Énergies renouvelables : la Sierra Leone sur le point de transformer le secteur grâce à la participation accrue des secteurs public et privé

21/03/2016
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La Sierra Leone vient de recevoir un don des Fonds d’investissement climatiques (FIC), d’un montant de 300 000 dollars EU, pour préparer un important Plan national d’investissement  destiné à transformer son secteur des énergies renouvelables.

Ce Plan sera élaboré dans le cadre du Programme des FIC de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (dit SREP par acronyme en anglais), dans une démarche collaborative qui rassemblera divers ministères et intervenants à travers tout le pays – secteur privé, banques commerciales et de développement, et organisations non gouvernementales (ONG) Notamment.

Ce don pour la préparation du Plan national d’investissement dans le secteur des énergies renouvelables s’appuiera sur la décision entérinée en 2014 dans le cadre du SREP, de mener en Sierra Leone un SREP pilote à l’échelle nationale. D’un montant de 40 millions de dollars EU, ce SREP pilote est axé sur les politiques et pleinement aligné sur les objectifs de développement vert du pays. Le programme est appuyé par la Banque africaine de développement (BAD), qui en est l’organe d’exécution principal, et par le Groupe de la Banque mondiale.

Grâce à ce nouveau Plan national d’investissement, la Sierra Leone mettra en place une série de projets pour aider à lever les freins au développement des énergies renouvelables et à la transformation du marché. Les technologies d’exploitation des énergies renouvelables dans les zones sur réseau et hors réseau – comme le photovoltaïque solaire, les systèmes de production hybrides, une cartographie des mini-centrales hydroélectriques et des ressources éoliennes – et la diffusion de systèmes d’énergies durables, en mettant un accent particulier sur l’amélioration de l’accès à l’énergie, en impliquant les secteurs privé et public, sont autant de domaines dans lesquels le SREP pourra intervenir.

Ce Plan d’investissement, qui adopte une approche novatrice, devrait encourager les investissements locaux en faveur des technologies d’exploitation de l’énergie renouvelable, en incitant les banques commerciales locales à faciliter le financement des énergies renouvelables à des conditions plus compétitives pour les PME locales comme les ménages.

« La Sierra Leone est dotée d’un énorme potentiel en énergies renouvelables, notamment en énergies solaire, éolienne, hydroélectrique et en biomasse provenant des forêts, et en cultures comme le riz, la paille et le sucre de canne », a indiqué Joao Duarte Cunha, coordinateur du SREP à la BAD. « Cependant, jusqu’ici, le pays n’a exploité qu’une infime partie de son potentiel. Le SREP lui offre l’occasion unique de puiser dans ces ressources pour transformer son profil énergétique, rehaussant ainsi le niveau d’accès de ses citoyens à l’électricité de manière durable et respectueuse du climat. »

Le financement du SREP entend précisément :

  • remédier aux coûts additionnels et aux risques liés aux technologies des ’énergies renouvelables, qui ont un effet négatif sur la viabilité des investissements dans le domaine des énergies renouvelables ;
  • éliminer les barrières financières et institutionnelles et mobiliser des financements publics et privés supplémentaires ;
  • « attirer » le secteur privé ;
  • financer les investissements et le renforcement des capacités,  tant pour le secteur privé que public ;
  • accroître la capacité installée en énergies renouvelables du pays en matière d’alimentation en énergie, conformément aux stratégies nationales et aux plans politiques correspondants ;
  • encourager des technologies renouvelables qui ont fait leurs preuves.

Grâce à ce don pour la préparation du Plan d’investissement, le travail de développement de celui-ci va rapidement démarrer. Le gouvernement a informé l’instance dirigeante du SREP qu’il compte soumettre le Plan d’investissement final pour approbation d’ici à novembre 2016.

À propos des Fonds d’investissement climatiques (FIC)

Créés en 2008, comme l’un des plus importants instruments de financement à décaissement rapide au monde pour lutter contre le changement climatique, les FIC, dotés d’une enveloppe de 8,3 milliards de dollars EU, accordent aux pays en développement des dons et des prêts concessionnels, et leur fournissent des dispositifs d’atténuation du risque ainsi que des capitaux, qui leur permettent de lever des fonds substantiels auprès des opérateurs privés, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD – la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM) – mettent en œuvre des projets et des programmes financés par les FIC.