Une quarantaine de ministres africains des Finances et de la Santé réunis à Tunis pour soutenir une participation accrue des citoyens et une responsabilité renforcée dans le secteur de la santé

10/07/2012
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Les temps changent. De plus en plus, les professionnels de la santé sont appelés à rendre compte de la manière dont ils utilisent les ressources et rendent service à la population et, plus généralement, de leurs résultats. Dans le sillage du printemps arabe et de la progression de la démocratie à travers le continent africain, cette tendance s'amplifie sous l'impulsion des revendications des citoyens.

En réaction, la Banque africaine de développement collabore de plus en plus avec les gouvernements africains en vue de renforcer la participation des citoyens et la responsabilité.

Actuellement, elle prépare une deuxième opération d'appui budgétaire à la Tunisie, laquelle, entre autres, soutient la mise en place de mécanismes favorisant la participation des citoyens et un meilleur accès à l'information.

Il existe divers outils permettant aux populations d'avoir leur mot à dire dans la conception, la gestion et le contrôle des services qu'ils reçoivent et l'expérience de l'Afrique en la matière est prometteuse. L'un de ces outils est la fiche d'évaluation par le citoyen qui est de plus en plus utilisée dans le continent et montre des résultats encourageants. En Ouganda, l'utilisation des fiches d'évaluation par le citoyen est associée à une réduction du temps d'attente dans les établissements de santé et à une chute de l'absentéisme du personnel de plus de 25 %. De même, l'administration des soins s'est améliorée dans les domaines où les fiches d'évaluation sont désormais employées (par exemple, le personnel de santé utilise les appareils de mesure de la tension artérielle de façon plus systématique). En outre, les populations sont mieux informées sur les services. Par conséquent, elles sont plus enclines à avoir recours à ces services, comme en atteste l'augmentation de 20 % du nombre de bénéficiaires de services de soins ambulatoires, de soins prénataux et de services de planification familiale.

La Banque africaine de développement s'attelle à faire adhérer ses partenaires au programme de renforcement de la responsabilité. Les 4 et 5 juillet 2012, en partenariat avec les membres de l'initiative Harmonisation pour la santé en Afrique (HHA), la Banque a organisé un dialogue de haut niveau entre les ministres des Finances et de la Santé sur le thème « Optimisation des ressources, durabilité et redevabilité ». La conférence réunissait les ministres des Finances et de la santé et/ou leurs représentants de 54 pays africains, des parlementaires et plus de 400 délégués du secteur public, du secteur privé, du monde universitaire, de la société civile et des médias. Son excellence Hamadi Jebali, le premier ministre de la Tunisie, Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement et Margaret Chan, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, ont prononcé les mots d'ouverture.

Les invités d'honneur, notamment Michel Sidibé, le directeur exécutif d’ONUSIDA, Babatunde Osotimehim, le directeur exécutif du FNUAP, Gabriel Jaramillo, le directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et Seth Berkeley, le PDG de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), ont prononcé des discours importants en relation avec le thème de la conférence.

Des conférenciers de marque, comme Julio Frenk, le doyen de l'École de santé publique de l'université Harvard et Hans Rosling, le directeur de la fondation Gapminder, se sont également adressés à l'assemblée.

Cette conférence a souligné l'urgence de renforcer la reddition des comptes dans les pays, de réduire la dépendance à l'égard de l'aide internationale et d'optimiser les ressources dans la prestation des services de santé en Afrique. Elle a réuni des experts des quatre coins de l'Afrique et du monde (notamment de l'Inde, de la Chine, du Brésil, du Vietnam et du Kirghizstan) qui ont pris la parole.

Ce dialogue de haut niveau a donné naissance à la Déclaration de Tunis qui affirme, entre autres, le droit de chaque citoyen africain à exprimer son point de vue pour la prestation équitable des services de santé.