Enseignement technique et professionnel au Kenya : 62 millions $ de la BAD pour ajuster les compétences au marché de l’emploi

03/07/2015
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Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 1er juillet 2015  un prêt de 62 millions de dollars EU en faveur du Kenya. Ce montant sera alloué au financement de la deuxième phase du projet sur l'enseignement technique et la formation professionnelle, qui vise à fournir les compétences requises sur le marché de l’emploi au Kenya.

« Le Kenya connaît une pénurie de compétences, principalement pour les techniciens et artisans. Ce projet jouera un rôle important dans les secteurs émergents tels que le pétrole, le gaz et l’industrie minière, qui ont l'intention d'employer entre 42 000 et 98 000 personnes au cours des dix prochaines années », a déclaré Sunita Pitamber, directrice du Département du développement humain à la BAD.

Au Kenya, 80 % de la population a moins de 35 ans et subit le fardeau du chômage. En 2009, le chômage des moins de 35 ans atteignait 35 %, à comparer avec le taux de 10 % enregistré chez les plus de 35 ans.

L'inadéquation des compétences avec les besoins du marché du travail et une formation inadéquate constituent les principaux défis auxquels le pays doit faire face. D’où l’importance de ce projet de réforme de l'enseignement technique et la formation professionnelle : réformer le secteur permettrait de développer des compétences que requiert le marché du travail et d’améliorer l'employabilité de la population active du Kenya – femmes et jeunes en particulier.

Le projet entend accroître l'accès et l'équité dans le secteur et améliorer la qualité et la pertinence de l’offre de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, dans la droite ligne de la loi que le Kenya a adoptée pour le secteur en 2013.

Le projet aidera à renforcer les compétences en ingénierie et en sciences appliquées dans 33 établissements ciblés dans le projet de réforme, au moyen d’infrastructures techniques et du développement du corps professoral. Ceux-ci incluent 4 établissements destinés aux étudiants présentant une déficience auditive et visuelle. Au moins 600 tuteurs de l’enseignement technique et professionnel seront formés au niveau des certificats et des diplômes en ingénierie et en sciences appliquées.

Le projet appuiera également la formation de 3 000 jeunes (dont 50 % de filles), afin de les doter des compétences nécessaires à leur employabilité. En outre, le projet contribuera à bâtir des auberges de jeunesse dans certains des établissements ciblés dans le projet de réforme, dans des régions rurales et enclavées, où l’absence de telles structures d’hébergement freine l'accès des filles à ces établissements.

Lors de la conception du projet, l’accent a été mis sur les aspects d’efficience et de responsabilisation dans le secteur de l'éducation. Le Kenya alloue près de 6 % de son PIB secteur de l'éducation, avec 1,2 million de dollars EU versé tous les ans à chacun des établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle. Ainsi, le projet appuiera le Bureau du comptable général, l’auditeur général et l'Autorité de surveillance des marchés publics pour renforcer les capacités de ces établissements dans la gestion des finances publiques.

À ce jour, la BAD affiche un portefeuille de 221 millions de dollars EU, dévolu au soutien de l'enseignement supérieur, des sciences et des technologies, à l’enseignement technique et à la formation professionnelle, à l'entrepreneuriat et au développement des compétences au Kenya.