Transformation du secteur de l’énergie au Rwanda : exploiter les synergies entre plusieurs programmes pour développer les énergies renouvelables

13/11/2015
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Lors de la réunion de son conseil d’administration cette semaine, le Fonds d’investissement climatique (FIC) a validé le plan d’investissement du Rwanda (PI) pour le développement de l’accès à l’électricité hors réseau, dont les foyers, les entreprises, les écoles, les centres de santé et les institutions à travers le pays ont grandement besoin, en particulier dans les zones rurales. Une enveloppe indicative de 50 millions de dollars ÉU a été allouée à ce plan, qui sera mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale et dont la Banque africaine de développement (BAD) est un partenaire majeur.
Les résultats attendus des projets financés par le PI sont notamment :

  • Une amélioration de la sécurité énergétique grâce à un mix énergétique diversifié.
  • Une amélioration de l’accès à l’électricité, en particulier dans les zones reculées qui ne peuvent actuellement être reliées au réseau.
  • La création d’emplois et de revenus, en particulier dans les villes rurales, et le développement des capacités techniques et de gestion en organisant le transfert des connaissances relatives aux différentes technologies par des entreprises/fabricants réputés, de manière à assurer la pérennité du programme.
  • Une amélioration de la qualité de vie dans les zones rurales, en particulier pour les femmes et les enfants, grâce à des services d’éducation, de santé et de sécurité publique plus performants. 
  • Un renforcement de l’égalité des sexes et du statut socioéconomique des femmes.
  • L’amélioration de l’accès aux moyens de communication grâce à l’électrification, et le développement de l’usage des communications par le biais du téléphone portable, de la télévision et d’internet, améliorant ainsi l’accès à l’information et l’autonomisation des communautés locales.

Élaboré dans le cadre du programme du FIC pour la valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (Program for Scaling Up Renewable Energy in Low Income Countries - SREP), le plan d’investissement opérera au moyen d’un Fonds pour les énergies renouvelables (Renewable Energy Fund – REF) qui sera mis en place par le gouvernement. Ce plan doit permettre au Rwanda d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé, à savoir connecter 48 % des foyers au réseau et offrir à 22 % des foyers restants des solutions durables hors réseau, notamment des systèmes solaires individuels et des mini-réseaux. Ces objectifs s’inscrivent dans la volonté du gouvernement de réduire la pauvreté en zone rurale de 45 % à 20 % d’ici à 2018 et, d’étendre l’accès à l’électricité à 70 % de la population d’ici juin 2018.
En particulier, le plan vise à exploiter le potentiel que représente le secteur privé, en facilitant l’investissement privé grâce à différents instruments financiers, par exemple l’émission d’actions ou de titres de créance, les dispositifs de rehaussement du crédit, les crédits à la consommation ainsi que les dons et les financements axés sur les résultats (results-based-financing - RBF), pour couvrir les besoins en financement nécessaires en vue d’assurer la viabilité des projets et rendre l’électricité hors réseau plus accessible financièrement.
« Nous nous réjouissons du soutien annoncé aujourd’hui par le SREP et des perspectives que cela ouvre pour le développement de nos énergies renouvelables, en particulier dans les zones où la connexion au réseau pose problème », a déclaré Robert Nyavumba, responsable de la Division de l’Énergie au sein du ministère de l’Infrastructure du Rwanda. « Nous sommes satisfaits de ce plan, qui contribue à fournir une alimentation en énergie absolument nécessaire à notre population rurale, tout en levant les obstacles empêchant le secteur privé de contribuer à la création d’un marché des énergies renouvelables performant. »
L’appui prévu dans le cadre de ce plan se concentre sur trois principaux axes, qui seront développés au cours des prochains mois :

  • Systèmes PV solaires autonomes : créer un marché et développer la capacité du secteur privé à fournir des systèmes PV autonomes, améliorer les normes produits relatives aux panneaux solaires PV et promouvoir la diffusion des systèmes répondants aux normes internationales de qualité.
  • Mini-réseaux : financer des projets de mini-réseaux, en présenter les avantages aux communautés locales et démontrer leur viabilité commerciale et technique afin de stimuler plus avant la croissance du marché.
  • Assistance technique/création d’un environnement porteur : lever les obstacles présents sur le marché en développant celui-ci, notamment au moyen de campagnes d’information, en améliorant les caractéristiques techniques des équipements, en formant les professionnels de la chaîne d’approvisionnement et en renforçant leurs capacités techniques, en développant les capacités institutionnelles et règlementaires, et en apportant une aide aux institutions financières locales dans l’évaluation des projets d’énergies renouvelables.

La validation du plan vient renforcer l’approche menée sur plusieurs fronts par le Rwanda pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé pour la transformation du secteur de l’énergie. En effet, le pays a engagé, avec ses partenaires, différentes initiatives de manière à bénéficier de synergies dans le développement des énergies renouvelables. En sus de la validation par le SREP, le Rwanda développe des actions au travers de la plateforme africaine de l’initiative des Nations Unies « Énergie durable pour tous » (SE4All) et du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA),  tous deux hébergés par la BAD. Avec la plateforme africaine, le pays élabore son programme d’action SE4ALL et, dans le cadre du SEFA, un programme pays en faveur de mini-réseaux verts, qui viendra compléter les travaux du SREP, est en cours de validation. En outre, le pays participe à une initiative multi-pays dans le cadre du projet hydroélectrique Ruzizi III, dont l’adoption par la BAD est imminente, et qui transformera la production d’énergie dans trois pays de l’Afrique de l’Est, le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).
« Nous nous réjouissons de la contribution importante qu’apporte le Rwanda, au travers de son plan SREP, à la mise en place de synergies pour la transformation en profondeur du secteur de l’énergie en Afrique », a indiqué Kurt Lonsway, responsable de la Division Environnement et Changement climatique de la BAD et coordinateur du FIC. « Alors qu’il s’opère au niveau mondial une évolution dynamique dans la lutte contre les conséquences immédiates du changement climatique, l’Afrique se trouve dans une situation particulière en raison de son besoin tout aussi immédiat de développer son secteur de l’énergie et de prendre la place qui lui est due dans le développement économique mondial. Les efforts du Rwanda visant à développer des approches basées sur plusieurs programmes et partenariats afin de tirer parti des synergies ainsi créées est un modèle dont nous pourrons nous inspirer à l’avenir. »
À propos des Fonds d’investissement climatiques (FIC)
Créés en 2008, comme un instrument de financement climatique rapide dans le monde, et dotés de 8,1 milliards de dollars EU, les FIC proposent aux pays en développement des subventions, des prêts concessionnels, des instruments d’atténuation du risque et de prise de participation à même de catalyser des financements importants de la part du secteur privé, des banques multilatérales de développement (BMD) et autres. Cinq banques multilatérales de développement – la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale – mettent en œuvre des projets et des programmes financés par les FIC.

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