La sécurité représente le plus gros défi au développement de l’Afrique, estime le président Ondimba du Gabon

23/05/2014
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Sans sécurité, tous les progrès que l’Afrique enregistre ne seront pas viables, a déclaré le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, le jeudi 22 mai, lors des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Kigali au Rwanda.

Ondimba est intervenu à l’occasion d’un panel de haut niveau au cours d’une session intitulée : « Votre point de vue compte : dialogue des dirigeants ». En compagnie des chefs d’État Yoweri Museveni de l’Ouganda et Paul Kagame du Rwanda ils ont répondu aux questions des participants.

En réponse à l’une des questions, Ondimba a déclaré que, malgré les ressources considérables et la croissance économique stable de l’Afrique, l’insécurité qui sévit dans plusieurs régions du continent est de nature à compromet le développement durable.

« Nous devons être pratiques. Il est plus réjouissant de discuter du commerce et d’autres aspects positifs que du sujet de la sécurité. Mais, sans protection suffisante contre les menaces internes, régionales et continentales, nous ne pouvons pas être certains de parvenir à un développement véritable », a indiqué Ondimba.

« Ce n’est qu’après avoir instauré la sécurité que nous pourrons être assurés de préserver nos accomplissements et  construire des infrastructures, comme des voies ferrées, des aéroports et des routes à l’échelle régionale. Toutes choses qui faciliteront le commerce et nous aideront à nous intégrer plus rapidement ».

Yoweri Museveni de l’Ouganda a ajouté que, malgré la croissance appréciable réalisée par le continent, et qu’aucun autre continent n’a égalée au cours des 50 dernières années, beaucoup de progrès restent à faire pour forger une ambition véritable et une volonté politique.

« Les statistiques indiquent que l’Afrique affiche de hauts taux de croissance malgré son manque d’infrastructure – pas de routes, pas d’électricité. Ceci illustre bien le formidable potentiel de ce continent. Mais le problème avec une croissance sans infrastructure est que ce ne sont pas les secteurs les plus créateurs d’emplois, comme l’industrie, qui enregistrent une croissance », a déclaré Museveni.

« J’ai toujours pensé que l’industrialisation offrait un moyen sûr pour nous développer. Et, comme vous le voyez, en Afrique de l’Est, nous accélérons des initiatives qui assureront l’ouverture de nos frontières. Entre l’Ouganda, le Kenya et le Rwanda, beaucoup de projets intéressants sont en cours, avec la construction de voies ferrées et de routes et la facilitation du commerce régional ».

Selon Paul Kagame du Rwanda, les pays devraient éliminer les anciennes tendances coloniales qui privilégient le développement national par rapport à l’intégration régionale.

« Soit nous progressons ensemble, soit nous sombrons ensemble. La réussite d’un seul pays ne suffira pas si les autres ne s’en sortent pas.

« Nous avons subi le colonialisme et les influences extérieures qui nous définissent en tant qu’anglophones ou  francophones. Ne vous préoccupez pas des nouvelles initiatives coloniales, car nous sommes encore sous l’emprise des anciennes. Aujourd’hui, nous devons bâtir une infrastructure qui s’étend au-delà de nos juridictions nationales », a déclaré Kagame.

« Nos faiblesses en Afrique sont devenues pour d’autres une source de tentation de surexploiter nos ressources et d’imposer leurs conditions. Nous devons accorder plus de respect à nos ressources naturelles et nous assurer que ce sont d’abord nos citoyens qui en bénéficient avant qu’elles ne bénéficient à d’autres ».

Malgré sa richesse en ressources naturelles, avec une population de 1,1 milliard d’habitants, des sols riches, de vastes sources de minéraux et de pétrole, l’Afrique demeure le continent le plus pauvre et le plus sous-développé au monde.

Ceci découle de problèmes divers, notamment la corruption dans les secteurs publics, les conflits tribaux et politiques, un secteur privé inexploité et de hauts niveaux d’analphabétisme.