Le Sénégal satisfait du volume du portefeuille des projets de la BAD, mais appelle à une accélération des audits

13/03/2014
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La situation globale du portefeuille des projets initiés par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Sénégal s’est beaucoup améliorée, s’est félicité le 12 mars 2014 à Dakar, le ministre sénégalais de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ. Il a estimé toutefois que « des efforts restent encore à fournir, notamment en ce qui concerne la question des audits ».

Présidant l’ouverture de la 10ème Revue annuelle conjointe du programme de coopération entre la BAD et le Sénégal, couplée au lancement officiel de la Revue sur l’efficacité du développement 2013 pour le Sénégal, Amadou Bâ a expliqué que « l’amélioration continue des performances du portefeuille des projets de la BAD constitue une préoccupation constante du gouvernement du Sénégal ».

L’objectif ultime étant que l’allocation pays du Sénégal soit suffisamment relevée, a-t-précisé.

Cette ambition risque toutefois d’être contrariée par « les longs délais enregistrés dans la réalisation des audits, très souvent à l’origine des suspensions des décaissements des financements ».

Bâ appelle ainsi à une concertation entre les acteurs de la chaîne de l’audit des projets afin de proposer des solutions appropriées.

Le ministre sénégalais de l’Economie et des Finances a tenu à réitérer la détermination du Sénégal à « amplifier la coopération fructueuse » avec la BAD. Une coopération entamée en 1972, et qui a connu en quatre décennies un développement considérable tant sur le plan du volume de financements mobilisés que sur le nombre de projets réalisés.

Cette coopération a permis de mobiliser à ce jour plus de 913 milliards de FCFA pour le financement d’une soixantaine de projets dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation, les infrastructures routières et le développement rural.

Au 28 février 2014, le portefeuille de la BAD au Sénégal au niveau des guichets public et privé, a atteint un volume de 374,2 millions d’UC, soit près de 274,8 milliards de dollars CFA.

Bâ a salué la participation du groupe de la BAD à la réunion du Groupe consultatif de Paris, (24-25 février 2014). Cette rencontre avait  regroupé les principaux bailleurs du Sénégal, et  le Groupe de la BAD s’y était distingué par une annonce de financement d’un montant de 400 milliards de FCFA pour contribuer à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (PSE ).

A travers le PSE, le gouvernement du Sénégal ambitionne de conduire le pays à l’émergence, à l’horizon 2035, avec une croissance annuelle de 7 pour cent à compter de 2017.

Le Représentant résident régional du bureau de la BAD au Sénégal, Mamadou Lamine N’Dongo, a lui aussi salué les « excellents » résultats obtenus par le Sénégal lors de la réunion de Paris. Il a donné l’assurance que la BAD va continuer de fournir des appuis multiformes au Sénégal.

Selon N’Dongo, cette volonté découle surtout des priorités des autorités sénégalaises déclinées dans le PSE et des orientations de la Stratégie à long terme (2013- 2022) de la BAD.

« Le défi principal est désormais de maintenir le cap et de poursuivre sans relâche les progrès accomplis dans la gestion de nos opérations », estime N’Dongo.

Deux actions majeures sont essentielles à cet effet, a-t-il noté. Celles-ci portent sur la systématisation des contrats de performance au niveau de tous les projets, tout comme de la systématisation de la mise en place au niveau des projets d’un système de suivi-évaluation efficient.

N’Dongo a également relevé la coïncidence notée dans la tenue de la Revue annuelle conjointe du programme de coopération entre la BAD et le Sénégal, et le lancement officiel du Rapport sur l’efficacité du développement 2013 pour le Sénégal.

Ce Rapport, le premier du genre portant sur le Sénégal, retrace la façon dont les activités de la BAD ont contribué aux résultats obtenus par le pays en matière de développement depuis cinq ans.

Le document de 54 pages a été présenté au nombreux public venu assister aux débats dirigés par Richard Schiere, Chargé en chef des résultats et performance au Département des résultats et du contrôle de la qualité de la BAD. Schiere s’est surtout appesanti sur les résultats obtenus par le Sénégal en matière de développement notamment dans la facilitation des investissements dans le secteur privé.

Dans son exposé, Schiere a révélé que le Sénégal est en tête en matière de développement de partenariat public-privé dans le secteur des infrastructures.

Les partenariats public-privé ont créé de nouvelles opportunités de financement des besoins de transformation structurelle du Sénégal, note le document.

Seconde publication du genre axée sur un pays à être éditée par le Département des résultats et du contrôle de la qualité de la BAD, la Revue sur l’efficacité du développement 2013 pour le Sénégal montre comment la BAD a contribué à la transformation structurelle et à la croissance inclusive de ce pays.

Le Rwanda a fait l’objet en 2012 de la première publication axée sur un pays.

La Revue sur l’efficacité du développement 2013 pour le Sénégal décrit plusieurs des actions innovantes de la BAD dans le pays.

Il expose les résultats du Cadre de mesure des résultats, qui se compose de 71 indicateurs répartis en quatre niveaux correspondant chacun à un chapitre du document.

Le premier chapitre décrit une partie des difficultés auxquelles se heurte le Sénégal en matière de développement et les progrès réalisés au cours des dernières années pour les surmonter.

Le deuxième chapitre présente le portefeuille de la BAD au Sénégal et les résultats cumulés de nos opérations sur les cinq dernières années. Le troisième chapitre étudie l’état du portefeuille pays de la BAD et le quatrième de la capacité de la Banque à gérer sa propre organisation au Sénégal.