Énergie : au Kenya, un prêt de 133 millions $ de la BAD bénéficiera aux communautés rurales et à faible revenu

19/11/2014
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé l’octroi d’un prêt au Kenya. D’un montant de 133 millions de dollars EU, celui-ci est destiné à accroître l’accès à l’électricité des populations à faible revenu, notamment en milieu rural. Plus spécifiquement, le prêt permettra de financer le projet de connexion du dernier kilomètre, grâce auquel l’utilisation des 35 000 transformateurs de distribution de la Kenya Power and Lighting Company (KPLC) répartis à travers le pays devrait être optimisée. Le gouvernement kenyan contribue à hauteur de 14 millions de dollars EU au projet, dont le coût total est estimé à 147 millions de dollars.

Le projet de connexion du dernier kilomètre, qui sera lancé en mars 2015, se fera l’écho de l’initiative du gouvernement intitulée « Programme d’accélération de l’accès à l’énergie ». Ce programme vise à étendre l’accès des Kenyans à l’électricité, en particulier pour les populations à faible revenu. Grâce à cette initiative, les transformateurs de distribution existants seront exploités de manière optimale, en étendant le réseau à basse tension aux foyers résidant à proximité.

« Le faible niveau d’accès des Kenyans à l’électricité entrave non seulement la croissance économique mais engendre aussi une dégradation de l’environnement, a déclaré Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, à la suite de la décision du Conseil d’administration. Et d’ajouter : « Les populations rurales privées d’électricité sont contraintes de consommer la biomasse, notamment le bois de chauffage, pour faire la cuisine et s’éclairer avec, pour conséquence, une déforestation en cours dans de nombreuses zones. Ce projet permettra de renforcer l’accès à des services énergétiques modernes, fiables et à coût abordable, qui encouragera en retour la transition du Kenya vers une croissance verte ».

Le projet de connexion du dernier kilomètre compte trois composantes : (i) la construction d’un réseau de distribution, incluant l’installation de compteurs pour la connexion des habitants et des commerces ; (ii) la supervision et la gestion du projet ; (iii) les activités de renforcement de capacités, qui incluent la formation du personnel technique de KPLC, chargé de l’exploitation et de la maintenance du système de distribution.

Le projet couvrira l’ensemble du territoire avec des transformateurs sélectionnés dans les 47 comtés, dont ceux qui affichent le taux d’électrification le plus faible. Au moins 314 200 ménages, soit près d’un million et demi de personnes, auront ainsi accès à l’électricité. Grâce à l’électrification de ces zones, le projet contribuera à améliorer le niveau de vie des foyers ciblés en termes d’éducation, de santé et d’accès à l’information. Le projet aidera également les petites entreprises à accroître leur compétitivité et leur capacité à étendre leurs activités.

Le taux d’électrification au Kenya est faible : il s’élève à 32 % à l’échelle nationale et chute à 19 % en milieu rural. La consommation est de 130 kWh par habitant, quand la moyenne en Afrique subsaharienne est de 550 kWh. 

La Banque est très active dans le secteur de l’énergie au Kenya, où elle a un portefeuille de financement de plus de 465 millions de dollars EU dans le secteur public. De plus, la BAD joue un rôle de leadership dans le financement de la mise en œuvre de projets d’infrastructure dans la région, notamment de projets nationaux de transport, de développement géothermique et d’interconnexions électriques régionales.