Donald Kaberuka édicte les priorités du continent pour 2014 : sécurité, paix, stabilité et création d’emplois

10/01/2014
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Ce jeudi 9 janvier 2014, à Tunis, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a rencontré le corps diplomatique en poste en Tunisie, afin de discuter des perspectives du continent africain pour la nouvelle année. Cette réunion s’est tenue au cours du déjeuner annuel de la Banque auquel sont conviés les diplomates en poste dans le pays hôte. Y ont assisté, non seulement des cadres supérieurs de la BAD, mais aussi des représentants de médias locaux et internationaux.

Donald Kaberuka a remercié le gouvernement et le peuple tunisiens, qui accueillent la BAD depuis dix ans.

Le président de la Banque a évoqué la croissance démographique du continent, ainsi que la croissance des taux de scolarisation et, a contrario, la réduction des taux de mortalité. En outre, il a rappelé la bonne tenue des performances à l’exportation, de la demande intérieure et des investissements. « Un tiers de nos 49 pays connaîtra une croissance de 6,5 % cette année », a-t-il déclaré, soulignant que, « dans les limites de son mandat, la Banque africaine de développement s’intéresse de très près aux enjeux des États fragiles et des pays tout juste sortis d’un conflit, à l’intégration et aux infrastructures. » Le président Kaberuka a également rappelé que la Banque se battait au quotidien pour maintenir les indicateurs macroéconomiques à l’équilibre.

Notant que 85 % des Africains vivent dans des pays relativement stables, il a précisé que ceux-ci génèrent 94 % du PIB de l’Afrique. 45 pays s’avèrent stables ou connaissent des zones d’instabilité, et des forces de maintien de la paix sont présentes dans 9 pays. Se montrant optimiste quant aux îlots de violence qui persistent en certains endroits du continent, Donald Kaberuka a salué les efforts accomplis pour résoudre ces crises et leurs débordements, de façon pacifique. « Notre optimisme se fonde sur le fait que, malgré ces îlots de violence et de souffrance, une bonne partie de l’Afrique vit en paix », a-t-il expliqué.

Pour le président de la BAD, sécurité, paix et stabilité, ainsi que création d’emplois, devraient être les priorités du continent africain en 2014. « Il nous faut surtout disposer de solides mécanismes d’alerte précoce, afin que nous puissions gérer les conflits, anciens et nouveaux, en faisant preuve de proactivité », a-t-il affirmé.

Le président de la BAD a souligné que la croissance inclusive, la transformation économique et la création d’emplois sous-tendent les travaux de la Banque africaine de développement et sont les objectifs primordiaux de la Stratégie décennale de la Banque, lancée en avril 2013. Pour Donald Kaberuka, « l’exclusion constitue un frein à la transformation économique. Notre but est d’intégrer les chaînes de valeur régionales et mondiales ».
 
Évoquant plus particulièrement l’Afrique du Nord, M. Kaberuka a fait remarquer que près de la moitié du portefeuille de prêts de la Banque se concentre dans cette région – au Maroc, en Égypte, en Mauritanie et en Tunisie. « La région Afrique du Nord est le plus grand client de la Banque, avec des engagements totalisant 9 milliards de dollars EU », a-t-il précisé, ajoutant que la présence de la BAD devrait s’y renforcer, plutôt que s’amoindrir, en raison de la nature complexe de la transition politique que vit la région et des besoins y afférant.

Le président de la Banque s’est dit convaincu que l’Afrique du Nord saurait progressivement relever les défis actuels. « Par chance, une bonne pluviométrie dans nombre de pays d’Afrique du Nord ont permis que la production agricole se maintienne à un bon niveau. »

L’Afrique subsaharienne a enregistré des progrès constants, a noté M. Kaberuka, maintenant la dynamique observée ces dix dernières années et ce, malgré la présence de zones d’instabilité. A comparer la situation sociale et politique de l’Afrique subsaharienne aujourd’hui avec celle d’il y a vingt ans, il a également souligné que la croissance économique et la stabilité y sont désromais bien ancrées.

Le président de la BAD a également remercié les pays qui ont contribué au Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la BAD : « En dépit de dures contraintes imposées par l’assainissement budgétaire des pays donateurs, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous avons réussi, ensemble, à reconstituer le Fonds africain de développement, en septembre 2013. »

Au cours de cette réunion, l’ambassadeur de Norvège en Tunisie, Arild Retvedt Oyen, s’est également félicité des réalisations de la Banque et de ses initiatives en rapport avec le fonds Africa50. Il a dit le soutien de son pays à cette initiative africaine au profit de l’Afrique. Et il a néanmoins rappelé que la Norvège contribuait à la lutte contre le transfert de fonds d’origine illicite, dans le but de préserver l’ensemble des fonds destinés au continent africain.

Ministre des Affaires étrangères de Tunisie, Othman Jerandi, a remercié la Banque à son tour pour son rôle en Afrique, et  sa contribution à une relance durable de l’économie tunisienne : « Avec l’aide de la Banque africaine de développement, l’Afrique pourra avancer à grands pas et se transformer en un continent plein d’espoir ».

Pour sa part, Sue Wardell, vice-présidente de la BAD, a expliqué les grandes priorités qui accompagnent le retour de la Banque à son siège officiel, remerciant en ces mots les gouvernements de Côte d’Ivoire et de Tunisie pour leur coopération : « La Banque désire agir de la façon la plus responsable qui soit, et nous sommes reconnaissants envers ces deux gouvernements pour les installations mises à notre disposition ».