« Bâtir une nouvelle ère de prospérité »

par Akinwumi A. Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement

13/06/2016
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« Le monde n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Pourtant, les niveaux d’inégalité demeurent très élevés, et ne cessent de se creuser. Pour inverser la tendance, les gouvernements, les institutions multilatérales, le secteur privé, la société civile et toutes les parties prenantes doivent agir ensemble.

Ma vision consiste à aider à ouvrir une nouvelle ère de prospérité, une prospérité qui soit partagée par tous, en particulier par les Africains, en stimulant une croissance durable et inclusive. Une ère où tout homme, toute femme, tout jeune ait la possibilité de contribuer à la croissance économique et d’en profiter. Pour ce faire, nous devons promouvoir à la fois des réformes économiques qui permettent au secteur privé de s’épanouir, des politiques sociales qui garantissent que personne ne soit laissé pour compte, et une saine gouvernance, notamment une plus grande responsabilisation des décideurs.

Plus précisément, il nous faut avant tout accroître la production agricole et l’accès à une alimentation saine, tout en cherchant activement à créer plus de valeur ajoutée et plus de richesses grâce à l’industrialisation. Deuxièmement, nous devons bâtir des villes durables munies d’un approvisionnement en énergie fiable et bon marché, pour éclairer les foyers et alimenter les industries. Troisièmement, nous devons investir massivement dans des infrastructures régionales de haute qualité en travaillant avec les pays à éliminer les obstacles « mous » à une intégration régionale effective en matière de commerce et de facilitation des échanges.

Pour qu’advienne cette nouvelle ère de prospérité, il faudra que toutes les parties prenantes tirent parti de leurs ressources et de leurs institutions financières, notamment en ajustant leurs budgets, afin d’investir davantage dans la santé pour un plus grand bien-être des populations, et dans l’éducation pour offrir une vie satisfaisante et enrichissante. Par ailleurs, les générations futures doivent se préparer à l’évolution des conditions climatiques et à d’urgentes pressions environnementales, ce qui exige une gestion responsable et efficace des ressources naturelles.

Le nouveau paradigme, c’est que tous ces enjeux doivent être traités en même temps, ce qui rend la tâche titanesque. Nous devons donc concentrer nos efforts sur les domaines à fort impact, établir des partenariats stratégiques et synergiques, et mobiliser des ressources en grande quantité, pour obtenir des retombées à grande échelle.

Il est temps de travailler ensemble pour laisser aux générations africaines futures un continent pacifique, sûr et uni, plein d’espoir et de liberté pour tous, qui offre à tous de plus grandes opportunités. Une Afrique prospère et ouverte, à laquelle ils seront fiers d’appartenir.

Telle est l’ambition qui m’anime dans mon mandat à la tête de la Banque africaine de développement. »

Ce message s’inscrit dans le cadre de la Conférence de Montréal 2016, que le président de la BAD a été invité à coprésider, du 13 au 16 juin 2016, au Canada.