Sortir les infrastructures sanitaires de l’ornière grâce au partenariat public-privé

25/05/2016
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Le financement des soins de santé pour la couverture universelle de l’assurance maladie pour toutes les couches de la population en Afrique dans le cadre d’une approche de partenariat public-privé (PPP), a été exposé par le Dr. Dorothy Jeff- Nnamani, fondatrice de Novo Health Africa. C’était  lors de la 2e journée des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le 24  mai à Lusaka, en Zambie.

Des débats ont ensuite été engagés par les représentants du secteur privé, présents à ce panel. Il s’agit  notamment de créer un environnement propice pour une meilleure collaboration entre les gouvernements, représentants du secteur public et des entreprises privées, en vue du financement des infrastructures sanitaires, de leur équipement et leur gestion.

Le constat est que les infrastructures sanitaires de nombreux pays africains sont aujourd’hui obsolètes et ne répondent plus aux exigences de l’heure et surtout aux aléas du changement climatique. A preuve, l’épidémie d’Ebola a eu un impact négatif sur les prestations de service et les soins aux populations des pays touchés par la pandémie.

Un panel qui tombe à point nommé dans la mesure où l’un des thèmes des Assises de la BAD porte effectivement sur le changement climatique et son impact sur la santé. Il est question dans ce panel, de proposer des solutions dans le cadre du partenariat public-privé afin de construire des infrastructures idoines pour atténuer les effets négatifs du changement climatique sur la santé des populations africaines. L’objectif visé est de convenir de la signature des contrats à long terme entre les gouvernements africains et les entreprises du secteur privé soit pour la fourniture des services publics ou le développement des infrastructures publiques de santé  afin de partager les risques et les responsabilités dans leur gestion. Dans ce contexte, le partenaire privé ne finance pas les infrastructures sanitaires de base mais le fait fonctionner efficacement. Il s’agit de mettre à contribution des fonds à long terme, des entreprises privées pour la mise en place des infrastructures et des équipements sanitaires.

L’autre option envisagée dans le cadre de ce partenariat, est que les gouvernements africains  mettent à la disposition du secteur privé, leurs infrastructures et équipements sanitaires pour améliorer leur performance et leur gouvernance. Dans la seconde option, les gouvernements africains peuvent louer leur bien public aux partenaires privés afin d’améliorer la qualité des prestations à long terme et de partager les risques au plan commercial grâce à l’expertise de la gouvernance du secteur privé.

Quant  au troisième paramètre de ce PPP, ce sont les entreprises du secteur privé qui investiraient dans les infrastructures de base et leur équipement mais les transfèrent aux gouvernements africains tout en conservant la gestion privée des services. Les raisons évoquées pour ce partenariat Public-Privé découlent du fait que lors de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union Africaine en 2001 à Abuja au Nigéria, il a été décidé de mettre à la disposition du secteur des soins de santé, 15% de leur budget national. 15 ans après cet engagement, aucun pays africain n’a atteint les objectifs qu’ils se sont fixés. Or la santé dira le Dr. Jeff-Nnamani, doit être considérée comme un bien public, un droit humain fondamental pour une couverture universelle des soins de santé pour tous, équitables et sans discrimination. L’implication du secteur privé serait un gage de sa réussite.