etats Unis et l’Union européenne. Les communautés économiques régionales jouent un rôle proactif dans le développement du commerce et des infrastructures, a-t-il ajouté, évoquant trois niveaux de partenariats susceptibles d’aider l’Afrique à relever ces défis.

S’appuyant sur ces affirmations, M. Lyakurwa a félicité le Consortium africain pour la recherche économique, la CEA, l’UA et le NEPAD, la BAD, le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, pour leurs « contributions à l’atteinte des objectifs de développement des pays africains ». Cependant, a-t-il souligné, le renforcement des capacités demeure un véritable défi pour le continent, rappelant que « les individus viennent et partent, mais que les institutions restent », répondant à la préoccupation d’un participant. La capacité de l’individu et celle de l’institution vont de pairs, a-t-il ajouté.

Les participants ont profité de l’occasion pour examiner les questions liées à la fuite des cerveaux. Le phénomène de la fuite des cerveaux permet de partager le savoir, mais son impact sur les secteurs économiques, telles que la santé et l’éducation peut être dévastateur. Les participants ont été invités à réfléchir sur la question afin de trouver des solutions possibles.

Concernant les joint ventures entres institutions, M. Lyakurwa a déclaré qu’ils peuvent apporter des contributions significatives aux débats politiques, étant donné qu’ils permettent de renforcer les capacités internes des Etats et des institutions à développer une approche proactive et avertie dans la recherche de solutions stratégiques par les pays.