Prêt de 55 millions d’euros maximum pour financer le projet énergétique de Sendou au Sénégal

25/11/2009
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Tunis, le 25 novembre, 2009 - Le conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt maximum de 55 millions euros pour financer le projet d'énergie Sendou au Sénégal. La BAD a pour mandat d'organiser une dette de premier rang d’un montant maximum de 117 millions d’euros.  La dette aura des échéances allant de quatorze ans dont une période de grâce de deux ans.

Le projet couvre la conception, l’élaboration, l’acquisition, la construction, l’exploitation et l’entretien d’une centrale électrique alimentée au charbon de 125 MW sur un  site de 29 hectares situé à 35 km de Dakar à Sendou (Bargny). Cette centrale produira chaque année 925 GWh d’électricité, soit environ 40 % de la consommation du Sénégal en 2008.La construction s’étalera sur 24 mois.

Au Sénégal, la demande d’électricité est actuellement supérieure à l’offre et continue de croître à un taux annuel de 7 à 8 %, représentant environ 50 MW de nouvelles capacités requises pour l’année prochaine.  La demande devrait aller croissant jusqu'en 2025 pour atteindre 8169 GWh par an. Le Sénégal est fortement dépendant du pétrole pour la production d'électricité. La majeure partie des recettes d’exportation du pays sont consacrées à l’achat de produits pétroliers importés, une situation qui semble devoir perdurer ou s’aggraver dans le contexte actuel des prix pétroliers. Plus de 60% des centrales de la Société nationale d'électricité du Sénégal (SENELEC) sont vieilles et ont dépassé leur durée d’exploitation normale. Le réseau électrique national est constitué d’un grand nombre de petites centrales peu fiables et ne dispose pas d’une grande centrale de base pouvant la stabilité du réseau. L’on observe ainsi des sautes de tension et des interruptions fréquentes de l’alimentation électrique.

Afin de stabiliser l’approvisionnement énergétique au Sénégal, le gouvernement a opté pour la diversification des sources d’énergie afin de rompre avec la dépendance vis-à-vis des produits pétroliers importés, par le développement de technologies basées sur le charbon et les énergies nouvelles et renouvelables, telles que le charbon, le gaz, l’hydroélectricité, l’électricité éolienne, la biomasse et l’énergie solaire. Il est à noter que le Sénégal n’est pas doté de ressources hydroélectriques propres, devant ainsi utiliser les installations régionales.

Avec une capacité supplémentaire nette de 125 MW, soit la plus grande centrale au Sénégal, Sendou stabilisera le réseau électrique sénégalais et sécurisera la charge de base. Cette stabilisation du réseau profitera à l'économie locale et contribuera à soutenir le développement du secteur privé, notamment les grandes industries consommatrices d'électricité de haute tension.  Ainsi, le projet d’énergie Sendou renforcera la compétitivité du Sénégal et permettra le développement des industries ayant des lignes de production nécessitant une  puissance continue.  Le projet réduira également les coûts de l'électricité produite au Sénégal de 20% en moyenne.  Ces réductions de coûts aideront à stabiliser la performance financière de la SENELEC et contribuera à une politique durable des tarifs de l'électricité au Sénégal.

La BAD a joué un rôle central  dans la conception et la préparation du projet. Elle a en profondément amélioré la viabilité commerciale, le rendant attractif pour les investisseurs. La BAD a ainsi mobilisé 85% du montant de la dette et 60% des fonds propres. En jouant pleinement son triple rôle de financier, de conseil et de partenaire – ce qui a été scellé par son mandat d’arrangeur principal –, la BAD a garanti la solidité du projet et le respect des meilleures pratiques.

Le projet augmentera la production annuelle d’énergie électrique, en assurant 40% de la production actuelle. Il réduira de manière significative le coût de l’énergie, renforçant ainsi la compétitivité du pays. Il améliorera la qualité de l’alimentation électrique, créera des emplois et améliorera le cadre de vie. Il stimulera davantage le développement de la zone industrielle de la région.

Cette opération est la deuxième du guichet du secteur privé de la BAD dans le secteur énergétique au Sénégal.  En juin 2005, la BAD avait approuvé un prêt de 8 millions d’euros pour la centrale thermique de Kounoune pour augmenter le niveau de l'approvisionnement d’électricité à un coût compétitif afin de satisfaire la demande croissante d'électricité au Sénégal à l'époque.


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