Le président sénégalais, Macky Sall, prône le commerce intra-africain pour résoudre le problème du chômage

22/05/2014
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Le président sénégalais, Macky Sall, a appelé mercredi 21 mai, à Kigali au Rwanda, les États africains à augmenter le volume et la valeur de leurs échanges commerciaux mutuels afin de relever l’énorme défi posé par le chômage qui frappe l’ensemble du continent.

C’était au cours d’un débat  organisé dans le cadre  des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD).  Le débat, intitulé  ‘’Où se trouvent les emplois ?’’ a vu la participation d’experts  dont  Carlos Lopez, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Viswanathan Shankar, directeur exécutif de la banque Standard Chartered pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

« La recherche d’emplois pour nos citoyens ne devrait plus être considérée à l’échelle nationale, mais plutôt à l’échelle continentale. Nous devons développer plus d’industries et tisser des liens commerciaux entre les pays africains. Ce faisant, beaucoup d’emplois seront créés », a déclaré Sall.

« Cela demande des mesures radicales pour augmenter notre croissance industrielle, en fournissant des nécessités de base comme l’électricité, l’eau, les transports et les moyens de communication, qui doivent être toujours fonctionnelles. En tant que dirigeants, nous devons également instaurer un environnement favorable pour les investisseurs, en assurant une stabilité politique et une préservation de la sécurité ».

Le commerce intra-africain représentait environ 12 % du commerce total du continent en 2010, alors que la majeure partie des transactions commerciales du continent ont été conclues avec le reste du monde.

Carlos Lopez a ajouté qu’il faut accorder davantage d’importance à l’agriculture de par sa fonction de pilier pour l’emploi et la croissance industrielle en Afrique.

« L’accent sur l’agriculture, stimulera la croissance industrielle et l’emploi. L’Afrique ne dispose pas d’un plan de protection sociale très solide. En conséquence, les gens exercent souvent des activités artisanales pour survivre. Mais si l’Afrique se concentre sur des modèles agroalimentaires et l’industrialisation, beaucoup d’emplois décents seront créés pour l’Africain moyen », a-t-il indiqué.

Shankar de la banque Standard Chartered, a abondé dans le même sens, ajoutant que les dirigeants africains doivent adopter des changements dans leurs systèmes éducatifs afin de rehausser les qualifications par rapport aux exigences du marché.

« À Singapour, plus de 50 % des jeunes qui terminent leurs études secondaires vont dans des écoles professionnelles plutôt qu’à l’université.  Et ceci a aidé ce pays asiatique à développer un vaste vivier de jeunes dotés de  qualifications requises sur le marché. L’Afrique doit s’en inspirer et remplacer l’enseignement théorique par une approche plus pratique  », a indiqué Shankar.

« Les dirigeants doivent donc adopter une approche séculaire, leur permettant de tirer des enseignements de modèles efficaces issus d’autres pays. La création d’emplois ne se fait pas du jour au lendemain. Mais avec une macroéconomie appropriée, une stabilité politique et des politiques d’enseignement de qualité, nous pouvons parvenir à un changement profond à travers le continent ».

Shankar a souligné la nécessité de créer des emplois et des opportunités d’emplois à travers les secteurs des ressources naturelles.

L’incidence du chômage chez les jeunes en Afrique subsaharienne est estimée dépasser 20 % ; ce qui représente un obstacle endémique au développement du continent.