Maroc - Soutien financier crucial du SEFA à un projet éolien

08/01/2014
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Un don de 960 000 dollars EU, accordé par le Fonds des énergies durables pour l’Afrique (dit “SEFA” en anglais) et destiné au projet éolien de Jbel-Sendoug (Khalladi), dans le nord du Maroc, a été approuvé, fin décembre 2013, pour en finaliser la préparation et assurer sa “bancabilité”.

Le soutien du SEFA est crucial pour attirer les capitaux nécessaires à la concrétisation de ce projet du secteur privé et ainsi récolter les avantages socio-économiques d’une énergie plus fiable, plus propre et plus abordable.

Ce projet d’énergie éolienne sera réalisé à 15 km à l’est de Tanger, près de la côte méditerranéenne. Il consiste à préparer (développement, financement), réaliser et exploiter un parc éolien d’une capacité de 120 MW, sous la forme d’une production indépendante d’électricité dans le cadre d’une concession octroyée par le ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement. Est également prévue la construction d’une ligne de transmission de 23 km et d’un poste de transformation destiné à évacuer l'énergie produite vers le réseau interconnecté.

« Pour SEFA, ce projet présente un double avantage, car il promet une production d’énergie propre qui, à son tour, stimulera la croissance économique. Une fois réalisé, le parc éolien de Khalladi permettra de fournir une électricité plus fiable, de réduire les coupures d’électricité et d’améliorer les perspectives de croissance du secteur privé dans la région du projet. Enfin, il montre l’implication de la Banque dans le secteur des énergies renouvelables au Maroc », a déclaré Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique à la Banque africaine de développement (BAD), à la suite de l’approbation du don.

SEFA intervient pour aider à la préparation du projet et participer à son financement. Le don concourra à la structuration optimale d’un assortiment de contrats d’achat d’énergie avec des firmes industrielles, afin de garantir la “bancabilité” du projet. Plus précisément, le don du SEFA financera l’assistance juridique apportée à l’entreprise UPC Morocco Wind Partners B.V., promoteur du projet, ainsi que d’autres experts – dans les domaines juridique, financier et des assurances – pour accomplir les diligences des banques qui envisagent de participer au financement du projet. Dans le contexte de l’après-Kyoto, où la diminution du soutien aux énergies renouvelables a pesé sur la rentabilité des nouveaux projets, ce financement du SEFA permet de combler les lacunes budgétaires des activités de préparation restées en souffrance et qui sont pourtant requises pour le bouclage financier du projet.

Le parc éolien de Jbel-Sendoug (Khalladi) optimisera la fourniture d’électricité dans cette région, où la demande est en forte croissance. Cela se traduira en économies monétaires pour les populations et entreprises locales, qui doivent compter sur leurs propres moyens lors des pannes d’électricité. Ces économies contribueront, d’une part à renforcer le pouvoir d’achat des ménages pour d’autres biens et prestations, et stimuleront, d’autre part, la consommation et les investissements. Un autre avantage du projet est qu’il devrait permettre d’éviter l’émission de près de 175 000 tonnes d’équivalent CO2 par an. 

L’électricité produite par ce parc éolien – 340 GWh par an en moyenne – sera vendue, pour l’essentiel, aux utilisateurs industriels, ainsi qu’à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) qui en achètera l’excédent éventuel. 

À ce jour, le Maroc importe 97 % de ses besoins énergétiques, et satisfait, peu ou prou, 75 % de ses besoins à partir de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel principalement), laissant le pays à la merci des fluctuations des prix du marché, avec de sérieuses répercussions sur le déficit budgétaire et l’empreinte carbone nationale. Au cours des vingt dernières années, le pays est passé d’une balance énergétique excédentaire à un déficit, et d’une situation d’exportateur net d’énergie électrique à celle d’importateur net. Cela s’explique surtout par une montée en flèche de la demande intérieure, qui connaît un taux de croissance annuel moyen d’environ 7,5 %.