Le président rwandais charge les experts économiques de « tirer les leçons du passé »

30/10/2012
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Le président rwandais Paul Kagame a exhorté un groupe d'experts économiques, de chercheurs et de législateurs africains de haut niveau, rassemblés à Kigali, à sortir des sentiers battus et à proposer des idées novatrices pour créer un modèle économique répondant aux besoins du peuple africain.

Lors de l'ouverture de la septième Conférence économique africaine annuelle, le président rwandais a insisté sur la nécessité de tirer les leçons des expériences passées pour faire en sorte que les bienfaits de la croissance profitent à chacun, et en particulier aux plus vulnérables, même si certains pays du continent africain affichent des taux de croissance importants. La conférence est la première du genre à se tenir au Rwanda et à être organisée conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique pour l'Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Selon le Chef de l’Etat rwandais, accompagné de Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, et de l'administratrice des Nations Unies, Helen Clark, « nos économies [africaines] fonctionnent à la fois dans les contextes politiques national et international, ce qui a un impact énorme sur les choix des pays comme les nôtres et sur ce qui en résulte ».

La septième Conférence économique africaine a rassemblé près de 400 participants, parmi lesquels des experts économiques et des décideurs venus de toute l'Afrique afin de discuter des enjeux majeurs du développement africain, en tant que moteur de la croissance économique, de la réduction de la pauvreté et du développement inclusif.

D'après l'édition 2012 des Perspectives économiques africaines, une publication conjointe de la BAD, du PNUD, de la CEA et du centre de développement de l'OCDE, six des dix économies mondiales ayant connu la plus forte croissance, entre 2001 et 2010, étaient situées en Afrique subsaharienne.

Le rapport montre, par contre, que les possibilités d'emploi pour les jeunes du continent ne sont toujours pas favorables, avec une moyenne de seulement 10 à 12 millions d’entre eux qui intègrent chaque année le marché du travail.

Pourtant, le président Kagamé a rappelé que le continent africain a enregistré une décennie de croissance économique et qu'il y a de bonnes chances que les perspectives soient encore meilleures dans les années à venir.

Selon les chiffres officiels présentés dans les Perspectives économiques africaines 2012, la croissance attendue sur le continent africain devrait remonter de 3,4 pour cent en 2011 à 4,5 pour cent en 2012 et passer à 4,8 pour cent en 2013.

Le fait que la majorité des pays continue à subir une pauvreté généralisée est l'un des défis majeurs entravant la croissance économique. D'ailleurs, les derniers chiffres officiels montrent que près de 50 pour cent de la population en Afrique subsaharienne vit avec moins d'un dollar par jour.

De son côté, Donald Kaberuka, président de la BAD, souligne à quel point il est important que les experts économiques africains proposent des solutions internes de financement de leurs économies respectives.

Toutefois précise t-il : « le développement inclusif est impossible sans accès à l'énergie, sans connectivité à large bande et sans mécanismes adéquats pour augmenter les infrastructures nécessaires à la croissance économique et aux autres investissements commerciaux ».

La Conférence de cette année, sur le thème du « développement durable et inclusif en période d'incertitude économique », doit fournir un espace d'échange unique pour des exposés approfondis sur des recherches axées sur les politiques, présentés aussi bien par des universitaires reconnus que par des nouveaux talents du continent.

Les principaux sujets de discussion concernent la croissance inclusive, les changements climatiques et l'emploi des jeunes, ainsi que le développement économique africain pendant et après la crise mondiale actuelle.

Le président rwandais Paul Kagame conclut ainsi : « Grâce à cette initiative, nous voulons voir le continent africain devenir porteur d'espoir, de prospérité et de dignité [...] Voilà ce que mérite notre peuple ».